Prévisions pour le 24 Septembre 2018

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30
 Laghouat Min 17 °C Max 30 °C
32
 Batna Min 13 °C Max 26 °C
32
 Biskra Min 21 °C Max 34 °C
32
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
23
 Tlemcen Min 20 °C Max 28 °C
32
 Alger Min 20 °C Max 27 °C
32
 Saïda Min 19 °C Max 31 °C
32
 Annaba Min 21 °C Max 28 °C
34
 Mascara Min 18 °C Max 31 °C
32
 Ouargla Min 21 °C Max 33 °C
34
 Oran Min 22 °C Max 27 °C
32
 Illizi Min 22 °C Max 35 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 33 °C
47
 Khenchela Min 13 °C Max 25 °C
32
 Mila Min 15 °C Max 27 °C
34
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
34
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«La patrie est là où l'on nous aime.» Mikhaïl Lermontov

Si la fin de l'année est le moment propice pour la réflexion, pour faire le bilan de l'année écoulée et de tirer toutes les conclusions sur les comportements passés, le début de l'année est l'occasion idéale pour planifier le futur immédiat. Il s'agira non seulement de concrétiser les divers projets déjà élaborés précédemment mais aussi d'analyser les nombreuses péripéties qui ont émaillé le laps de temps plus ou moins long qui lui a été donné de vivre.
Deux catégories d'individus sont à distinguer: les optimistes qui sont en général très entreprenants et pleins d'entrain, toujours à échafauder inlassablement des plans et à avoir le regard tourné vers le futur. Les pessimistes, eux, sont les spécialistes des occasions ratées. Ils ont la tête tournée vers un passé qu'ils regrettent un peu et contre lequel ils pestent tout le temps. Ils rendent les autres, responsables de leurs échecs et surtout ils vitupèrent contre le sort qui ne les a, selon eux, pas du tout favorisés. Ils en viennent jusqu'à regretter d'être nés sous le ciel qui les a vu naître et à trouver toujours de nouveaux défauts au pays où ils ont grandi et d'innombrables imperfections à la société dont ils sont issus ou au système qui gère leur destinée.
Cependant, pour les deux catégories d'individus, de nouvelles données assombrissent l'horizon. On a beau leur dire que tous les pays se valent et que tous les natifs du monde entier trouvent toujours du charme au coin qui les a vus naître. Il est courant de les entendre chanter, quand, exilés, ils ressentent du vague à l'âme, les louanges de l'horizon restreint où ils ont grandi. La couleur du ciel, même grise, revêt alors pour eux des couleurs insoupçonnées, enjolivée par une nostalgie lancinante. La masure à la porte au cintre surbaissé devient alors un foyer confortable grâce aux accents chaleureux d'une mère attentionnée et d'un père généreux même si quelquefois il a des écarts de sévérité.
Cependant, les pessimistes, ceux que la destinée a frustrés, ne veulent rien entendre. Ils ne trouvent aucun charme à l'horizon où ils se sentent enfermés. Ils se laissent aller quand même quelquefois à reconnaître des qualités esthétiques aux paysages qui leur sont familiers, les montagnes, les forêts, les côtes sauvages, les monuments, l'air frais du matin et les couchers de soleil. Mais ce qu'ils ont eu le malheur de goûter au petit matin, ils se mettent à le haïr à la fin du jour. Ils regrettent toujours de ne pas être nés quelque part sous un ciel plus clément.
Ils rêvent toujours des cités aux larges avenues bordées de palmiers, de la Floride ou la Californie, ou de forêts profondes du Canada où le caribou est un voisin plus agréable que ceux qu'ils évitent de croiser dans les escaliers de l'immonde immeuble où ils vivotent. Leur grand rêve est de vivre ailleurs; ailleurs qu'ici. De changer de rythme, de régime et même d'accent. Ils accepteraient même d'aller vivre en France.
Mais, voilà, le pays de Rousseau et de Voltaire a changé: depuis les derniers attentats qui ont fait plus de bruit que le sacrifice de trois mille citoyens de Manhattan, il ne tient plus à accueillir ceux qui fuient les pays de la soif, multipliant les prétextes et les obstacles pour ceux qui y vivent déjà... Les futurs harraga ont de quoi être déboussolés car la carte des pays des droits de l'homme se rétrécit de plus en plus.

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