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Au feu les pompiers!

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«Ce ne sont ni les brigands ni les incendies qui détruisent le monde, mais la haine, l'hostilité, les petites intrigues...» Anton Tchekhov

C'est le titre d'un des premiers films de Milos Forman pour décrire l'état de décomposition du système socialiste en Tchécoslovaquie: dans une petite ville, le bal annuel du corps des pompiers volontaires se prépare. Ce sera l'occasion de remettre la Hache d'or à l'ancien chef des pompiers, âgé de 86 ans. Le comité a prévu un bal, mais également une tombola et l'élection de Miss pompiers. Les prix de la tombola se sont envolés peu à peu, en commençant par ceux consistant en nourriture, les candidates à l'élection de Miss pompiers refusent de concourir, une maison est détruite par le feu, les pompiers étant arrivés trop tard sur les lieux et même la Hache d'or a été volée.
C'est aussi la formule utilisée pour désigner l'urgence à mettre en place des dispositifs pour parer à une situation désastreuse. Et dans la société démocratique de type Sud, on attend souvent que le feu atteigne le grenier pour penser à créer une commission «ad hoc» censée être une panacée. Mais créer une commission est une opération onéreuse: on donne un bureau, un téléphone, des voitures, des secrétaires, des primes et on attend patiemment quitte à ne pas entendre parler de ladite commission jusqu'au prochain régime ou à la prochaine législature, quand de nouveaux protagonistes trouveront opportun de secouer le cocotier afin de s'y placer ou de placer leurs copains. Une seule commission avait achevé ses travaux dans les délais impartis, mais comme ses conclusions s'étaient trouvé aux antipodes des desiderata des décideurs, une autre commission avait été nommée pour conclure autrement. Tout cela pour dire que les commissions nommées «d'en haut» sont aussi crédibles que les histoires de Tartarin de Tarascon. Depuis que la démocratie s'est installée, les observatoires ont été mis en place.
Le premier fut celui des droits de l'homme qui, chaque année, fait le bilan du respect de ceux-ci dans le polygone étoilé. Evidemment, cela n'a pas amené une amélioration du droit à l'expression, à l'information ou à l'exercice syndical, mais il fonctionne comme la météo, une fois la tempête passée. Mieux, il fait une sorte de comptabilité à sa manière des dépassements enregistrés ici et là. Mais le nombre de commissions créées jusqu'ici étant astronomique, on opte souvent pour plus de crédibilité et par réalisme au vocable de «groupe de travail». C'est un ensemble de hauts fonctionnaires spécialisés dans un domaine particulier qui proposeront des solutions pour résoudre le problème qui existe; depuis fort longtemps. Et c'est alors qu'on se pose la question: pourquoi n'y avoir pas pensé plus tôt.
Le problème de l'évasion de devises et la fuite de capitaux a pris une nouvelle proportion; depuis la chute du prix du baril, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Commenceront-elles par les marchés frauduleux ou par les bureaux de change illégaux qui pratiquent à ciel ouvert comme celui situé entre le square Port-Saïd et le Palais de justice où des jeunes hommes endimanchés proposent dans la rue leurs devises en éventail? Pour qui travaillent-ils? Une fois ce problème réglé, d'autres commissions seraient les bienvenues pour se pencher sur le problème du logement, de l'Aadl, des promoteurs bidons, les droits de la femme, l'enrichissement soudain et inexplicable rationellement...
Un autre pour ausculter l'état du secteur de la santé, sonder l'hygiène dans les hôpitaux, analyser les courbes des graphiques de la mortalité, scanner les erreurs médicales, inventorier les maladies nosocomiales, proposer une nouvelle liste de médicaments remboursables et de nouveaux taux, instituer une nouvelle discipline dans l'ordre, revoir le serment d'Hippocrate...
L'observatoire, pour un service public, serait le bienvenu s'il était institué pour améliorer les prestations des établissements sus-cités: la santé, la justice, l'enseignement, le service des eaux, le fonctionnement des banques, des assemblées élues, l'avancée du désert, le recul de la démocratie, la caporalisation des syndicats, la généralisation de la langue de bois, l'avenir de la nation arabe, les faux moudjahidine...
Et pour couronner le tout, finir par un observatoire qui observera les autres observatoires. Peut-être qu'à la fin on pensera prendre la température du Sud profond et penser au gaz de schiste avant de se pencher sur le problème du bourrage des urnes. En fin de compte, on aura au moins une vue sur le secteur où il fera beau, car ainsi on saura sûrement si la Révolution continue...

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