Prévisions pour le 20 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 38 °C
32
 Laghouat Min 17 °C Max 30 °C
34
 Batna Min 14 °C Max 22 °C
47
 Biskra Min 20 °C Max 32 °C
30
 Tamanrasset Min 22 °C Max 30 °C
30
 Tlemcen Min 17 °C Max 25 °C
30
 Alger Min 20 °C Max 27 °C
4
 Saïda Min 16 °C Max 24 °C
30
 Annaba Min 21 °C Max 26 °C
4
 Mascara Min 16 °C Max 26 °C
30
 Ouargla Min 26 °C Max 35 °C
30
 Oran Min 21 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 23 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 24 °C Max 36 °C
34
 Khenchela Min 14 °C Max 21 °C
11
 Mila Min 18 °C Max 23 °C
4
 Ghardaïa Min 21 °C Max 31 °C
30
Accueil |Chroniques | On remet ça |

Plume d'oiseau, mauvais augure!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

«Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison Ce sont de drôles de types qui traversent la brume Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons» Leo Ferré

Ce n'est en général qu'au lendemain de son départ vers un monde meilleur, qu'un homme de lettres, écrivain ou journaliste, reçoit la reconnaissance unanime de ses pairs dont les plumes se lèvent à l'unisson pour crier avec des gouttes de crocodile: «Ce fut une belle plume!». Trop tard! Dans les pays policés, c'est-à-dire où l'on a une certaine considération pour les écrivains, il y a plusieurs façons de rendre hommage aux femmes et aux hommes de lettres qui ont rendu, par leurs écrits, d'éminents services à leur nation en valorisant leur langue, leur culture et en prenant position dans la lutte pour les justes causes,améliorant ainsi l'image extérieure de leur pays. Prenons un exemple, en France, sous l'Ancien Régime, sous la monarchie absolue, cette reconnaissance aux gens de lettres était récompensée non seulement par une confortable rente qui mettait le bénéficiaire à l'abri du besoin (évidemment tant que son protecteur était vivant et que les coups de brosse du poète courtisan étaient donnés dans le sens du poil), mais encore, il était toujours le bienvenu à la cour où il pouvait distribuer aux nobles désoeuvrés les lumières de son intelligence. Mais gare aux dérapages, la disgrâce, la pauvreté et la gêne attendent ceux qui sont tentés par le langage de la vérité et de la dignité... Dans la période moderne, les gens de lettres sont distingués par des attributions de médailles décernées par les ministres concernés ou, honneur suprême, des mains du chef de l'Etat lui-même. Ainsi, le détenteur de la Légion d'honneur ou le chevalier des Arts et des Lettres peut ainsi bénéficier de moult avantages, être récompensé par des espèces sonnantes et trébuchantes comme par exemple, faire partie d'une commission bidon qui aura à plancher sur un épineux dossier que l'Assemblée nationale n'aura peut-être pas à ouvrir... Mais ceux qui ont fait la promotion de la langue française et qui l'ont défendue bec, ongles et plumes, sont portés à la plus haute distinction: l'Académie française! Ainsi, ce refuge des gens du troisième âge servira de cadre aux gens de lettres pour continuer avec plus d'éloquence, de brio et d'efficacité, leurs activités antérieures. Certains pourront, comme Clémenceau, continuer leur sieste digestive pendant que leurs collègues s'étriperont, à fleurets mouchetés bien sûr, sur le sens à donner à ce nouveau vocable qui vient d'une lointaine et étrange planète qui s'appelle la banlieue. D'autres suivront avec intérêt le va-et-vient des mots entre la douce France et la perfide Albion, d'autres plus circonspects exigeront une carte de résidence ou un visa d'entrée à ces mots qui apportent avec eux le soleil, la soif et la rage de vivre... Les plus avisés des académiciens continueront à faire la promotion de leurs ouvrages antérieurs avec de nouvelles pochettes portant le label prestigieux de la vieille maison qui donne le millésime au plus imbuvable des crus. Ainsi, grâce à son uniforme vert, son sabre et ses palmes, l'immortel n'aura plus à faire la cour aux lecteurs (trices) des grandes maisons d'édition. C'est lui désormais, qui va distribuer les points (bons ou mauvais) aux jeunots qui viendront le couvrir de louanges, et la roue tourne. Il ne paiera plus de dîners aux journalistes ou aux critiques littéraires pour préparer les sorties de ses ouvrages, c'est désormais lui l'invité. En outre, sa compagnie sera prisée: il bénéficiera de chaires à l'étranger et connaîtra les voyages qui n'ont pas formé sa jeunesse: de quoi oublier son douar d'origine et sa verte campagne. Tant pis pour les envieux, les jaloux qui épancheront leur fiel par tous les canaux: la bave des crapauds n'atteint pas les nuages où il trône. Mais, dans les pays où l'académie n'existe pas, il restera toujours aux autorités bienveillantes de se rappeler, la veille d'un anniversaire historique ou à l'occasion de Youm El Ilm, l'existence d'un vieillard chancelant, pour l'inviter à une soirée commémorative où il recevra, en plus d'une fraternelle accolade, des fleurs et un diplôme de reconnaissance d'une patrie pleine de gratitude.
S'il a de la chance, une morne et anonyme école d'un endroit oublié de tous, portera son nom. S'il n'a pas de chance, il fera partie d'une commission de lecture qui aura à lire de laborieux scénarii qui resteront dans les tiroirs, ou bien il aura droit à son portrait-robot exécuté à la va-vite par une télévision pressée de célébrer son quarantième jour! Cela lui fait une belle plume!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha