Prévisions pour le 21 Septembre 2018

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30
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C'est toujours ça!

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«I can get now satisfaction!» Rolling Stones

Au crépuscule de sa vie, chaque être humain se plaît à dérouler à l'envers le film de son existence pour évaluer, réexaminer, reconsidérer, les situations qu'il a déjà vécues et en tirer des leçons. C'est un mot, une phrase, un bruit, un vif accès de nostalgie ou une situation qui semble être un déjà-vu, qui provoquent ces flash-back dont le seul spectateur est le sujet qui les évoque. Evidemment, chaque fois qu'il opère ce douloureux mouvement d'introspection, il ne visionne pas toujours le même film: l'humeur du moment, l'environnement, le temps qu'il fait, la situation socio-économique sont autant d'éclairages et de focales qui donnent au film chaque fois, un aspect différent. Cependant, il y a des moments qui sont d'une telle intensité qu'ils réapparaissent toujours avec les mêmes effets. C'est souvent, le premier émoi sentimental, un examen important, un succès ou une déroute complète, un adieu à un être aimé, un voyage inoubliable, le jour de l'Indépendance, un attentat vécu en direct, qui sont ces moments indélébiles accrochés à la mémoire. Pour moi, c'est le choc éprouvé lors du premier Festival panafricain qui revient souvent sur l'écran de mes nuits blanches, ravivant en moi les magnifiques impressions d'un voyage à travers le continent africain dans ma petite et lugubre salle de montage.
Evidemment ce ne sont pas toujours les mêmes figurants qui m'accompagnent dans ce voyage dans le temps: Myriam Makeba, les danseurs à grelots du Congo, l'orchestre andalou libyen, les danseuses du Libéria qui choquaient avec leurs poitrines nues ou les qarqabou de In Salah, prenaient tour à tour la tête d'affiche. Et dans ces moments qui n'ont jamais été vécus en solo, il y avait toujours un commentaire, une exclamation d'un ou d'une collègue disparue qui m'arrachait un sourire ou une moue... Aujourd'hui, comme par hasard, c'est la silhouette de Nina Simone qui s'est imposée à moi.
Devant son piano, la diva, légèrement éméchée, versait ses pathétiques et larmoyants «Ne me quitte pas» avant d' entonner un blues bien rythmé dont les paroles ne me furent expliquées que bien plus tard par mon inoubliable collègue, Malika Touili, première animatrice de l'émission Téléciné-Club, disparue depuis presque une dizaine d'années. Et son visage souriant et ironique accompagne toujours les notes endiablées de Nina Simone: I got no home.... Dans cette chanson, la chanteuse afro-américaine exprimait toutes les frustrations de l'écrasante majorité de la population noire du très démocratique pays fondé par Washington et ses comparses. Elle disait en substance: «Je n'ai pas de chez moi, pas de chaussures, pas de robe, pas de tricot, pas de parfum, pas de lit, pas d'homme, pas de mère, pas d'amour, pas de ticket, pas de culture, pas de cadeau, pas de dieu...». On peut sourire parfois au dénuement matériel de celui qui peut énumérer ainsi les besoins les plus élémentaires d'un être humain qui ne vit pas au pays de la rente pétrolière. Mais ce dernier, béni par les dieux, peut remplacer ces mots par d'autres tout aussi courants: «Je n'ai pas de logement, pas d'emploi, pas de voiture, pas de droit à élire librement mon député, pas le droit de manifester ma hargne, ma rogne et ma grogne...» Il peut même surenchérir sur Nina Simone qui a énuméré en deuxième partie de sa chanson tous les attributs physiques dont la généreuse nature l'a dotée en ajoutant avec une nuance cependant: j'ai le pétrole, et j'ai une équipe de football qui gagne. En attendant le gaz de schiste!

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