Mensonges d'état

«Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.» Proverbe africain

Il y a déjà sept années, que le président Obama a pris officiellement ses fonctions à la Maison-Blanche, et le discours sur l'état de l'Union est en quelque sorte, le bilan de ce mandat écoulé. Il faut se rappeler que, de par le monde, beaucoup de gens attentifs à ce qui se passe chez le premier gendarme de la planète, attendaient avec beaucoup d'espoir à ce que des solutions justes soient trouvées pour les nombreux problèmes qui se posent à l'humanité. Certes, comme le faisaient remarquer d'une manière narquoise certains observateurs politiques, il est difficile d'être pire que George W.Bush, dont l'histoire retiendra surtout qu'il en sortit d'une manière honteuse par la petite porte, laissant le pays dans une situation économique désastreuse et une image de l'Amérique dévaluée. Ce que beaucoup de gens oublient, c'est que les présidents américains sont façonnés par la société qui les enfante et par les partis qui les portent au pouvoir. Et s'il faut voir un progrès dans le fait que l'Amérique blanche et protestante et anglo-saxonne, dans sa majorité, ait porté un homme de couleur d'origine africaine à la magistrature suprême, il ne faut pas oublier que c'est toujours le «Capital» qui gouverne cette partie du monde. Certes, en un mandat et demi, l'avocat de Chicago a pu redresser une partie de l'économie américaine, renflouer des banques au bord de la faillite, réformer une assurance sociale qui date du XIXe siècle, régulariser bon nombre d'immigrés clandestins, réformer la sécurité sociale et faire des promesses sur un comportement plus écologique que celui de son prédécesseur. Cependant, il ne faut pas se leurrer: c'est toujours la recherche du profit qui mène le gouvernement. Il faut se rappeler que Franklin D. Roosevelt, le président qui a remis le pays debout après la Grande Dépression, n'a pas hésité à faire tirer la troupe sur des chômeurs affamés et que les généraux Dwight Eisenhower et Douglas Mc Arthur, futurs héros de la Seconde Guerre mondiale, ont fait couler le sang des vétérans de la Grande Guerre qui s'étaient réunis pour demander un réajustement de leurs pensions. Tout cela sous l'oeil consentant de Roosevelt. Evidemment, il faut se féliciter que le langage du président Obama, contrairement à celui de ses prédécesseurs, n'est pas celui d'un va-t-en guerre et qu'il déclare privilégier la politique du dialogue à celle de la canonnière. Certes, il semble loin le temps où l'Amérique, pour combattre ou contenir la «menace» communiste, exportait la guerre dans des pays déjà exsangues par l'occupation étrangère et le colonialisme, engendrant des maux nouveaux inconnus jusque-là. Cependant, le communisme mort, voilà qu'un nouvel ennemi providentiel défie l'Amérique: un terrorisme qui porte les accoutrements de l'islam. Un terrorisme qui n'a pas de patrie, pas de base et qui se manifeste là où on ne l'attend pas, d'une manière surprenante.
Evidemment, ce terrorisme-là ne menace pas l'existence des pays occidentaux: il rend tout au plus la vie plus difficile aux populations musulmanes malmenées, et il donne aux pays de l'Otan une raison de se mobiliser contre un ennemi providentiel. Cependant, il faut s'interroger sur la multiplication des foyers d'incendie allumés par l'interventionnisme américain: après l'Afghanistan, l'Irak, le Pakistan, la Somalie, la Syrie et la Libye, voilà le Yémen qui se manifeste et défie l'Amérique. Le film, Mensonges d'Etat, montre que la plupart des réseaux terroristes dits islamistes ont pour géniteurs le gendarme du monde et ses associés du Golfe ou de l'Otan et qu'ils ont pour mission de donner un prétexte aux armées occidentales d'intervenir à côté des puits de pétrole ou de faire remonter dans les sondages des sous-traitants dévalués. Un bon point cependant à mettre au compte de M.Obama: la reprise d'un dialogue avec Cuba et la perspective de la fin d'un embargo honteux. Il restera cependant comme une arête dans la gorge, le problème palestinien que plusieurs locataires de la Maison-Blanche, dont M.Obama, avaient promis de solutionner en premier lieu et qu'une année après, c'est toujours la même impasse. La situation s'est même détériorée avec la construction de nouveaux murs. Le problème palestinien étant l'alibi sur lequel se fondent toutes les actions terroristes et, le résoudre, couperait l'herbe sous les pieds à tous les empêcheurs de négocier en rond.