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C'est dommage

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«La Révolution est une purge; une extase que seule prolonge la tyrannie. Les opiums sont pour avant et après.» Paradis perdu (1949) Ernest Hemingway

Le regard de mon ami s'est fait tout triste. Avec son air désolé qu'il avait les jours de désenchantement, il me lança: «C'est dommage! Tu sais, je ne te demande pas d'écrire une épopée. Je veux simplement que les noms de certains hommes dont le courage n'avait d'égal que leur désintéressement soient connus d'un public qui n'entend parler que d'accaparements, détournements, trafics illicites et dilapidations criminelles. Et puis, je suis sûr que toutes ces vilénies ne sont l'oeuvre que de planqués qui collaboraient en sous-main avec l'occupant et qui attendaient le moment propice pour continuer le travail de désagrégation d'une nation qui peine à se construire. Tu ne sauras jamais le choc que j'ai reçu quand, au sortir de l'université je fus embauché dans la satanée entreprise où tu travaillais déjà. L'entreprise en question était dirigée par un patriote d'une honnêteté irréprochable. Un jour, alors que je visitais les différents services pour me familiariser avec les lieux et les visages de mes collègues, je fus mis en présence d'un individu que j'avais presque oublié. Je t'ai déjà dit que quand je fus libéré en 1962, l'état-major de l'ALN m'avait chargé de récupérer certains espaces occupés précédemment par l'armée française. C'est ainsi que je fus amené à vider de ses indignes occupants la radio «La Voix du Bled», organe de propagande de l'armée française où officiaient des supplétifs d'origine algérienne. L'individu que j'avais croisé dans le couloir de l'entreprise qui m'avait accueilli, y était journaliste arabisant. Il avait des années durant traité les maquisards de rebelles, de chacals, de terroristes, de criminels... Il avait travesti leurs actions de résistance en actes de banditisme... Et voilà que je le retrouve comme responsable dans une administration de l'Algérie indépendante. Il avait, certes, pâli quand il m'a reconnu mais je suis sûr que, des deux, j'étais le plus gêné. Moi, à sa place, j'aurais présenté ma démission et fui dans un endroit où ne serait pas connue ma félonie...» Et comme pour enfoncer le clou, je surenchéris sur la véhémence de ses propos. «Et le plus triste dans l'histoire fut, que toi, ancien moudjahid, tu as été licencié deux mois plus tard à la faveur d'un changement de directeur général: le patriote fut remplacé par un accapareur et, tiens-toi bien, l'ancien collaborateur fut promu à un poste de chef de département. Et le scandale atteint son apogée quand, à l'occasion de l'élection de Houari Boumediene, il fut le journaliste choisi pour ses compétences à interviewer le candidat élu du parti unique. Ce qui motiva une discrète mais ferme protestation de l'ONM et mit mal à l'aise le dictateur et ses collaborateurs. Il ne faut pas t'étonner de cela, tous les régimes qui veulent récupérer un maximum de légitimité usent de la sorte: au nom de la réconciliation nationale, on récupère les compétences qui, à un moment, ont fait le mauvais choix et on travaille à de nouveaux buts en faisant du passé table rase. Les anciens collabos sont toujours plus maniables que les anciens résistants. Tu sais, je reviens toujours à l'expérience française: après la défaite allemande, il y eut nombre d'exécutions sommaires et de règlements de comptes, des procès, puis, le général de Gaulle avait mis un frein à tout cela en prêchant la réconciliation.
Il voulait porter un coup à l'influence du Parti communiste français sorti renforcé par une présence sur le terrain dans la Résistance et se servir des collabos qui sont toujours plus maniables que les autres.
Et sans lui donner raison je trouve qu'il n'a pas tort: en ce moment précis où des nuages s'accumulent au-dessus des têtes des pauvres galériens que nous sommes, il faut identifier les actuels ennemis de la République sans oublier les anciens...»

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