Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Au collége

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« Il est indispensable d’aller au collège. C’est le seul moyen d’apprendre ce qui n’a aucune importance. » Edgar Watson Howe

«Si la vocation de révolté ne germe pas à l'école, c'est au lycée qu'elle peut prendre racine et s'affermir: le petit indigène a quitté le taudis de son village natal, pour un internat austère et sévère d'un lycée de province où se côtoient, ce qui à l'époque, pouvaient passer pour des privilégiés, des enfants de divers horizons et des deux principales communautés. C'est dans un cadre tracé rigoureusement par les institutions coloniales qu'allaient se jauger et s'affronter dans une concurrence déloyale mais obligée, les futurs acteurs de la vie sociale: chacun était tenu de suivre malgré tout, sa voie propre, celle que sa sensibilité, sa personnalité et les circonstances lui forgent, car au bout des études, il y avait un diplôme reconnu qui ouvrait les portes d'un emploi assuré et d'un salaire régulier... Les générations d'après l'indépendance, celles qui ont connu l'éducation obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, ne peuvent pas évaluer l'importance de l'accès au collège d'un enfant indigène aux origines modestes: c'est un important saut qualitatif rendu possible après 1945. Jusqu'alors, seuls certains privilégiés, les enfants de caïds et de sujets qui ont acquis la nationalité française pouvaient prétendre à l'éducation laïque et gratuite dispensée par la IIIe République. Ce mouvement prendra de l'ampleur avec les réformes dites de Lacoste, inspirées par la mèche allumée par les nationalistes du 1er Novembre. C'était trop tard! On ne saura pas le nombre de petits élèves dotés d'une intelligence moyenne qui n'ont pas pu accéder à un enseignement secondaire: tous les élèves surdoués n'auront pas la chance d'être pris en charge par un enseignant humaniste qui interviendra à temps pour éviter à l'élève méritant, l'impitoyable monde du travail à un âge précoce. Je ne peux que rendre hommage à deux de mes cousins qui n'ont pas eu la chance d'aller au collège parce que leurs pères ont préféré avoir un revenu supplémentaire à la maison, plutôt qu'une charge... L'un deux particulièrement brillant et cultivé deviendra pendant quelques années un artisan-forgeron avant de prendre le maquis où il s'illustra de 1958 à 1962...
Ce que redoutait avant tout les parents pauvres, ce n'étaient pas seulement l'éloignement du collège et les dépenses supplémentaires que pouvait occasionner un déplacement, un va-et-vient hebdomadaire, c'était surtout la constitution d'un trousseau fort onéreux pour les revenus de l'époque, exigé par une administration tatillonne, qui demeurait un obstacle décourageant beaucoup de parents et annihilant bien des ambitions.
Un ami à moi, originaire d'El-Eulma réussit à l'examen d'entrée en 6ème: son père consentit à un endettement certain pour lui offrir la quasi-totalité du trousseau demandé par l'administration du lycée. Il ne manquait que l'achat d'un manteau fort onéreux pour compléter ledit trousseau: l'administration du lycée tergiversa jusqu'au moment où la cause du pauvre lycéen fut entendue par une opinion favorable qui préconisa le remplacement du manteau... par un burnous.
C'est le triomphe en quelque sorte de la cause nationale! Une fois au lycée, le petit indigène verra s'approfondir sa prise de conscience s'il n'a pas déjà reçu au cercle familial, cette petite impulsion qui le mènera vers la prise de conscience. Et puis, il y a l'aire géographique où des circonstances exceptionnelles permettent de vivre des évènements révélateurs.
En parlant de Si Abdelhamid qui était issu d'une famille relativement aisée, je suppose que c'est au lycée qu'il a dû prendre conscience: un professeur maladroit qui avantageait les enfants des colons, un regard méprisant, un comportement provocateur d'un camarade de classe d'origine européenne mieux vêtu donc mieux considéré, suffisent à faire bouillir le sang du petit indigène qui ne parle pas la même langue que ses enseignants.»

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