Prévisions pour le 23 Septembre 2018

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Ambiances

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«L'espoir est contagieux, comme le rire» Joan Baez

«Je te raconte tout cela pour te dire l'ambiance qui régnait au collège. Evidemment, ce ne sont pas ces petits symptômes de ségrégation qui sont à l'origine d'une prise de conscience de beaucoup de jeunes gens. Il est évident que pour beaucoup d'individus qui sont sensibles à la misère d'autrui, la situation sociale dégradante dans laquelle vivait l'écrasante majorité de la population qui connaissait une précarité durable, demeure l'un des principaux ressorts. Le fossé de la fortune qui s'élargit sans cesse entre deux communautés est, je pense, ce qui trouble et amène des questionnements à des gens comme Si Abdelhamid, qui sont très humains et se solidarisent spontanément avec les plus démunis. Pour d'autres, il faudra des évènements aussi graves que les massacres de Guelma-Kherrata- Sétif, les dérives d'une justice aux ordres ou bien les exactions de l'armée française... Moi, le premier choc que j'ai ressenti fut un tableau digne des Misérables: par un matin froid et gris, sur l'unique rue goudronnée du village, deux gendarmes français montés sur de superbes chevaux gris traînaient derrière eux, au bout d'une corde, un prisonnier au teint hâve dont les mains étaient tenues par une chaîne fermée par un cadenas. Le pauvre hère vêtu de haillons semblait au bout de ses forces: sa lassitude et son dénuement accentuaient l'antipathie qu'exprimait une mine patibulaire propre aux délinquants. Le prisonnier en question, était originaire d'un village voisin et devait être l'auteur d'un acte délictueux quelconque, mais le traitement qu'on lui infligeait atténuait peut-être le crime dont on l'accusait. Les gendarmes l'arrêtèrent au café du village, lui donnèrent une cigarette et lui offrirent un thé, tout en lui lançant des plaisanteries de mauvais goût. Le prisonnier tira goulûment sur sa cigarette et avala d'un trait le thé brûlant, puis reprit son pas traînant derrière les croupes des chevaux. Cette scène resta longtemps imprimée dans ma tête et pendant longtemps, j'associai la langue française et l'uniforme à l'expression même de l'injustice. Il faut dire que chez nous, on n'avait jamais vu un homme d'origine européenne avoir eu maille à partir avec la loi, alors que beaucoup de gens du crû, avaient déjà connu la prison pour divers motifs. Mais, dans mon souvenir, plus que les premiers accrochages entre les maquisards et l'armée française, l'évènement qui mobilisa les esprits, fut la triple agression dont fut victime l'Egypte, alors principal refuge et soutien des responsables du FLN. Je me souviens de l'étincelle qui m'enflamma aussitôt: bien qu'ignorant des choses de la politique, je suivais passionnément les discussions et les commentaires que menaient sous l'arbre à la palabre les vieux de la djemaâ. Alors que jusque-là, à mots couverts, les gens doutaient de l'issue de la guerre de libération, cette grande hogra était perçue comme une offensive sur le soutien logistique du FLN. Les gens ne lisaient bien entendu que la presse non censurée que le pouvoir colonial laissait passer, mais les privilégiés qui avaient un appareil de TSF, ces grands meubles qui avaient un oeil vert sur un coin de leur cadre, s'empressaient de communiquer les dernières nouvelles du nouveau front qui s'ouvrait le long du canal de Suez. Les noms de Port-Saïd, d'El-Haris ou d'Ismaïlia nous devinrent plus familiers que les noms servant de toponymes aux douars environnants. Les vieux devinrent plus bavards et passaient leur temps à comparer les forces en présence et à émettre les plus audacieuses prospectives que seule l'«ignorance pouvait permettre. Oubliant notre propre drame, nous suivions ces douloureux évènements, comme un film désopilant. Le paroxysme de la situation fut atteint avec, comme un coup de théâtre, l'intervention musclée de l'Urss. L'espoir changea de camp comme la peur.»

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