Liberté de choix

«La liberté est une connaissance de la nécessité» Spinoza

Le monde change vite. Très vite. Les préoccupations et les solutions aussi. Les entreprises créées à grands frais se révèlent vite obsolètes quelques années après leur mise en marche à cause de fulgurants progrès technologiques. Les concepts précèdent le chamboulement: privé et public s'affrontent sur un terrain dévasté par une gestion aléatoire. Il faut sans cesse remettre à niveau cadres et travailleurs, car les méthodes de gestion changent elles aussi, très vite. Les motivations de la production aussi: hier, on se contentait de produire pour réduire les importations et inculquer au peuple les réflexes propres à l'ère industrielle, aujourd'hui, seul le profit immédiat est pris en compte. La lutte contre le chômage ou pour la justice sociale passent à la trappe et avec eux, la cohésion sociale que tout gouvernement doit être déterminé à chercher, coûte que coûte, quitte à faire marcher la planche à billets pour donner une illusion précaire. Renvoyer sans cesse les solutions des crises de croissance aux calendes grecques, ne fait qu'exaspérer les conflits des différents acteurs économiques. S'adapter est le souci majeur des gouvernants, mais, dans un pays désindustrialisé et non-producteur de technologie, les gouvernants sont impuissants à éviter à leurs chers administrés des réveils douloureux, comme ceux qu'ont connus nos concitoyens face à la débâcle économique des années 1980, quand le prix du baril de pétrole accusa une chute, réduisant à néant les économies d'une génération, ou juste après quand l'installation durable du terrorisme porta atteinte à la crédibilité et la solvabilité du système. Or, gouverner, c'est avant tout, prévoir. Chercher l'indépendance et l'autosuffisance alimentaire doivent être les soucis majeurs pour un pays dont les seuls revenus dépendent de la richesse de son sous-sol, richesses mal distribuées, comme le prouvent les scandales financiers qui ne cessent de résonner jusque dans les cours étrangères. L'utilisation de ces richesses éphémères à l'échelle historique, devrait profiter d'abord aux générations actuelles et donner un point d'appel aux générations futures. La politique de replâtrage économique avec des tcha-tcha-tcha -privatisations, nationalisations, joint-ventures, ne saurait être une panacée. L'attribution des activités de services aux compagnies étrangères est un cadeau dont doit se passer une économie basée uniquement sur les revenus miniers... Un choix définitif devrait être défini une fois pour toutes pour le modèle de société qui devrait être construit sur les mines encore fumantes du socialisme spécifique et sur les décombres des entreprises publiques restructurées à tour de main afin de satisfaire les requins ou plutôt les vautours de l'économie. Entre une économie de bazar où les frontières seraient toutes ouvertes aux productions étrangères avec des douanes aussi perméables qu'un tamis défectueux et une économie dirigiste et protectionniste qui renverrait le pays au temps des longues files devant des étals vides, le choix est large. Un socialisme à visage humain, au service de toutes les couches de la société, bâti sur un Snmg équitable, calculé sur un niveau de vie décent et surtout, la mise en place d'un édifice démocratique où la représentation directe serait assurée car, tout choix économique doit se faire avec le consentement des intéressés par le biais d'élus démocratiquement élus, en un mot, un Snmg des droits de l'homme, permettrait sans doute à la nation de sortir de l'état de minorité où elle a été contenue pendant des décennies, auquel les plus éminents philologues n'arrivent pas à définir le qualificatif qui lui sied. Sauvegarder les acquis et prévoir le futur, relève d'un choix toujours difficile à déterminer durablement.