Prévisions pour le 24 Septembre 2018

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Toujours les femmes!

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Jadis, quand j'étais un agent économique actif, ma modeste contribution à la marche de l'entreprise qui m'employait, était fort simple: j'assemblais deux réalités distinctes pour en proposer au téléspectateur une nouvelle, selon les goûts des décideurs. En un mot, je participais, malgré moi, au travail de propagande qui a contribué à formater toute une génération. Accessoirement, le chef de département de la programmation, connaissant mon inclination pour le cinéma, m'envoyait souvent un film afin que j'y opère la plus détestable des tâches qui soient proposées à un homme digne: couper les plans ou les séquences qui porteraient atteinte à la sacro-sainte pudeur qui existe dans les salons où la famille peut voir en toute sérénité un film expurgé de tout ce qui peut donner du relief à la vie. En un mot, j'étais chargé de supprimer tous les plans comportant des vues d'anatomie féminine ordinairement voilée par le voile vestimentaire ou bien les langoureux baisers entre gens de sexe opposé qui démontrent bien que les enfants ne naissent ni dans les roses, ni dans les choux et encore moins dans les cactus. Bref, je bats ma coulpe en avouant qu'une partie des meilleures séquences qui faisaient le sel du film, a été victime de mon servile coup de ciseaux. Un jour, un responsable de programmation plus intelligent que son prédécesseur m'envoya un film étrange: Femmes, du réalisateur américain, Georges Cukor. Ce film qui datait de 1939 avait excité ma curiosité, non seulement par son titre, bien qu'en 1939, on faisait, même en Amérique, que des films pudiques, mais aussi par son casting: Cukor avait poussé la virtuosité jusqu'à n'employer que des femmes au générique: il n'y avait aucun poilu ou moustachu dans les plans que comportait le film. Un coup de maître! Il faut dire que le scénario était cosigné par Anita Loos (Les hommes préfèrent les blondes) et que pas moins de 15 étoiles d'Hollywood (Norma Shearer, Joan Crawford, Paulette Godard...) ornaient le haut d'une affiche prestigieuse. J'ai oublié l'intrigue du film mais longtemps je me suis demandé comment peut-on imaginer une intrigue sans la présence des deux sexes qui se vouent depuis la nuit des temps une attirance et une guerre sans merci. Et j'ai toujours pensé qu'un film sans femmes ne tiendrait pas longtemps l'affiche. Alors, une société, pardi! La femme demeure toujours l'autre moitié d'orange de l'homme. Je sais bien que les frustrés pourront toujours faire appel à une fausse interprétation des textes pour priver la plus belle moitié du ciel d'Allah du droit à la parole comme à l'héritage: ils ne pourront rien changer! La femme est le passé, le présent, l'avenir et la garantie de l'homme. Sans elle, la vie ne serait qu'un blasphème! Je sais bien que dans les entreprises où règnent les mâles, elles recevront aujourd'hui des roses, des flacons de parfum pour leur faire oublier tous les sarcasmes de l'année écoulée mais, elles sauront faire bon coeur contre mauvaise fortune d'être nées mineures à vie dans un pays où les lendemains ont cessé de chanter depuis longtemps... Rien n'empêche: aujourd'hui, cet après-midi plus précisément, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il tombe des pierres, Alger sera belle, plus belle que d'habitude, car ses rues seront envahies par une espèce habituée à ne fréquenter que les réduits des cuisines, les arrière-boutiques, les ateliers mal éclairés, les buanderies, les bureaux, les champs, les salles de classe, des laboratoires... Aujourd'hui, grâce à l'action militante des femmes de pays développés, grâce à sa participation à la lutte de libération, l'autre moitié du pays redresse la tête pour relever le défi de l'avenir. Celles qui ont posé des bombes dans les stades ou les cafés, celles qui ont été matraquées boulevard Zighout-Youcef pour avoir protesté contre le Code de l'infamie, celles qui ont été violées dans les maquis de l'intégrisme et réduites à l'esclavage, celles qui ont gardé la saine tradition des femmes libres et fières, celles qui portent le voile parce qu'elles veulent le porter, celles qui le portent parce qu'elles sont obligées, celles qui travaillent pour donner un coup de main à la famille, celles qui le font parce que c'est le seul moyen de vivre dignement, celles qui cherchent du travail et qui n'en trouvent pas, celles qui ont déjà voté et qui ne veulent plus le faire, celles qui vont voter, celles qui sont tous les jours harcelées sur leur lieu de travail par leur patron, leur chef ou leurs collègues, celles qui ont un foyer, celles qui en espèrent un, celles qui désespèrent..., toutes auront une demi-journée pour se croire plus libres que d'habitude et que malgré tout, la vie dans ce beau pays vaut la peine d'être vécue. Toutes celles qui descendent de la Kahina ou de Fatma N'soumer, les soeurs de Djamila et Baya, toutes celles qui ont donné de leur sang et de leur liberté pour que d'autres aujourd'hui puissent espérer des lendemains qui chantent.

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