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Ma cavale au Canada

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«Le Canada a deux saisons, l'hiver et le mois de juillet.» Robert Hollier

Je me suis longtemps demandé pourquoi j'ai toujours aimé le Canada. Le mot sonne si bien à l'oreille primitive de l'enfant que l'inconscient l'a tout de suite adopté et l'a paré de merveilleuses choses. J'ai longtemps visité ma mémoire pour retrouver les premières émotions de l'enfance et j'ai finalement situé l'origine de cet engouement pour ce magnifique pays. Laissez-moi vous raconter.
Un lointain cousin, commerçant avisé qui avait fait de juteuses affaires grâce à son poste de chauffeur de l'épouse du sous-préfet de Tizi Ouzou durant les années 1940, commença, pour se distinguer de ses voisins qui s'éclairaient encore à la lampe à huile ou au quinquet, à faire rentrer l'électricité dans sa coquette demeure. Il ne se contenta pas de cela, il fit en outre l'acquisition d'un poste de TSF, un grand meuble avec radio et tourne-disques dont le haut-parleur avait une forte impédance. Cela fit scandale dans tout le quartier: de la musique sacrilège sortait de la fenêtre à longueur de journée, empêchant les âmes simples d'avoir des pensées saines. Comme le cousin en question connaissait les gendarmes, on le laissa en paix. Et c'est ainsi que je restais devant sa fenêtre d'où s'échappaient des airs barbares d'opéra ou des chansons douces murmurées par des voix étrangères. Celle qui me captiva tout de suite fut Ma cabane au Canada qui était le succès de l'heure et dont l'interprète du moment était Line Renaud, chanteuse alors très en vogue. J'imaginais alors la vie idyllique dans une hutte comme celle que nous avions dans nos «terha», à l'orée de gigantesques forêts de conifères ou d'érables, avec un confort douillet et, par-dessus le marché, un écureuil sur le toit. J'ajoutais au décor les souvenirs ramassés à l'occasion des lectures de textes de Jack London et Louis Hémon.«La vie de trappeur devait être exaltante» se disait le cerveau d'enfant. Puis, plus tard, j'ai appris que le Canada voulait dire «le pays de la paix» dans une langue indienne, ce pays où les eaux sont tranquilles, contrastait avec son puissant voisin où la violence et la loi de la jungle prédominent. D'ailleurs, je fus agréablement surpris le premier jour où je visionnais un documentaire produit par l'Office du film canadien sur l'Algérie. C'était un triptyque consacré à l'histoire de notre pays et le réalisateur canadien avait, adroitement et brièvement brossé l'histoire de notre pays, et avait donné la parole à un intellectuel algérien qui venait d'être chassé de l'université d'Alger: le régime en place avait bonnement supprimé la chaire de berbère, qui était alors considéré comme une langue importée par les Pères blancs. Que Dieu leur pardonne, ils ne savent pas ce qu'ils font. Mouloud Mammeri, dans ce film, avait, avec l'éloquence qu'on lui sait (comme dans L'Aube des damnés), condamné les colonialismes et les impérialismes qui se sont succédé dans notre pays.
La raison supplémentaire qui me fit aimer ce pays c'était la condition des indigènes qui ont connu un meilleur sort que leurs frères du Sud. Les documentaires nombreux illustrent l'attention donnée par les Canadiens à leur environnement qui contraste d'une manière saisissante avec celle de leurs voisins, les premiers pourrisseurs de l'univers.
Ajouter à cela que ce pays à faible démographie a ouvert ses portes à de nombreux désespérés qui se rongeaient les ongles dans ces villages où les suicides étaient devenus trop fréquents.
Contrairement à la Suisse ou aux States qui ont donné, d'une façon ou d'une autre, asile à des escrocs qui ont grugé le pays, tous les procès SNC-Lavallin ne me feront pas détester le pays de la paix.

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