Prévisions pour le 23 Septembre 2018

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Le café de la gare

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«Le comptoir d'un café est le Parlement du peuple.» Honoré de Balzac

Certaines gens appréhendent la retraite. Ils ont peur de n'être plus utiles et de connaître les désavantages de l'oisiveté: une baisse de revenus et un ennui assuré dans un pays où les loisirs sont rares. La perte de repères habituels et du milieu sécurisant du travail peuvent provoquer chez certains un stress dur à vivre: c'est ainsi que beaucoup partent pour un monde meilleur la première année après la cessation de toute activité.
Par contre, d'autres l'attendent avec impatience pour des raisons liées à l'ambiance de leur milieu professionnel et aussi au besoin ardent de ne plus avoir à pointer chaque matin pour un travail estimé vain. Le départ sonne pour eux comme une seconde chance. Mais attention, beaucoup perdent leurs illusions: après l'euphorie des premiers mois de liberté, l'ennui s'installe et avec lui, le regret de n'avoir pas préparé cette retraite tant attendue. C'est mon cas. C'est ainsi qu'après avoir longtemps tourné en rond, dans la petite banlieue où je vis, à la recherche d'un petit coin où je pourrais regarder à loisir les gens vivre.
Comme les interminables parties de dominos sous le grand saule commençaient à devenir ennuyeuses et qu'elles étaient souvent interrompues par une météo capricieuse, j'optais pour un abri couvert: je me mis en quête d'un café hospitalier. Le café est l'endroit idéal pour lire le journal, faire les mots croisés et lier conversation avec un commensal. J'ai trouvé un petit troquet original qui me rappelle les petits bistrots des quartiers populaires de Paris. Contrairement aux autres cafés du coin qui sont conçus seulement comme des abreuvoirs, sans perspectives et toujours plongés dans un brouillard de fumée de cigarettes, celui-ci a l'avantage d'avoir des baies vitrées sur deux façades et de bénéficier d'une aération convenable. Son autre atout est d'être situé sur une rue très passante qui relie le marché couvert à la station de bus: inutile de dire que beaucoup de chalands s'y arrêtent, leurs couffins à la main pour souffler un peu, prendre un café et deviser entre amis ou voisins avant de rejoindre le foyer conjugal.
Mais, ce qui fait surtout l'originalité de ce havre, c'est qu'il accueille des gens des deux sexes: je fus d'abord étonné, alors que tous les autres cafés de la banlieue ne sont fréquentés que par des moustachus ou des barbus, que celui-ci reçoive quelques représentantes du sexe dit faible. Elles ont toujours une table à elles où elles papotent en grillant une cigarette sous l'oeil indulgent du propriétaire des lieux sans se soucier de la réprobation des habitués du lieu. Le premier effet de surprise passé, tout observateur averti finit par comprendre qu'elles ne sont là que pour attendre le client puisqu'elles exercent le plus vieux métier du monde. Cependant, grâce à l'esprit d'ouverture du propriétaire, la coexistence pacifique entre les différents codes de morale est possible. Par ailleurs, le café accueille tous les représentants de la classe populaire: travailleurs, chômeurs, employés des administrations, marchands de légumes, agents immobiliers, retraités et très souvent, des mendiants et des mendiantes qui viennent compléter le tableau.
C'est cette diversité qui me plut tout d'abord: elle me permit de m'instruire au fur et à mesure des problèmes de la société. Mais ce qui me poussa à revenir très souvent, c'est qu'il existait une table qui réunissait des vieux Kabyles dont l'accent rocailleux me rappelle mon village natal. Et parmi ces vieux nostalgiques, je distinguai tout d'abord Da Mokrane.

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