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Barbaries

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«Dans barbarie, il y a le mot bar et le mot barbe, c'est au choix.» Kurzas

«Pourquoi Bachar El-Assad ne fait rien pour sauver Palmyre?» C'est une question importante qu'aurait pu poser un extraterrestre s'il venait à débarquer au beau milieu d'un débat de journalistes sur un plateau d'une télévision française qui, hier encore, comme ses collègues du paysage audiovisuel français souhaitait ardemment la chute du dictateur alaouite et l'arrivée au pouvoir d'une opposition dont personne ici n'a jamais entendu parler. Ce n'est pas l'extraterrestre qui a prononcé ces propos candides mais un respectable journaliste qui semble avoir l'échelle de ses valeurs perturbée par l'arrivée de la horde terroriste dans cette ville aux ruines splendides qui a pour nom Palmyre. Décidément, la logique occidentale étonnera toujours! Des pierres vénérables datant du IIIe siècle auraient-elles plus de valeur que les vies humaines emportées et menacées par une armée dont la création et l'entretien sont assurés par les alliés de l'Occident dans la région. On oublie bien vite l'intense campagne menée par tous les médias coalisés de l'Europe et de l'Amérique au sujet de l'utilisation des armes chimiques qu'aurait utilisées le régime syrien dont la résistance étonne encore. Il aura fallu les décapitations monstrueuses et les massacres commis par ceux que l'Occident montrait comme des libérateurs pour que l'appréciation change d'un iota: le régime proposé par les djihadistes semble pire que celui honni par les Atlantistes. Il faut faire un léger retour en arrière pour rappeler que les pays du Pacte atlantique et à leur tête, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont joué un rôle majeur dans la création de la première armée islamiste en Afghanistan, parce qu'il s'agissait de bouter alors, à tout prix, l'armée soviétique hors d'un pays convoité, pour sa position stratégique, par toutes les puissances. On connaît la longue guerre civile qui opposa les différentes factions islamistes après la retraite des soviétiques et qui fit régresser le pays au-delà des plus obscures périodes du Moyen-Age. Le calvaire qu'endurèrent les populations de ce pauvre pays sont indescriptibles: ni les massacres, ni les lapidations, n'ont agité la fibre sensible des sponsors de l'ordre le plus barbare du XXe siècle. Il aura fallu le dynamitage des Bouddhas de Bamyian par la horde barbare pour que s'émeuve et sorte de sa torpeur l'opinion publique occidentale. Les attentats du 11 septembre 2001 pousseront la première puissance du monde qui est à l'origine de tout cela et qui en porte donc toute la responsabilité, à envoyer ses bombardiers et son armada pour essayer de réparer l'irréparable. Cela fait 12 ans que les armées de l'Otan font du surplace devant une résistance qui ne désarme pas. C'est le même scénario pour le Mali: la destruction des sites historiques sacrés par les hordes incultes fut le signal pour décider l'armée française à dépêcher ses troupes pour défendre son pré carré. Il faudrait peut-être, ne pas oublier, dans la hiérarchie des actes barbares commis pendant les guerres, de se demander combien de monuments ont été détruits ou endommagés par le bombardement nucléaire américain sur Hiroshima et Nagasaki. Il faudrait peut-être refaire l'inventaire des oeuvres d'art disparues à la suite du bombardement aveugle de la ville-musée de Dresde.
Donc, aujourd'hui, la priorité pour les Occidentaux, est de sauver Palmyre si Palmyre peut encore être sauvée. Quitte à incommoder le principal membre local du Pacte atlantique, la Turquie, qui permet à Daesh d'exporter «son» pétrole par l'oléoduc qui traverse le pays géré par l'AKP. Les populations peuvent se reproduire!

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