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L’impasse libanaise

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La crise libanaise donne l´impression d´être entrée dans une zone d´incertitude alors que, par manifestations et contre-manifestations, les deux parties sont engagées dans un bras de fer fort peu productif. A raison, le président libanais Emile Lahoud fait remarquer que le Liban n´est ni la Géorgie, ni l´Ukraine, -où des manifestations de masse ont fait tomber les régimes de Tbilissi et de Kiev-, mettant en garde contre le fait que le Liban qui a vécu une guerre de plus de quinze ans, risque de replonger dans l´horreur. De fait, la situation dans ce petit pays du Proche-Orient n´a aucun rapport avec celles ayant prévalu dans les ex-Républiques soviétiques où les esprits étaient préparés aux changements, alors que tout un processus est encore à faire pour que le Liban puisse renouer avec la démocratie et les libertés, qui étaient ses attributs avant la guerre et constituait l´un des rares pays arabes où la notion de démocratie avait cours. L´opposition ou plutôt la rue, a fait tomber le gouvernement Karamé sans que réellement soit éclaircie la donne politique libanaise. De fait, le président Lahoud, sorti bredouille de ses contacts pour la formation d´un gouvernement, a dû faire à nouveau appel au Premier ministre que la rue a fait chuter. Mais Omar Karamé, rappelé par le président Emile Lahoud, faute pour ce dernier d´avoir trouvé une solution de rechange, éprouve maintes difficultés à mettre sur pied un cabinet. D´ailleurs, il semble peu probable que M.Karamé parvienne à trouver un cabinet acceptable pour toutes les tendances se disputant le pouvoir, en l´absence d´un consensus minima au sein du champ politique libanais. De fait, Omar Karamé, très pessimiste à ce propos, ne croit pas lui-même à la possibilité de composer rapidement un gouvernement de transition, comme le réclame l´opposition. De fait, cette dernière, après avoir donné l´impression de savoir où elle allait, notamment dans la foulée de l´assassinant de Rafik Hariri, et de l´application par la Syrie de la résolution 1559 de l´ONU, se dilue un peu plus chaque jour alors que les intérêts partisans ou claniques reprennent le dessus creusant les divergences entre des blocs en vérité par trop hétéroclites pour devenir une alternance possible de pouvoir au Liban. En réalité, dans cette nouvelle crise libanaise, tous ses acteurs sont en fait perdants pour n´avoir pas su tirer profit de ces années de paix pour effectivement mettre en place les institutions programmées par l´accord de Taïef de 1989. Ni le gouvernement libanais, trop inféodé à Damas pour d´aucuns, ni la Syrie «tutrice» de la mise en application des accords de Taïef n´ont profité de cette période de paix pour amender la Constitution du pays, fondée sur une base communautaire que reflète parfaitement la répartition du pouvoir au Liban avec la présidence réservée aux chrétiens, le Premier ministère aux sunnites et la présidence du Parlement aux chiites. Cet arrangement, qui gouverne le pays depuis 1943, a montré ses limites, -ayant même été l´une des causes de la guerre de 1976/1989-, et devait, selon les accords qui ont mis fin à la guerre, être sinon abrogé, du moins amendé pour permettre à l´Etat de sortir du clientélisme, fondement de son fonctionnement, d´autant plus qu´à ces bases communautaires traditionnelles est venu s´ajouter le fief que le druze Walid Joumblat s´est construit dans le Chouf, devenant par là même un personnage incontournable du champ politique libanais. De fait, la situation prévalant aujourd´hui est plus compliquée que celle existant en 1975 à la veille de la guerre civile avec l´émergence des pôles druze et chiite du Hezbollah, ce dernier se présentant comme une force politique déterminante appuyée par une milice qui est de fait la seule force militaire structurée et organisée au Liban. Aussi, plusieurs lectures sont possibles de la nouvelle crise libanaise que l´assassinat de l´ancien Premier ministre Rafik Hariri n´a fait que mettre un peu plus en exergue, d´autant plus que le départ des troupes syriennes, loin d´apaiser les esprits, aura surtout mis à nu les divergences, parfois irréconciliables, apparues dans les rangs de l´opposition, qui ne semble pas avoir de programme précis pour l´après-Syrie, avivant par ailleurs, les contradictions dans lesquelles est empêtré le gouvernement pro-syrien de Lahoud. Ainsi, l´opposition exige la constitution d´un gouvernement de transition neutre dont la mission sera, notamment, le suivi du retrait des troupes syriennes, et l´organisation des législatives prévues pour mai prochain, sans pour autant faire des propositions allant dans le sens d´une sortie de crise.
Aussi, l´impasse libanaise atteste surtout de l´inexistence d´un projet politique unitaire libanais pour le long terme, comme le montre une opposition qui semble plus compter sur les pressions étrangères pour faire bouger les choses que sur des initiatives politiques ouvrant la voie à une véritable alternance de pouvoir. Que propose en fait l´opposition pour l´après-Syrie?

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