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Une question de volonté politique

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Il était attendu du rendez-vous arabe d´Alger qu´il apporte une certaine fraîcheur à un Sommet arabe marqué depuis des lustres par les redondances et l´absence manifeste de volonté politique en redynamisant un ensemble arabe assoupi et oublieux de ses devoirs et obligations envers les peuples arabes. Alger a certes rompu, dans une certaine mesure, avec une vision archaïque de règles prévalant dans les réunions arabes où la certitude de ne trouver sur la table que ce que l´on a apporté avec soi rassure et en même temps marque les limites de ce que les potentats arabes sont près de lâcher ou d´accepter. Ce sont ces pesanteurs qui font qu´au moment où le monde arabe fait du surplace, freiné par la propre carence de ses dirigeants, le monde extérieur avance et continue d´aller de l´avant. En fait de tout temps, il a manqué au monde arabe deux paramètres incontournables: la volonté politique et les finances, le premier nécessaire pour dépasser les impondérables et autres faux problèmes, le second constituant le nerf de la guerre. De fait, sans apport financier conséquent, les meilleurs volontés et engagements resteront au niveau du voeu pieux. Or, pour qu´une volonté politique puisse s´exprimer, il fallait encore que les dirigeants arabes montrent, par leur présence et leur engagement, leur détermination à contribuer à redonner au monde arabe la position que ses ressources naturelles et humaines lui donnaient droit d´y prétendre. Aussi, l´absence à Alger de certains dirigeants arabes, outre son aspect négatif qui entache le sérieux du sommet arabe, relativise les décisions, pourtant fort attendues, que celui-ci était appelé à prendre pour corriger les retards cumulés par le monde arabe et redonner l´espoir aux peuples arabes frustrés de leurs droits citoyens par des régimes qui partagent en commun l´autocratie. De fait, les amendements de la Charte, rendant possible la création d´un Parlement arabe, d´une commission de suivi des résolutions, du changement des modalités de vote et des prises de décision, tout en constituant un progrès dans l´avancée vers la démocratie, restent toutefois insuffisants eu égard aux attentes d´une véritable ouverture qui donne aux Arabes de s´assumer dans le concert des nations. L´autre fait que le Sommet d´Alger a soulevé, est la crise financière aiguë dont souffre le secrétariat de la Ligue arabe, crise due essentiellement au fait que nombre d´Etats de la Ligue arabe ne s´acquittent pas de leurs cotisations. Ce qui est à tout le moins invraisemblable lorsque l´on sait que plus de 1200 milliards de dollars arabes sont investis aux Etats-Unis, dans l´Union européenne et au Japon notamment. Mais c´est là l´un des paradoxes qui définit le mieux le monde arabe. A propos de définition, il convient de relever que le Sommet d´Alger, tout en « condamnant fermement le terrorisme sous toutes ses formes et quels que soient ses motifs et ses justifications», apporte une précision de taille en refusant «le lien entre terrorisme et religion ou culture» et en rejetant «l´amalgame (fait) entre terrorisme et droit légitime des peuples à combattre l´occupation étrangère». Mais lorsque la volonté politique fait défaut, que le financement vient à manquer, il ne faut pas s´étonner que le monde arabe se soit mis de lui-même en marge du développement mondial. Alger a ouvert une brèche dans le consensus arabe pénalisant, reste à espérer que Khartoum reprendra le flambeau en 2006 pour donner aux Arabes le droit de parler haut et de se faire enfin entendre.

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