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C’est la faute à Gutenberg

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Le 3 mai dernier, la corporation des hommes de la presse et assimilés a célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse. La liberté de presse sans autorisation ni censure. Voilà une utopie derrière laquelle courent, depuis des siècles, les hommes dont le métier est d´informer. En fait, depuis l´invention par Gutenberg de l´imprimerie de presse qui a permis une vaste circulation de l´information, celle-ci a codifié le métier de journaliste. Certes, les conditions d´aujourd´hui, les technologies modernes aidant, ont rendu le journalisme autant attractif qu´aléatoire, relativisant par ailleurs le contrôle du pouvoir sur la presse, du moins dans les pays occidentaux. Aussi, une presse sans autorisation ni censure reste encore et toujours le leitmotiv des luttes qui n´ont cessé de mettre face à face pouvoirs et journalistes dans les pays en voie de développement. Ceux-ci refont à rebours le même parcours du combattant qu´ont fait leurs confrères européens et américains, des décennies avant eux. Aussi, la question est ancienne et dès l´invention de l´imprimerie qui permettait à l´information de toucher des parts de plus en plus grandes de lecteurs, il était patent qu´arrive un moment où les intérêts du pouvoir et des journalistes se trouvent à la croisée des chemins, se positionnant aux deux extrémités de la liberté d´informer. Autant les premiers font de la rétention de l´information une stratégie de pouvoir, autant les seconds ont vocation à ne rien celer à leurs lecteurs. Aussi, le deal était-il impraticable, du moins problématique, entre ces deux forces dont les motivations sont antagonistes et à l´extrême l´une de l´autre. En effet, dans la réalité, le possesseur et producteur de l´information détient en fait Le Pouvoir. Or, longtemps, les gouvernants avaient le monopole de l´information et de la parole. La première brèche dans cette prérogative est venue du nouveau monde où le Congrès américain, vota en 1791 le 1er amendement de la Constitution américaine, dans lequel il est stipulé que «Le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté de la parole et de la presse». Cet amendement est considéré, aux Etats-Unis, comme le vrai départ de la liberté d´expression ouvrant la voie à une information sans entrave ni censure qu´appelait déjà de ses voeux, au XVIIe siècle, le polémiste et parlementaire anglais John Milton. En fait, il n´y eut pas de modus vivendi entre les deux parties chacune restant sur son quant à soi. En fait, cela est surtout vrai pour les pays en développement qui redécouvrent à leur tour la puissance de la parole et de l´écrit, les tenants du pouvoir faisant en sorte que l´information demeure leur chasse gardée et sous leur strict contrôle. Ici et là, des progrès ont certes été accomplis mais qui, souvent, sont l´exception qui confirme la règle. Les libéralisations induites dans nombre de ces pays, dits en développement, n´ont pas pour autant été suivies de l´effet attendu et n´ont pas apporté le mieux espéré aux libertés essentielles que sont le droit à l´information et à l´expression. Au moment où le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, le constat, plutôt décevant, est que les avancées de ces libertés sont parfaitement insignifiantes et ne répondent ni aux besoins d´information des citoyens ni aux exigences de travail des journalistes. En Algérie, si, effectivement, l´étau s´est quelque peu desserré avec l´avènement de la presse privée au début des années 1990, il n´en reste pas moins que la liberté de presse et d´expression, sous étroite surveillance, demeure loin du compte, au regard des mutations connues par le pays ces dernières années. De fait, le nécessaire équilibre entre pouvoir et producteurs de l´information, dont singulièrement la presse, n´est toujours pas trouvé. Ce déséquilibre se traduit en Algérie, au plan médiatique, notamment, par la persévérance du monopole des gouvernants sur la parole, ce qui, dans la pratique, laisse de larges parties de la communauté nationale dans l´ignorance de points de vue politiques autre que celui distillé par le pouvoir. Car, si le rôle de la presse écrite reste important, celui des médias est aujourd´hui prépondérant dans les efforts de communication en cette ère de la technologie de pointe et d´Internet. En fait, en ce début du XXIe siècle, l´Algérie qui est l´un des rares pays au monde à ne disposer que d´une seule chaîne de télévision, -contredisant ainsi ses immenses potentialités en la matière, est devenue une sorte de curiosité, un troglodyte médiatique d´un autre âge. Aussi, la liberté d´expression en Algérie, c´est encore celle de libérer ce média pour permettre l´expression plurielle. Et ce n´est certes pas là, la faute à Gutenberg.

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