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Que faire du FLN ? (1)

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A la veille de la célébration du 50e anniversaire du 1er Novembre 1954, la question est plus que jamais à l´ordre du jour avec en toile de fond la crise aiguë que traverse le vieux parti. En fait, celle-ci, loin de se résorber après l´élection présidentielle, persiste et a tendance à s´aggraver. Les divergences qui divisent les courants «frontistes» semblent en fait irrévocables. Entre «redresseurs», partagés en clans d´une part, ce qui reste des amis de Benflis d´autre part, avec au milieu le courant Bouhara, cela sans exclure les interventions extérieures, le vieux parti semble avoir emprunté son chemin de Damas. Dans les faits, le FLN, demeuré le mouvement qu´il a été lors de la guerre de Libération, sert depuis l´indépendance de paravent et de couverture à toutes les manipulation et/ou instrumentalisation à des fins particulières. En réalité, le FLN ayant honoré son contrat de libérer l´Algérie, cela signifiait en fait que sa mission s´est achevée le 3 juillet 1962 date de la proclamation de l´Etat algérien. Cela d´autant plus, qu´après les sombres et sanglants événements de l´été 1962 - qui ont précédé et suivi l´indépendance de l´Algérie - le FLN en tant que mouvement populaire s´est en fait désagrégé sous les coups de boutoir conjugués de luttes féroces pour le pouvoir et des règlements de compte. L´anarchie qui s´est instaurée entre juin et septembre 1962 a définitivement eu raison du FLN, ressuscité cependant, et mis sous perfusion, sous la forme «d´appareil du parti» avec l´apparition des apparatchiks. David Rousset, écrit à propos du FLN dans France Observateur de novembre 1964 «la difficulté majeure tient, à mon sens, à la personnalité et aux habitudes des anciens responsables du FLN. Ce sont des hommes d´appareil qui se comportent toujours comme des hommes d´appareil, qui manoeuvrent dans le cadre étroit de l´appareil et dont l´objectif immédiat est toujours un compromis de sommet pour le pouvoir», cité par Ramdane Redjala (in «L´opposition en Algérie depuis 1962» Editions Rahma 1991). En 2004, quarante ans après, cette analyse se vérifie à travers le spectacle que donnent les hommes du FLN dont l´unanimisme de façade cache mal les luttes sévères pour l´accès au premier cercle du pouvoir. Dans son essence mouvement de libération, le FLN ne pouvait en fait se transformer en parti politique avec tout ce que cela sous-entendait. En réalité, ce parti était une vue de l´esprit du fait même qu´il était fondé sur les liens familiaux, de clientèle ou régionaux. Selon l´historien Mohamed Harbi, le FLN «n´avait pas d´existence propre en dehors de l´ALN. Les noyaux armés ont existé préalablement à toute organisation politique. Ce sont eux qui ont créé les réseaux urbains, nommé les responsables syndicaux, organisé les masses. Les wilayas concentrent entre leurs mains toutes les activités de la révolution», (M.Harbi, «Le FLN mirage et réalité» Editions Jeune Afrique 1980). Le FLN est en fait une coquille vide dont l´aura du sigle donna à toute une faune d´accéder aux postes du pouvoir. D´ailleurs, la manière avec laquelle a été étouffée la tentative de l´équipe d´Ali Benflis de couper les liens ombilicaux du vieux parti avec le système, est significative du fait que ceux qui exercent le pouvoir - dont la légitimité reposait sur ce parti historique - n´étaient pas prêts à lâcher la poule aux oeufs d´or s´accrochant à des concepts politiques qui ont fait leur temps. En fait, l´arrêt du Conseil d´Etat invalidant le 8e congrès du FLN, notamment l´annulation des nouveaux statuts qui remettaient en cause la mainmise du système sur le parti, a sonné le glas d´une formation politique dont l´existence se justifiait du seul fait qu´elle constituait le sésame du pouvoir. Les «péripéties» qui marquent les préparatifs du 8e congrès-bis du FLN, ajoutées à l´imbroglio induit par le jugement du Conseil d´Etat, indiquent à quel point le FLN n´est pas un parti politique commun. Mais le FLN était-il bien un parti politique? Des éléments de réponse sont donnés par un ancien ministre - bien introduit dans l´entourage du système et connaissant les moeurs de ceux qui gravitent autour du FLN - qui souligne sans ambages qu´«aucun responsable sauf le responsable du secrétariat permanent ne pensait appartenir à un parti organiquement structuré de la base au sommet». Ce qui intéressait ces responsables, ajoutait le même «c´était d´être auprès du chef, d´avoir un rang protocolairement plus fort que celui des autres, des avantages relativement plus substantiels et des moyens certainement plus convaincants vis-à-vis des autres secteurs de l´Etat» (cf. Kamel Bouchama «Le FLN, instrument et alibi du pouvoir:1962-1992» Editions Dahlab 1992). Dès lors, il n´existait pas chez ceux-là mêmes se réclamant du FLN le concept partisan qui fait agir le militant pour défendre des idées, un programme politique, un projet de société. Aussi, le FLN a-t-il très tôt été perçu comme un marchepied vers le pouvoir et uniquement cela. Ce qui est devenu encore plus vrai lors du 5e congrès du FLN qui ferma les portes de l´accès au pouvoir, ou seulement aux hautes fonctions de l´Etat, à tous ceux ne disposant pas de la carte du parti, cela en application de l´article 120 des nouveaux statuts, devenu fameux par le fait d´avoir quasiment éliminé les élites du pays de toute fonction de responsabilité, ouvrant ainsi la voie à un exil massif des intellectuels. Aussi, la crise actuelle que traverse le parti FLN est-elle directement induite par la volonté de maintenir le FLN dans le cadre étroit de passage obligé vers le pouvoir. En fait, le FLN tel qu´il est configuré empêche toute alternance de pouvoir ainsi que la nécessaire clarification au fonctionnement politique du pays et à la construction de la démocratie.

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