SUITE À LA NON-ATTRIBUTION DE L’OLIVIER D’OR
La décision a été contestée
Suite aux déclarations du président du jury, Mohamed Ifticène, sur l´absence de qualité artistique au 11e Festival amazigh qui a eu lieu à Azeffoun, je tiens à dénoncer en tant qu´auteur-réalisateur et président de l´Association «A nous les écrans», l´attitude exagérée et arbitraire de «certains membres» de ce jury qui ont refusé de décerner le Grand Prix à un Festival national qui tient dans ses bras sa 11e édition et cela malgré toutes les difficultés qu´il rencontre sur le terrain et en l´absence d´une production amazighe constante.
De même qu´on ne peut pas concevoir le Festival de Cannes sans la Palme d´or, le Festival de Carthage sans le Tanit d´or, le Fespaco sans l´Etalon d´or, on ne peut pas concevoir le Festival amazigh sans l´Olivier d´or. En décidant de ne pas accorder l´Olivier d´or, ce jury a surtout «porté atteinte» à une manifestation cinématographique nationale, qui a réussi à porter sa voix hors de nos frontières, offrant ainsi une image dévalorisante de notre cinéma national en présence de nos invités étrangers.
En déclarant que le niveau des oeuvres n´était pas requis pour accorder le prix, il porte aussi atteinte «indirectement» au travail honorable de la commission de visionnage qui s´est efforcée de choisir les oeuvres présentées durant ce festival. Connaissant très bien le milieu cinématographique local et la méthode de choix et de distribution des prix, pour avoir fait partie déjà d´un jury du Festival amazighe en 2005 et d´un jury aux Fennecs d´or en 2006, j´ai toujours refusé de critiquer le verdict d´un jury, le considérant comme souverain.
Mais devant cet état de fait, il était urgent de dénoncer l´attitude arbitraire de «certains membres» du jury du 11e Festival amazigh, qui règlent plus leurs comptes avec des réalisateurs et des institutions que de juger réellement la qualité de l´oeuvre. Il est important de dénoncer (pour une fois) et avec véhémence, cette décision et de marquer un holà contre ces pratiques non professionnelles qui n´honorent ni la profession ni le cinéma algérien.
S´agissant de mon documentaire Paroles d´un prisonnier français de l´ALN, qui a reçu un accueil formidable de la part de la population d´Azeffoun, des professionnels nationaux et étrangers et qui a été largement salué par les médias, n´a pas besoin de l´avis «sélectif» de ce jury pour connaître sa place et sa valeur artistique.
Sa sélection dans trois grands festivals internationaux et sa programmation future dans d´autres rendez-vous mondiaux sont les meilleurs juges de sa qualité et de sa valeur. Je tiens enfin à saluer le travail admirable du commissaire du Festival amazigh, Hachemi Assad, et tout son staff, qui ont déployé des efforts surhumains pour que cette manifestation soit réussie.
Il est donc important de soutenir leurs efforts pour la formation des jeunes cinéastes de demain et la valorisation du cinéma amazigh du présent.

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