SMAIN AMEZIANE
«C'est l'un des plus grands salons au monde»

Rencontré vendredi dernier, à la veille de la clôture du Salon international du livre d'Alger, Smain Ameziane, commissaire du Sila, fait le bilan de la 16e édition aux lecteurs de L'Expression.
L'Expression: Nous sommes à la veille de la clôture de la 16e édition du Salon international du livre d'Alger dont vous êtes commissaire, un événement qui a tout l'air d'avoir été une réussite à tous points de vue. Que vous inspire un tel succès?
Smain Ameziane: Cette grande réussite a été préparée. On ne peut pas réussir un tel événement, comme ça, dans l'improvisation. Le travail a commencé au moins une année à l'avance avec l'aide de la ministre de la Culture, qui a été tout le temps présente avec nous en plus d'un groupe de travail constitué de plus de cent personnes. On a essayé de ne pas négliger les détails. On a pris en considération toutes les lacunes des éditions précédentes pour améliorer les choses. Comme vous pouvez le constater, tout se passe bien. Le public a répondu présent.
Avec ces réussites, quelle peut-être la place de ce salon dans le monde?
Le Salon du livre d'Alger est devenu l'un des salons les plus importants dans le monde et le plus important du Monde arabe.
Quels sont les critères sur lesquels vous vous basez pour avancer cette information?
Il y a d'abord le nombre de pays qui y prennent part. Vous avez trente-quatre pays qui participent au Sila de cette année. Le Salon de Paris n'a pas trente-quatre pays. Les autres critères, c'est le nombre d'exposants et le nombre de visiteurs. Ce sont là les paramètres qui font qu'un salon est réussi ou pas. A titre d'exemple, comparativement à d'autres salons, nous, nous sommes à plus d'un million de visiteurs par édition alors que le Salon de Paris enregistre autour de 350.000 visiteurs. Vous voyez un peu ce que donne la comparaison en nombre de visiteurs. Ce sont ces paramètres qui font la réussite d'un salon et qui le situent sur la scène internationale.
Comment expliquez-vous cette affluence extraordinaire sur le livre au moment où l'on parle de plus en plus du recul de la lecture dans notre pays?
La tragédie nationale, ce n'est pas un vain mot. Il y a eu une coupure dans les habitudes. Les gens fréquentent de moins en moins les librairies. Ce salon, c'est une mégalibrairie. L'avantage que le lecteur peut trouver ici, c'est qu'il y a la majorité des éditeurs du Monde arabe, les grands éditeurs occidentaux comme Hachette, Gallimard, Larousse, etc. qui sont présents. Ce salon offre un éventail très large pour les lecteurs. Ces derniers, une fois ici, ont vraiment le choix des ouvrages qu'ils cherchent. Les gens profitent de ce salon pour acheter les livres à lire pour toute l'année. Il ne faut pas non plus oublier qu'il y a des remises sur les prix de vente.
Vous avez sans doute discuté avec les éditeurs étrangers au sujet du déroulement du salon. Ont-ils également été impressionnés par le succès du Sila 2011?
J'aurais aimé que ce soit eux directement qui le fassent parce que moi, évidemment, je vais vous dire l'écho que j'ai, c'est qu'ils sont ravis dans leur totalité. Il n' y a pas eu de couacs. Au niveau de l'organisation, les choses ont été parfaites. Les travailleurs de l'administration douanière ont répondu présent. Ils ont travaillé jour et nuit pour que tous les ouvrages des exposants étrangers soient ici présents une semaine avant l'ouverture du salon. Il n' y a eu vraiment aucun problème à ce niveau-là. Les éditeurs étrangers ont été ravis, en arrivant, de trouver leurs ouvrages déposés dans leurs stands. Le fait qu'il y ait une telle affluence, les exposants étrangers le constatent et ils remarquent aussi que le public algérien est constitué de connaisseurs. Quand je dis que c'est le plus grand Salon du livre dans le Monde arabe, j'en veux pour preuve le fait que les éditeurs étrangers vendent entre 80% et 100% de leur production. Nous avons un public fabuleux, nous sommes là en plein milieu du salon, vous voyez bien. Il y a des familles, des enfants. Le public est merveilleux. Que demande un éditeur étranger quand il vient ici? Chaque année, les éditeurs étrangers veulent doubler leur espace. A titre d'exemple, Hachette qui était à 200 mètres carrés l'année passée, est à 400 mètres carrés actuellement et il pense avoir plus de superficie l'année prochaine. C'est l'un des rares salons où l'on achète un stand aussi important. Vous avez Gallimard en face, et comme vous pouvez le constater également, c'est l'un des rares salons où les éditeurs investissent dans l'aménagement des stands et le design.

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