DONOMA DE DJINN CARRÉNARD PROJETÉ AU CCF D' ALGER
Une remarquable aventure humaine
Scène du filmUne belle proposition artistique innovante et originale avec de la réflexion sur le fond et la forme, comme il se fait rarement dans le cinéma français actuellement.
Après les rencontres cinématographiques de Béjaïa où l'on a eu le privilège de le voir, Donoma, le film dans sa nouvelle version (la cinquième), a été projetée mercredi dernier au centre culturel français, le jour même de sa sortie dans les salles en France. Un heureux hasard du calendrier dont le directeur du CCf et son animateur Karim Moussaoui s'en sont félicités grandement.
Pour en parler, Salomé Blechmans, l'actrice de Donoma, film «pionnier du cinéma indépendant» selon elle, a été invité au CCF pour en parler. Donoma est un film bien particulier, a-t-elle aussi précisé en substance. Elle n'hésitera pas d'abord à souligner: «Je me suis levé ce matin avec les larmes aux yeux car cela fait deux ans et demi qu'on se bat pour faire sortir le film..» Donoma du jeune Haïtien Djinn Carrénard, lequel a tout fait lui-même (écriture /réalisation et montage), raconte l'histoire de trois femmes, une professeur de langue espagnole qui a du mal avec un élève turbulent en classe (datio), une jeune femme photographe qui pour une fois veut arrêter de prendre en photos les couples et se lance au cou du premier venu, et au final une jeune agnostique, la copine de Datio qui s'interroge sur la religion. «J'espère que pas mal de jeunes vont venir à ce type d'expérience», a estimé cette actrice de 25 ans, elle-même scénariste. «Cela prouve qu'on peut faire des films avec très peu d'argent, puisqu'il a coûté 150 euros et s'est retrouvé en sélection à Cannes». a-t-telle confié en répondant ici et là aux questions du public. Salomé résumera ainsi l'esprit du film par le souci du réalisateur de parler d'amour sous toute ses formes, amour entre un couple, l'amour passion et l'amour de dieu. «C'est un film qui à la base, pose des questions sans donner des réponses, c'est la raison pour laquelle, en fait, on ne connaît pas la suite pour chacune de ces histoires..». Filmé avec une technique spéciale, un système de floutage délibérée ou en insérant par moment les personnage dans une sorte de cadre bien distinguable à l'écran a été un choix, nous confie-t-elle du réalisateur, de sorte, explique-t-elle que la caméra soit un énième personnage complètement intégré au décor. Un rapprochement intuitif qui rappelle un peu le cinéma du réel, d'où ce sentiment d'être proche de ses comédiens et le public des personnages. La caméra serait aussi, entendons-nous, une façon de pointer du doigt le mental des personnages. Un choix qui conforterait les dires de Salomé en avouant que le film est atypique. «C'est rare qu'on s'identifie actuellement dans le cinéma français». Avec ce long métrage et toute la politique de communication qui a entouré sa sortie, il est clair que le buzz a été atteint. «Tout se fait avec de la débrouille» a-t-elle indiqué. Notons en effet, que l'équipe du film, à douze à bord d'un bus, va partir sillonner toute la France à la rencontre de son public.
Un chalenge à saluer, surtout lorsqu'on apprend que le réalisateur a décliné l'offre de sieur Luc besson. L'esprit de l'équipe est à l'opposé du star-system qui prévaut actuellement en France, a estimé la jeune comédienne.
Le film a d'abord été présenté sur internet puis montré dans des cinémas où il raconte avoir interrogé des spectateurs à la sortie pour «repenser le montage», le cas échéant. Chose faite, aujourd'hui, puisqu'un nouveau personnage y figure. Il s'agit de la psychologue de la fille qui voit des stigmates apparaître la nuit sur ses mains et ses pieds et pense faire de la lévitation. Cette derniere a arrêté ses études pour s'occuper de sa soeur atteinte de leucémie. Elle rencontre Datio dans le métro. «Le réalisateur voulait parler de spiritualité car il n'était pas très connecté à la religion il a pris parti ainsi pour la psychiatrie.
L'idée ce n'était pas de rapprocher la folie de la religion. Quand l'intellect n'est pas là, ça ouvre la porte au surnaturel, au mystique. Il y a de l'amabiguïté dans la spiritualité tout comme dans la folie.Le réalisateur voulait en effet évoquer la crise identitaire des jeunes et leur fragilité humaine..». Pour info le réalisateur est d'origine aitienne, d'où le titre Donoma qui veut dire «le jour est là en langue sioux. Fille d'un cinéaste indépendant qui était déjà venu à Alger dans les années 60 présenter un film sur l'avortement, Salomé Blechmans rêve de «changer le monde... Et je pense que le cinéma peut le faire».
Le film Donoma pourrait être un exemple pour un tas de cinéastes algériens dont le système D est devenu un moteur de vie. Le tapage médiatique sur internet depuis des mois, et notamment sur facebook, a été tel que le film possède déjà des milliers de fans en France et ailleurs qui le soutiennent et le prennent à bras le corps. Force de caractère féminin, désinvolture et un tantinet de provoc émaillé de doute existentialiste propre à notre époque en désillusion, des ingrédients sincères et intimistes qui font de ce film d'images décalées-le réalisateur est passionné de photos aussi- une réussite totale et bien touchante. Un film qui happe et engloutit l'attention par ses écarts inextricables bien émouvants... La venue de Salomé Blechmans à Alger n'a pas été veine puisqu'en plus de présenter comme un chef le film, elle a entamé un projet cinématographique avec deux cinéastes algériens dont il est encore prématuré d'en parler.

- LE PRÉSIDENT FRANÇAIS EN VISITE SURPRISE EN AFGHANISTAN
Hollande, pour un retrait «ordonné et coordonné» - GUERRE DE TRANCHÉES AU SEIN DU FLN POUR LA PRÉSIDENCE DE L'APN
Deux hommes pour un fauteuil - AGRESSION CONTRE LE PRÉSIDENT MALIEN
Trois responsables pro-putsch entendus - LES DEUX PRÉSIDENTS VONT SE RENCONTRER BIENTÔT
Bouteflika et Hollande prônent un partenariat d'exception - PROJET DE RETRAIT DE LA POLICE DES STADES
Que vise le général Hamel?







Réagir à cet article