FESTIVAL D'ORAN DU FILM ARABE: HALA SADKI, COMÉDIENNE ÉGYPTIENNE, DANS UNE CONFÉRENCE DE PRESSE
«Je refuse que mon pays ressemble à l'Iran»
Il y a un monde entre ce qu'elle dit et ce qu'elle pense«Celui qui affirme que j'ai insulté l'Algérie qu'il sorte la vidéo et nous montre les images, preuve à l'appui!»
Environ 500 policiers auraient quadrillé le populaire quartier d'Oran, la Bastille, où se trouve la salle de cinéma Saâda. Une alerte maximale suscitée par la venue de la comédienne égyptienne, membre du jury de la 5e édition du Festival d'Oran du film arabe, Hala Sadki, qui a animé une conférence de presse samedi dernier pour faire taire toute les langues pendues qui ont lancé une véritable campagne offensive sur Facebook pour la discréditer quant à sa venue en Algérie.
Le motif de ce lynchage médiatique ce sont les supposées injures qu'elle aurait proférées suite au conflit du ballon né entre l'Algérie et l'Egypte. Hala Sadki a affirmé tout de go par la négative en rejetant toute allégation mensongère sur des insultes venues de sa part contre l'Algérie. Elle réfutera l'idée selon laquelle elle serait prête à retourner demain dans son pays arguant qu'elle est une femme de courage et de défi et qu'elle peut assumer toutes les attaques.
Une telle accusation nuit, selon elle, à l'image du pays. «Ma venue à Oran, est la meilleure réponse pour faire taire ces fausses rumeurs. Je suis ici parmi mes amis, sans aucun agent de sécurité. Je n'ai pas besoin qu'on me surveille et je verrai les films dans la salle comme tout le monde.»
Et d'ajouter: «Je suis étonnée par ce remue-ménage qui n'a aucun fondement. Je suis parmi les premiers artistes à apparaître à la télé suite à ce conflit entre nos deux pays et j'ai moi-même défendu l'Algérie en disant qu'il faut dissocier ces supporters de foot qui, partout dans le monde, peuvent devenir violents et agressifs et l'ensemble du peuple algérien ou égyptien. Des gens ont fauté certes, mais mes voisins de l'ambassade d'Algérie, m'ont remerciée et invitée à leur cérémonie et m'appellent souvent pour s'enquérir de mes nouvelles. Il est évident que c'est un triste malentendu. Je n'en comprends pas les raisons. Je n'en veux pas aux jeunes qui ont monté cette campagne contre moi, car née d'une cabale assez bien fomentée qui les a induits en erreur.
Donc induits, c'est légitime qu'ils se mettent en colère contre moi. Je ne vois pas qui est derrière cette affaire. Mais celui qui affirme que Hala Sadki a insulté l'Algérie, qu'il sorte la vidéo et nous montre les images, preuve à l'appui.» Evoquant sa présence à Oran, la comédienne de, entre autres, «Hia Fawda», a assuré l'avoir trouvée «propre, belle et hospitalière» tout en revenant encore une fois sur cette polémique du ballon rond. «Si j'avais commis un affront, ce serait illogique que je vienne ici, non? S'il y avait une probabilité d'un sur un million que j'avais sorti une insulte je vous aurais donné raison.
Ce n'est qu'un match de foot, pourquoi insulter l'histoire d'un pays? Pourquoi s'entre-tuer?» Abordant la situation difficile que vit actuellement l'Egypte (plusieurs personnes continuent de tomber sous les balles de l'armée), Hala Sadki fera remarquer que son pays a besoin de notre soutien et solidarité tout comme celui des pays arabes tout en avouant que l'Algérie est déjà passée par là.
«Ce serait une honte que de laisser le sport ternir nos relations fraternelles. Mes premiers fans venaient d'Algérie pour qui j'ai une affection particulière. Croyez-moi, si j'avais fauté je l'aurais reconnu. Toutefois, je ne peux dire pardon au nom des autres car je ne représente que moi-même. Chacun sa vision des choses. Et les médias, assez pauvres chez nous, sont en partie responsables dans cette campagne de diabolisation. Nous sommes dans une guerre des médias qui fait rage.»
Sans être alarmée quant à la présence des islamistes au pouvoir, Hala Sadki comparera la situation à la Turquie en affirmant n'avoir pas peur de ces islamistes modérés mais contre les salafistes obscurantistes. «Je ne voudrais pas que mon pays ressemble à l'Iran.»
A propos de la chute de Moubarak, la plantureuse comédienne égyptienne confiera s'être sentie gênée car étant habituée à lui durant ces trente dernières années. «Je suis de nature conciliatrice. On est arrivé à un mauvais tournant. Il devait quitter le pouvoir depuis une douzaine d'années. Son discours nous a évidemment touchés. J'aurais voulu qu'il parte tout en gardant en mémoire sa belle carrière militaire. Il avait 88 ans.
Donc, il nous a fait aussi quelque part du bien à un moment donné.» Pour Hala Sadki enfin, penser au cinéma aujourd'hui est un peu inapproprié tant que les choses ne se sont pas améliorées. Mais elle espère le meilleur pour son pays, inexorablement.

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