Alger Min 17 °CMax 27 °C
34
Oran Min 17 °CMax 27 °C
34
Constantine Min 12 °CMax 27 °C
30
Adrar Min 23 °CMax 41 °C
34
Illizi Min 23 °CMax 37 °C
34
Accueil |Culture |

CLÔTURE DU PREMIER CYCLE MUSICAL DE L'AARC

Jazz flamenco pimenté

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Musique et métissageMusique et métissage

C'est Le groupe flamenco «Calle Cerezo» qui a clôturé jeudi dernier à la salle Ibn Zeydoun le cycle musical «Des racines et des airs», placé sous le thème «Andalousie, Maghreb, terres d'accueil».

Un évènement organisé par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), appelé à se renouveler au mois de février (à partir du 21 février Ndlr) prochain sous le thème «Gitans, origines». Pour cette ultime soirée, la salle Ibn Zeydoun à Ryadh el Feth affichait complet pour cette représentation de musique et de danse flamenco donnée par la troupe du guitariste Javier Cerezo. Seul bemol, pas d'ensemble indien venu du Rajastan comme mentionné dans le petit catalogue du programme;
l'attaché de communication à l'esprit rêveur de l'Aarc s'est tout simplement emmêlé les pinceaux. Pour espérer voir et apprécier des musiciens indiens, il faudra donc attendre la prochaine session musicale. L'intro se fera par une complainte signée par la voix suave de Campos et Juan Mulué sur fond de guitare acoustique. Les deux voix sont si puissantes qu'elles se passent même de micro et couvrent une salle de près de 500 personnes. Javier Cerezo est rejoint par Elito au violon, Fabricio à la clarinette, Aurélio à la contrebasse et Eduardo à la percussion.
Le spectacle devient plus vif avec la venue sur scène de la danseuse Alexandra Gonzalez qui exécute un premier tableau de danse flamenco avant de céder la place à Carlo Louis puis à Lauretta Soka.
Le public algérois adore le flamenco. Il adhère très vite au spectacle, à la danse particulièrement, qui se poursuit durant près de deux heures avec des chorégraphies, soit en solo, en duo pour finir en trio sous un air de Amor Amor. Les danseurs, à chaque tableau, changeront de tenues de scènes allant du traditionnel jusqu'au costume pantalon:veste y compris les deux danseuses. Intensité, précision du mouvement et de la mesure, les artistes ont su admirablement produire une belle prestation de flamenco où le tempo est toujours à l'honneur et constitue le coeur nodal du spectacle, entre force et sensualité.
La veille, la salle Ibn Zeydoun accueillait un autre flamboyant concert emmené par le célèbre guitariste de jazz/ flamenco, Louis Winsberg et son groupe «Marseille Marseille».
Louis Winsberg, qui a affirmé qu'il vivait désormais à Marseille se voulait l' incarnation de la mixité sociale marseillaise. Il était accompagné d'ailleurs sur ce projet par une danseuse chanteuse, Sabrina Roméro et une chanteuse bien de chez nous, la belle Mona qu'on a bien connue jadis avec, notamment la formation les Orientales. «C'est très émouvant de jouer ici. Je sais que vous êtes des mélomanes d'autant que j'ai rencontré une chanteuse algérienne à Marseille...»
Louis Winsberg démarre son show avec quelques pas de danse gitane exécutés par Sabrina Romero et Antonio el-Titi. Mona se met ensuite au luth pour interpréter un morceau du patrimoine andalou, style medh, revu par Jean-Luc Di Fraya à la batterie et Lilian Belaccini à la contrebasse. Elle subjuguera d'emblée l'assistance par ses ondulation vocales. puis place à un titre revu et corrigé qui devient Différence suivi d'une version jazzy et décalée de la Marseillaise, rien à voir aussi avec celle de Gainsbourg. Le flamenco a bien droit de cité dans ce spectacle.
La danseuse fera montre de tout son talent et savoir-faire y compris sur de la musique funk en donnant à apprécier une belle démonstration de son agilité et maîtrise rythmique. Sur scène, la musique se veut quasi expérimentale.
Les musiciens confrontent jazz, flamenco, slam et musique andalouse. Sur un fond de jazz Louis Winsberg fait du slam en déclamant un poème sur Marseille, tandis que lui répond Mouna Boutchebak dans un dialogue fusionnel émouvant.. Dans une ambiance de club de jazz, plusieurs styles se mélangent en harmonie, offrant un spectacle reflétant la diversité dans une fusion feutrée et plaisante. A la fin du concert, Mouna Boutchebak libère sa voix douce et puissante pour interpréter Bahr oua amwadj sur fond de guitare acoustique joué par Louis Winsberg, le tout rehaussé d'une touche électronique pour relever le mélange.
Le spectacle donné ce soir-là est la résultante parfaite de la rencontre de plusieurs artistes originaires du Maghreb et d'Andalousie confortant le thème du cycle musical choisi, à savoir «Andalousie, Maghreb, terres d'accueil», chose que chacun des groupes ont tenté de faire durant les trois jours de la manifestation. Ainsi, la perception de «terres d'accueil» se concrétise en mettant en valeur la capacité de la culture andalouse et maghrébine à s'adapter et à fusionner avec d'autres cultures, à l'image de la musique gnawi qui s'est teintée de couleurs sénégalaises dans «The university of gnawa», ou encore de l'andalou qui rencontre le jazz et le flamenco dans le groupe provençal «Marseille Marseille». A saluer et rééditer. Des aventures musicales bien originales car témoignant d'un métissage qui parle aux âmes et aux oreilles. De la musique du monde du temps moderne.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha
  • Envoyer par email à un ami Envoyer par email à un ami
  • Version imprimable Version imprimable