DEUX COURTS-MÉTRAGES ALGÉRIENS CETTE SEMAINE SUR FRANCE 3 ET ARTE
Quand notre cinéma s'exporte...

Khouya de Yanis Koussim et Mollement, un samedi matin de Sofia Djama seront diffusés sur les chaînes de télé françaises en attendant, un jour, sur les chaînes de télé nationales...
Un scénario qui se perd par là (Ben M'hidi de Bachir Derrais), un film qu'on croit censuré en Algérie sans donner de preuve concrète et qui suscite autour de lui autant d'attachement que de répulsion et polémiques ni queue ni tête (El Gusto de Safinz Bousbia), des films fantoches réalisés ou pas dans le cadre du cinquantième anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie, au milieu de ce tumulte anarchique qui caractérise notre environnement cinématographique en Algérie, heureusement que certains cinéastes algériens parviennent à tirer leur tête de cette mélasse, font et continuent à faire, bon gré et mal grés, des films, en Algérie, et ce bien qu'ils soient peu ou pas du tout vus dans le pays, car excepté les quelques festivals qui se comptent sur les doigts d'une seule main, et les avant-premières, ces films retournent souvent bredouilles dans les tiroirs. Boudés aussi- ils le sont par la télé - celle-ci même qui les aide parfois dans la production. Ces films ne sont, hélas, pas très connus et d'aucuns n'entendent même pas parler d'eux. Qu'à cela ne tienne! Si certains réalisateurs chevronnés sortent du lot et font immerger leur tête de ce mer de médiocrité stérile dans laquelle patauge notre culture, leurs films font les beaux jours des festivals internationaux à l'étranger et parviennent même à glaner des prix. Non déplaise à certains. Parmi eux on peut citer Yanis Kousim, auteur de plusieurs courts métrages et lauréats de nombreux prix. Son dernier film Khouya passera en soirée, le 2 février prochain, sur la Chaîne télé France 3, dans le cadre de l'émission «La nuit du court», émission spéciale dédiée à la nouvelle vague de cinéastes du Monde arabe. Pour rappel, Khouya est le récipiendaire de nombreux prix dont le plus prestigieux fut il y a deux ans à Locarno. Il a été aussi sectionné l'an dernier en compétition officielle au festival de Clermont Ferrand. Khouya a aussi obtenu le Grand prix a Corté et à Vaux en velin, Prix du public à Sao Polo, sans oublier une Mention spéciale à Besançon. Il a été en outre le coup de coeur de France Télévision en novembre 2011. Et il n'est pas le seul film qui passe sur les télés françaises. Mollement un samedi matin de Sofia Djama sera aussi diffusé le lendemain, soit le 3 février sur Arte, chaîne qui a financé en partie ce film. Un court métrage de 29 minutes qui concourt à l'heure actuelle au Festival de Clermont-Ferrand. Un film qui aborde un sujet socio-politique pourtant bien propre à notre pays. On a réellement le droit de se poser la question: pourquoi notre télévision ne passe pas nos courts métrages?. Une émission télé consacrée en ce genre de 7e très prisée par les Algériens a failli voir le jour, croit-on, l'an dernier mais ne s'est jamais concrétisée, et ce malgré tous les efforts consentis par la jeune cinéaste et journaliste Yasmine Chouikh, laquelle avait défendu mordicus ce projet, elle qui a tout fait aussi pour le festival du court métrage de Taghit avant que celui-ci mette la clé sous le paillasson, faute de sponsor, et surtout de gens viables et compétents qui croient en la culture dans ce pays. Un état de déliquescence qui témoigne de l'intérêt qu'on accorde au cinéma en Algérie, parent pauvre de la culture, a fortiori quand son financement s'apparente à une peau de chagrin. En attendant, on ne peut que souhaiter bon vent à nos films de l'autre côté de nos frontières.

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