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NABIL HAMAÏ, VIOLONISTE

«Il n'existe pas de relève en Algérie»

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Le réseau Eunic Alger a été inauguré mardi à l'Institut culturel italien par une action artistique.

L'Institut culturel italien a entamé, mardi dernier, la première action culturelle entrant dans le cadre du réseau Eunic Alger (European Union National Institutes for Culture) par une rencontre informelle avec le violoniste algérien vivant à Turin, Nabil Hamaï. Cette rencontre s'inscrit elle aussi dans le cadre d'un projet baptisé «Un pont entre les deux rives: rencontres plurielles de jeunes créateurs algériens d'Europe et d'Algérie». Pour annoncer cette manifestation, la directrice du l'Institut culturel italien à Alger, Mme Battaglia, était accompagnée de quelques représentants des Centres culturels européens membres du groupe Eunic /Alger, à savoir la Wallonie-Bruxelles, le British Council et l'Autriche. Pendant son séjour à Alger, Nabil Hamaï, 25 ans, a eu à diriger un master class à l'intention des jeunes étudiants en musique du Conservatoire d'Alger dans le but a-t-il confié, de «transmettre ce que j'ai appris». Lors de cette rencontre conviviale, il nous parlera de son aventure musicale en Italie tout en faisant le comparatif entre le monde de la musique classique en Italie et en Algérie. Ceci se traduit par plus de deux orchestres symphoniques en Italie et près de 90 violonistes là-bas contre un seul orchestre symphonique en Algérie et pas d'orchestre d'élèves, ce qui fera dire à Nabil Hamaï que «les professeurs de musique classique existent en Algérie mais pas la relève». En dépit du professionnalisme des musiciens qu'il a eu à côtoyer en Italie, notre jeune violoniste dira sa fierté de constater que beaucoup «n'arrivent pas à jouer et compter le rythme du genre andalou, «ensraf», bien que la gamme soit la même». Présent parmi l'assistance, le père de Nabil racontera le parcours de son jeune fils parmi une fratrie qui en compte douze. C'est à huit ans que Nabil entre au conservatoire d'Alger. Il fera aussi plusieurs années au conservatoire régional IRF où il sortira major de promo. C'est en étant le plus jeune membre de l'Orchestre symphonique national qu'il se fera remarquer par un maestro italien qui lui offrira sa chance d'aller poursuivre ses études en Italie, après avoir eu à perfectionner sa langue durant près de deux ans à Alger. «Pendant un an il n'avait pas de bourse, il nous a coûté les yeux de la tête...» a révélé son père tout fier de son fils et bien satisfait de s'être sacrifié pour son enfant. Et la directrice de l'Institut culturel italien de résumer pour sa part, la philosophie du réseau Eunic qui consiste à «mettre en exergue la formation et l'échange, faire des projets à long terme, avec une visibilité différente et enrichissante». Ayant monté un groupe au nom symbolique de Djazira, Nabil confie avoir déjà fusionné la musique algérienne avec les rythmes italiens. Croyant à l'adage qui dit que l'élève peut dépasser le maître, Nabil s'est par ailleurs, initié aussi à l'improvisation sur la guitare, car pour lui multiplier le jeu sur les instruments est quelque chose «de naturel pour un musicien».

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