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YOUNÈS ADLI

De Arezki L'Bachir à Si Moh Ou Mhand

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Un homme consacré au savoirUn homme consacré au savoir

Il a fondé l'un des premiers journaux indépendants en Algérie, Le pays-Tamurt, qu'il a dirigé pendant longtemps. Puis, il s'est mis à l'écriture.

Younès Adli est docteur en langues, littératures et sociétés après avoir soutenu une thèse à l'Institut des civilisations et cultures orientales de Paris, Inalco. C'est un homme qui se consacre depuis des années, pour ne pas dire depuis toujours, au savoir au sens large. Il a fondé l'un des premiers journaux indépendants en Algérie, Le pays-Tamurt, qu'il a dirigé pendant longtemps. Puis, il s'est mis à l'écriture. Mais il a enseigné aussi au département de langue et culture amazighes de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou où les étudiants gardent de lui l'image d'un enseignant qui maîtrise ses sujets et, doté d'un sens incontestable de la pédagogie. Ces derniers temps, Younès Adli est exclu de toutes les activités culturelles organisées par l'Etat pour des raisons obscures. Peut-être, par ce qu'il est compétent... Younès Adli, l'écrivain, s'éclipse souvent, pour une longue période car écrire, nécessite du temps, de la patience et de la passion. De la compétence aussi. Et Younès Adli a la chance de réunir toutes ces qualités qui lui permettent aujourd'hui de figurer parmi les écrivains amazighs les plus en vue sur la place littéraire. Par écrivain amazigh, il faut comprendre les auteurs dont les centres d'intérêt sont les questions inhérentes à la culture et à la langue berbères. A la Kabylie aussi. Ainsi, il suffit de citer les titres des livres écrits par Younès Adli pour avoir une idée de ce que écrivain amazigh veut dire. Younès Adli a en effet publié: «Arezki L'bachir, Histoire d'honneur», «Si Mohand Ou Mhand, errance et révolte», «La pensée kabyle»... Depuis 2000, Younès Adli consacre le plus clair de son temps à l'écriture. Et il s'adonne à plusieurs genres dont le roman, l'essai, la traduction poétique et la recherche universitaire. Pour écrire, il y a mille et un sujets mais celui qui siérait le mieux à un auteur est sans doute celui qui lui permettrait d'écrire avec passion. Younès Adli a donc opté pour un premier thème, celui du parcours d'un bandit d'honneur célèbre dans la région de Kabylie, Arezki L'Bachir. Tout au long des 200 pages de son livre, Younès Adli revient sur la vie et le combat de cet homme hors du commun. Younès Adli, en racontant Arezki Lbachir, a romancé son récit qui est également historique. Cet homme au destin révolté est né à Aït Bouhouni, dans la région d'Azazga, en 1857, année de la pénétration du corps expéditionnaire français dans le massif kabyle. Heurté par les exactions des forestiers qui régnaient en maîtres sur toutes les régions boisées et broussailleuses du pays, encouragés en cela par un régime civil promoteur de la colonisation de peuplement, Arezki Lbachir avait assis sa réputation dans une logique de résistance. «Résistance, souligne Younès Adli, aux dépossessions massives de terres et de biens, à l'imposition accablante et à la désagrégation de son milieu qui reposait sur une organisation séculaire aux lois garantes de l'égalité, de la liberté et de la protection de la personne humaine.» Younès Adli rappelle que Arezki Lbachir avait mené un combat déterminé contre l'administration et ses alliés concussionnaires parmi les caïds, les amins et tous les agents auxiliaires, un combat qui allait aboutir à une insurrection organisée, n'était la différence des moyens de guerre déployés. A travers de nombreux chapitres de son livre, Younès Adli revient sur le diktat des agents forestiers, le justicier Arezki, ses relations avec les Européens et sur les attaques dont celle de Tabarourt. Le lecteur pourra découvrir d'autres personnages contemporains d'Arezki Lbachir ainsi que leurs photographies, à l'instar de Amara n'Mohamed Ouboudjemâa, Mohand Said Nait Said, Mohamed Amokrane, Mohand Ouyidir, El Hadj Ali Oukarri, Ahmed N'Amar Outahar, Ali N'Mohand Oussaid, Ali Oulhadj Ahmed Nait Abdesselem et le célèbre Mohand Said Abdoun. Younès Adli a poursuit sa quête des origines en s'intéressant à une autre célébrité mais un poète, cette fois-ci, et non des moindres: Si Mohand Ou Mhand. Ainsi, après Saïd Boulifa, Mouloud Feraoun et Mouloud Mammeri, Younès Adli s'est penché avec abnégation sur ce poète errant qui a imprégné beaucoup d'auteurs de la région de Kabylie, depuis Boulifa. En mai 2001, le livre de Younès Adli est publié aux éditions Edif 2000, en Algérie et chez Paris Méditerranée en France. Et en peu de temps, l'ouvrage est épuisé. Aujourd'hui, pour avoir accès à cet ouvrage précieux, il faut le chercher dans les bibliothèques en attendant qu'il soit réédité. Younès Adli présente Si Mohand Ou Mhand à sa manière en le qualifiant de grand poète de l'errance, de la révolte ainsi que de l'amour. Sur soixante-quinze pages, Younès Adli narre d'abord la vie et le parcours de Si Mohand avant de se livrer à l'art si ardu de la traduction du kabyle vers le français des poèmes du barde que l'auteur a récolté un peu partout en allant sur leurs traces. Younès Adli souligne: «La révolte de Si Mohand fut indomptable, portée par une errance interminable qui lui permit de constater les désastres que subissait son pays. Par le pouvoir des mots, il tissa une poésie-vérité, à la symbolique fortement ancrée dans la tradition et les pulsations de son milieu, qui lui permettait de défier les coups portés par le conquérant.» L'écrivain Younès Adli n'omet pas de rappeler également que bien que transmise par la tradition orale, la poésie de Si Moh Ou Mhand est restée extrêmement vivante en Kabylie, de même que le souvenir de sa grande joute oratoire avec l'autre figure emblématique de la résistance kabyle, Cheikh Mohand Ou Lhocine. Le livre sur Si Mohand Ou Mhand, proposé par Younès Adli, présente au lecteur une centaine de poèmes inédits, donnés à lire en berbère et en traduction française. Avec une honnêteté intellectuelle rare, Younès Adli cite les noms des personnes qui lui ont transmis les poèmes inédits de Si Mohand Ou Mhand, à savoir: Ait Ahmed Djaffar, Belkacem Hadj Tahar (dit Chaâra), Djabellah Ahmed, Haddadi Tahar, Nadi Mohand-Larbi, Yesli Hadj Mohand et diverses sources féminines ayant préféré garder l'anonymat.

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