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OUVERTURE DU 8E FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE ET DU LIVRE DE JEUNESSE (FELIV)

Hommage à Assia Djebar

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Une auteure universelleUne auteure universelle

La 8e édition du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv) qui se tient jusqu'au 29 juillet, s'est ouverte jeudi dans le faste.

D'abord à la station du métro d'El Harrach (Alger) par le vernissage d'une exposition-photos d'écrivains algériens. Intitulée «Regards croisés sur la littérature algérienne», l'exposition présente des portraits d'une quarantaine d'auteurs algériens immortalisés par l'objectif du talentueux Kais Djilali et appuyés de textes de Khadidja Chouit. Cette exposition est également visible dans six stations de métro qui abriteront également des ateliers de dessin mais aussi au niveau de l'esplanade de Riad El Feth où se déroulera l'essentiel de l'évènement dédié au livre de jeunesse entre rencontres, cafés littéraires et concerts. La cérémonie d'inauguration a été marquée par la présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, du ministre des Transports, Boudjemaâ Talai, de la ministre de la Solidarité nationale Mounia Meslem et des conseillers à la présidence de la République Mohamed Ali Boughazi et Saâdeddine Nouiouat. Pour cette année, le Feliv a initié un nouvel espace de rencontre, le «Café littéraire», où le public est convié tous les jours à aller à la rencontre des écrivains invités, ainsi que des rencontres et ateliers dans les communes de Rouiba, El Harrach et Cherchell (Tipasa) en plus des nombreuses rencontres littéraires prévues à Alger autour des thèmes de «l'exil» et du «retour». Ces rencontres débuteront chaque jour à partir de 17h. Aussi, autre nouveauté, le commissaire du Féliv Azzedine Guerfi a annoncé la publication d'un ouvrage regroupant les textes des nouvellistes ayant déjà participé aux concours des éditions précédentes. Cet ouvrage publié sous l'égide du ministère de la Culture est intitulé «Jeunes écritures.» Comme chaque année le Feliv propose des spectacles pour enfants en plus d'un riche programme musical. Il compte en cette 8e édition Ali Amrane, Amel Zen, Anis Benhallak ainsi qu'un spectacle châabi-flamenco animé par «P'tit Moh» et Juan Carmona.
L'ouverture du 8e Feliv a surtout été l'occasion de rendre un hommage jeudi à la grande Assia Djebar disparue le 6 février dernier. C'est Ahmed Bédjaoui qui présentera Assia Djebar en évoquant son parcours de cinéaste qui a connu entre 1976 et 1984 la réalisation de deux films dont il a été le producteur à savoir La nouba des femmes du mont Chenoua et la Zerda ou les chants de l'oubli. Il évoquera son «édit contrarié» de poursuivre cette carrière au cinéma puisque personne n'a voulu de ses autres scénarios. Un passage au cinéma où le verbe est devenu action à l'époque où des écrivains ne voulaient plus continuer à écrire en français. «Une femme blessée» a fait remarquer aussi M. Bédjaoui qui évoquera le fait qu'elle fut traitée à l'époque par Mustapha Lacheraf de «bourgeoise» elle, qui avait des amis communistes et avait fait des femmes, de l'histoire du pays et sa mémoire, son cheval de bataille au coeur de son militantisme au quotidien. Aussi, le parcours de l'académicienne et romancière algérienne d'expression française a, quant à lui, été évoqué par des universitaires algériens et étrangers. En préambule, l'universitaire tunisienne Nadjiba Regaieg, enseignante à la faculté des sciences humaines de Sousse qui qualifiera d'emblée Assia Djebar de mère spirituelle l'ayant accompagné durant 16 ans de recherche a dû raccourcir sa communication, n'ayant qu'un quart d'heure de timing, cette dernière a choisi comme angle d'attaque l'analyse de l'écriture d'Assia Djebar à l'ombre de la mort.Elle dira avoir une résonance avec les images projetées, les voix des femmes et leur chuchotement étant en effet une belle claque contre l'oubli et un moyen de marquer sa présence dans le futur comme des traces qui viennent du ciel et pour toujours. Pour la présidente de l'association «Le cercle des amis d'Assia Djebar» créée il y a dix ans, Amel Chaouati a, quant à elle, mis en avant sa lecture personnelle et celle des membres du cercle de l'oeuvre de la romancière. «L'écriture d'Assia Djebar liée à l'histoire de l'Algérie est un puits dans lequel on peut puiser un certaine réflexion illimitée autour de l'identité algérienne.» L'oratrice fera part de l'ouvrage réédité chez Sédia qui porte sur la littérature de l'auteure originaire de Cherchell. Le militantisme de l'écrivaine et sa lutte permanente pour les droits de la femme, dont le roman Loin de Médine reste le symbole, ont largement été évoqués par les intervenants au même titre que son dernier roman Nulle part dans la maison de mon père, un récit autobiographique paru en 2007. Pour Jean Rouo prix Goncourt en 1990, il sera question d'Assia Djebar et sa relation avec l'Académie française, considérée selon lui comme le sursaut qui l'a conduite à outrepasser sa souffrance de sa non-reconnaissance par l'Algérie en entrant dans le territoire de la langue française.

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