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FARÈS KADER AFFAK COMÉDIEN ET INITIATEUR DU CAFÉ LITTÉRAIRE LE SOUS-MARIN

"La culture est un bien commun..."

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«Aux artistes de gérer l'espace»«Aux artistes de gérer l'espace»

Comédien et initiateur du projet Le Café littéraire, Le Sous-marin, notre interlocuteur a accepté de répondre rapidement à nos questions, entre deux réglages de sono, samedi dernier. Car il faut noter que le dernier jour de l'exposition de El Moustach, Intaj wa intajiaa d'El Moustach, a drainé beaucoup de monde et de nombreux artistes se sont produits durant cette après-midi bien folle. Superbe ambiance qu'a connue cette après-midi, entre déclamation, poético-rebelle et musique endiablée avec comme mot d'ordre la liberté de ton et de pensée. De Mustapha Benfodil qui a lu un extrait intimiste de son dernier roman, Body Writing, à paraître prochainement, à Farid Diaz (MBS), en passant par le groupe Zedma ou encore le rappeur en tamazight Meziane Abane pour ne citer que ceux-là, la journée fut riche en émotions, en rythmes et en décibels. On ne peut que féliciter ces artistes et dire la bienvenue vraiment pour ce nouvel espace culturel qui, on l'espère, redonnera un souffle nouveau qui fouette la culture algérienne. Un espace dont le maître-mot est le partage et la solidarité citoyenne. D'ailleurs, un appel est toujours lancé pour soutenir le projet afin de venir à bout à la salle de projection toujours en chantier. Kader Farès Affak nous explique un peu le pourquoi et le comment de cette belle aventure artistico-culturelle.

L'Expression: Nous sommes dans Le Café littéraire Le Sous-marin, mis à pied grâce entre autres à l'aide financière de pas mal de gens. Un exploit. Un mot là-dessus. Combien de temps il aura fallu pour le mettre sur pied et pourquoi d'abord?
Kader Farès Afak:
Le projet a germé après une conférence qu'on avait organisée il y a de cela quatre mois environ et dont le thème portait justement sur «Les lieux et les cultures alternatives.» En parlant de cela on s'est mis dans l'idée de chercher un lieu alternatif. Donc cela a été cet espace. Au fur et à mesure que le temps passait on se confrontait aux obstacles car il n'y avait pas de fond, pas d'argent. Mais comme c'était un projet citoyen, on s'est dit qu'on allait faire appel aux citoyens. Le premier appel a été lancé il y a six mois. J'ai créé une page sur Facebook. Et petit à petit les gens venaient, donner de leur temps, de leur argent. Il y a aussi des gens qui ont offert de l'argent. Des gens sont venus travailler. La partie galerie a mis deux mois et demi pour être montée. Le projet c'est le Café littéraire avec son espace galerie d'exposition et une salle de projection de films, mais aussi animer des conférences et autres ateliers.

Qui est encore à l'état de chantier...
Effectivement qui est en cours et pas encore achevé. On attendra un peu. Ça ne va pas être facile. Ça demandera encore plus de fonds. Ça prendra aussi plus de temps pour le faire et on y arrivera. J'espère qu'avec les donations des gens aussi on le fera.

Comment cela va se passer pour la programmation et la gestion de cet espace?
La culture pour moi est un bien commun. Il s'agit de donner la possibilité à l'artiste d'occuper un espace. Si les gens veulent exposer qu'ils viennent. On s'entendra ensemble sur une date. Si c'est une expo d'arts plastiques rien n'empêche les musiciens d'aller jouer de la musique aussi. Justement, l'artiste doit prendre possession d'un espace. En l'occurrence, le sous- marin. Que cela devienne son espace d'expression libre.

La salle de cinéma sera gérée par qui?
Par les artistes eux-mêmes. S'ils ont un film à montrer, qu'ils viennent. Je suis l'initiateur du projet certes, mais il n'y a pas de directeur artistique. Pour moi, la seule ligne directrice qu'il ne faut pas franchir est la diffamation et l'injure. Pour le reste tous les gens peuvent venir présenter leurs projets. Il s'agit de permettre à tout le monde d'exposer ses oeuvres, d'être critique. On peut ne pas partager le fond de l'oeuvre, mais rien ne permet d'interdire sa diffusion.

Le choix d'El Moustach pour l'inauguration de cet espace?
C'était tout a fait normal qu'on choisisse El Moustach car l'idée était le partage. La culture doit être un élément qu'on doit partager entre nous. El Moustach a commencé sa carrière en publiant sur Facebook toutes ses oeuvres sans penser aux droits d'auteur, sans penser au gain. C'était l'artiste par excellence, qui partage sa vision des choses et son savoir-faire au grand public. Le choix ne pouvait être porté sur El Moustach.

D'autant plus qu'il a une manière très particulière d'aborder le patrimoine et la culture populaire algériens...
C'est en effet à partir de toute expression populaire qu'il aborde l'actualité. En revisitant notre patrimoine culturel populaire il lui redonne cette lecture de l'événement, du moment.

Un mot peut-être sur les projets à venir?
Après cette exposition on compte organiser quelque chose pour fêter Yennayer le 12 janvier prochain. C'est justement pour marquer l'événement. Il y a une exposition de tableaux, Sarah Haydar viendra faire une lecture de son dernier roman. Il y aura aussi un couscous citoyen. On a l'habitude de fêter Yennayer, mais dans ces cercles privés. Il n'y a pas eu d'action publique pour porter cet événement à sa jute valeur. Je précise une chose pour les jeunes qui veulent exposer le deal c'est de les faire cohabiter avec des artistes qui sont connus dans le milieu lors d'une exposition collective. Cela leur permettra de faire leur promotion. On sera là pour les accompagner pour qu'ils puissent prendre leur envol et faire leur chemin tout seul. Pour les photographes, ce sera par exemple avec un photographe déjà connu notamment. Il s'agit de permettre à des générations différentes de présenter leurs travaux ensemble.

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