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OPÉRA D'ALGER

Le "baroud" de Hamid Baroudi

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Le chanteur ethno-pop Hamid Baroudi a animé, jeudi soir à Alger, un concert de musique prolifique, alliant l'authenticité du contenu à la modernité des formes, dans un voyage onirique à travers les cadences et les variations modales du Grand Sud algérien. Invitant d'entrée le public, relativement nombreux, de l'opéra d'Alger Boualem-Bessaïh à une «traversée à travers les siècles», le chanteur-guitariste a affiché un enthousiasme prenant, incitant dès le départ à l'ambiance et au surpassement de soi.Soutenu par la fusion d'une douzaine de musiciens algériens et de différentes nationalités, aux instruments traditionnels et modernes, Hamid Baroudi a enchanté l'assistance, avec une dizaine de chansons, entre anciennes tirées de ses premiers albums et nouvelles figurant dans «Back to the Groove», son prochain opus dont la sortie à l'étranger est prévue pour février 2017. Parmi les musiciens époustouflants de maîtrise et de technique et très applaudis par le public, le Marocain Rhani Krija à la batterie-percussion et le Sénégalais Pape Samory Seck à la percussion.
Le signe «protecteur» de la «Khamsa» (main jaune à deux pouces portant le dessin d'un oeil sur la paume) apparent au fond de la scène, l'artiste a entamé son spectacle avec un hommage rendu au légendaire mélodiste disparu, Mahboub Bati (1919-2000) en reprenant «El Bareh», une de ses nombreuses chansons, qu'il a écrite et composée pour le regretté El Hachemi Guerouabi (1938-2006). Dans une ambiance survoltée, le chanteur, à la musicalité saisissante et à la voix planante dotée d'une large tessiture, a ensuite étalé durant plus de deux heures de temps, les pièces, «Sidi», «Fatima», «Hakmet Lakdar», «Waâlach», «El Wahli», «Jouala», «Esperanza», «Caravan to Bagdad», «Koulili» et «Ya Moulana».
Le rendu de l'artiste dénotait d'un travail de recherche approfondi mené sur des compositions bien conçues, marquées par des cadences binaires et ternaires, à l'instar du gnaoui et du tindi, et des variations modales aux consonances autochtones.
L'interprète, en parfait narrateur, s'est également investi dans des échanges intéressants avec le public, ponctuant chaque pièce par de larges interventions dans lesquelles la sagesse des aînés, l'immensité du désert algérien et les atavismes ancestraux furent et demeurent encore pour lui, a-t-il expliqué, «une source d'inspiration intarissable». Le public, parmi lequel le ministre de la Culture Azeddine Mihoubi et le directeur de l'opéra d'Alger Noureddine Saoudi, a savouré chaque moment du récital dans la délectation, applaudissant longtemps Hamid Baroudi et ses musiciens. Né en 1960 à Tiaret, Hamid Baroudi part à 19 ans en Allemagne où il poursuit une formation de cinéaste et obtient son diplôme à l'université de Cassel (entre Hanovre et Francfort). Passionné par la musique, il fonde en 1981 le groupe «Dissidenten» et devient le soliste du groupe qui partira en tournée aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique latine, en Finlande et partout en Europe, avant de signer avec un grand label américain et se produire en 1988 au Central Park à New York. Au début des années 1990, une fois l'aventure «Dissidenten» terminée, Hamid Baroudi perfectionne le genre ethno-pop, trempé dans le raï, le châabi, le gnaoui et le tindi et se frotte à de grands noms de la musique à l'instar de Peter Gabriel, les Gipsy King et Mory Kanté.
L'artiste a déclaré que son nouvel album ««Back to the Groove'', attend d'être produit en Algérie».

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