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SARAH LAYSSAC SACI, COMÉDIENNE, À L'EXPRESSION

"Je me devais d'accepter ce rôle engagé"

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C'est une femme tellement intéressante...C'est une femme tellement intéressante...

Nous l'avions remarquée dans le film de Rayhana A mon âge je me cache encore pour fumer où elle crève l'écran. Du théâtre en passant par la musique il n'y a qu'un pas pour arriver au cinéma. Un pas que notre jeune comédienne algéro-française a su franchir, non sans passer par plusieurs étapes dans sa carrière pour se réaliser et réaliser enfin que le cinéma est ce qu'elle veut faire réellement dans la vie.

L'Expression: Vous avez joué récemment dans le film de Rayhana A mon âge je me cache encore pour fumer où vous campez un rôle bien délicat, à savoir une femme victime d'agression par des islamistes durant la décennie noire. Tout d'abord comment avez -vous appréhendé ce rôle?
Sarah Layssac Saci:
Rayhana m'a connue par le biais du réalisateur Yanis Koussim, j'avais auparavant travaillé avec lui, j'incarnais l'un des rôles principaux de son long métrage Alger By Night. Nous nous sommes vues avec Rayhana, et le feeling est de suite passé. C'est une femme tellement intéressante et profonde que déjà j'ai eu instantanément envie de travailler avec elle. A la lecture du scénario, j'ai été complètement emballée, je ne connaissais pourtant pas la pièce, mais cette histoire si bien ficelée de toutes ces femmes qui parlent de tant de thèmes à la fois, je ne pouvais pas passer à côté de cela. Pour ce qui concerne le personnage de Nadia que j'incarne, c'est ce genre de femmes fortes que tout le monde admire, une femme qui assume dans son corps et son être, j'ai eu envie de l'honorer au maximum! et quand j'ai su que Nadia était en fait Rayhana plus jeune, j'ai accepté de suite.

N'aviez-vous pas eu peur d'interpréter ce personnage d'autant que de nombreuses comédiennes algériennes, vous l'avez appris, ont refusé de jouer dans ce film qui se passe d'ailleurs pour la majeure partie dans un hammam?
Peur? Oui on a peur parce que c'est un film qui dénonce, c'est un film sans filtre, on dit les choses sans passer par quatre chemins. Certaines actrices algériennes n'ont pas accepté de jouer dans le film par peur des représailles, et je les comprends à 100%! Rayhana en parle sans arrêt, c'est très important d'en parler. Dans certains pays, il est difficile de choisir de jouer des rôles engagés, c'est un risque à prendre. Rien que pour cela, je me devais d'accepter ce rôle dans ce film engagé.

On croit savoir que vous avez été d'abord chanteuse et de métal en plus avant de passer au cinéma. Comment s'est passée la transition?
En fait, j'ai d'abord commencé par le théâtre, c'est ma passion. la musique est arrivée par hasard dans ma vie, j'ai vu une annonce du groupe The Outburst, un groupe de thrash metal, qui cherchait un chanteur à cette époque, je me suis pointée à l'audition, malgré le fait qu'ils cherchaient un chanteur et pas une chanteuse, j'ai chanté en voix saturée sur du Sepultura, pour ceux qui ne connaissent pas c'est un groupe de thrash brésilien. Les gars du groupe ont, je pense, apprécié ma prestation et ils m'ont acceptée dans le groupe. Je ne sais pas ce qui m'a poussé à me présenter à cette audition, peut-être juste l'envie de trouver un terrain d'expression, j'avais plein de choses à dire et à prouver en tant que femme, et je pense que pour moi faire partie de ce monde d'hommes, parfois misogynes, du monde du métal était une forme de lutte. J'ai travaillé avec The Outburst quelques années, puis ensuite c'est le groupe Arkan (death metal oriental) qui m'a repérée pour travailler avec lui. J'ai travaillé quelques années avec lui, fait plusieurs scènes et sessions d'enregistrements. J'aimais être en contact avec le public, jouer le rôle de la chanteuse, de plus je chantais en arabe... c'est là que j'ai compris que mon envie ne se limitait pas à m'exprimer dans le cadre d'une performance artistique, mais aussi de pouvoir le faire dans la langue maternelle, l'algérien. Petit à petit j'ai été rappelée par mon premier amour, le jeu... je n'avais jamais vraiment perdu de vue ce rêve; je passais des castings, je continuais à jouer depuis tout ce temps, mais rien qui assouvissait à 100% mon désir de comédienne. Puis un jour je suis prise pour le film de Yanis Koussim, je pars en Algérie et je tourne dans mon premier vrai film, et en algérois! Là, je comprends que ma vie est là, je suis à la bonne place cette fois-ci.

Quels sont vos projets en perspective s'agissant du 7ème art et/ou votre actualité et comptez-vous poursuivre votre carrière dans le cinéma et si c'est oui, pourquoi?
Actuellement le film A mon âge je me cache encore pour fumer est en salle depuis le 26 avril. J'ai depuis, tourné avec Merzak Allouache dans Vent divin dans lequel j'interprète le rôle principal d'une femme djihadiste. J'ai hâte que cette nouvelle aventure commence!

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