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ASSOCIATION CULTURELLE LA GRANDE MAISON DE TLEMCEN

Le théâtre comme formation à l'écriture dibienne

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Le théâtre comme formation à l'écriture dibienne

«On souhaiterait organiser une tournée au niveau des théâtres régionaux avec notre pièce», nous fera remarquer Mohamed Al Amine Hafhaf, un des membres de cette association.

«Un legs qui nous parle» est une pièce imaginée, écrite et montée au sein de l'atelier de théâtre de l'Association culturelle La Grande Maison de Tlemcen. Ce projet a débuté en novembre 2015 et est en marche en vue d'organiser une tournée au niveau des théâtres régionaux, nous fera remarquer Mohamed Al Amine Hafhaf, un des membres de cette association, rencontré à Béjaïa dans le cadre du festival Color of Algeria. «On le fait dans un cadre associatif, on prend notre temps. Mais on demande juste que les théâtres nous prennent en charge» ajoute-t-il. Toutefois l'association sollicite le ministère de la Culture pour le financement du Prix littéraire Mohamed Dib et l'organisation du colloque qui prennent beaucoup d'argent. Un évènement qui se déroule tous les deux ans. La prochaine session se tiendra en 2018. En attendant, l'Association entend faire jouer sa pièce au grand bonheur des amateurs du 4e art mais aussi de la littérature dibienne. Cette pièce a pour trame quatre «gouala» qui parcourent les villes d'Algérie pour faire connaître leurs contes. Arrivés à une place publique, une foule se love autour d'eux attirée par le son du bendir. Néanmoins, les gens se dispersent dès qu'ils entament ce pourquoi ils sont venus; leur poésie. Face à ce désintéressement, une remise en question de leur choix artistique s'amorce. Remise en question qui va être perturbée à plusieurs reprises par différents événements qui surviennent sur cette place publique. Notons que «Un legs qui nous parle» est un voyage dans 60 ans d'écriture de l'auteur Mohamed Dib. «En effet, cette place publique sert à la rencontre des personnages de l'oeuvre dibienne: allant de Hamid Serradj à Lily Belle et en passant par Aïni, Hagar, Arfia, Solh et bien d'autres. Mais aussi de Mohamed Dib lui-même. La pièce faisant une place importante à la vidéo et des passages d'interviews du poète algérien y sont intégrés. Nos quatre «gouala» font office d'une matrice facultative tant les passerelles entre les livres de Mohamed Dib sont nombreuses, l'auteur disant lui-même qu'il n'a jamais eu l'impression que d'écrire qu'un seul livre. Mais ces «gouala» servent surtout à laisser s'exprimer une vision actuelle et personnelle des auteurs de la pièce, sur cette oeuvre qui a l'âge de leurs parents. Ces «gouala» se font aussi écho d'une difficulté que peuvent rencontrer toutes celles et ceux qui oeuvrent à préserver notre patrimoine culturel et à promouvoir l'art», peut-on lire dans la note d'intention du dossier de presse qui nous est parvenu. Appréciez que cette pièce qui durera 55 minutes sera interprété en langue française. Pour rappel, l'Association La Grande Maison travaille à promouvoir l'oeuvre de l'écrivain algérien d'expression française, Mohammed Dib, et par ce biais, tout l'humanisme qu'elle porte. Aussi, elle travaille à créer des espaces d'expression pour encourager la jeune écriture algérienne. Dans ces perspectives, ont été créés l'atelier d'écriture en 2002 et celui de théâtre en 2003. L'atelier de théâtre ne fonctionne pas en troupe; toute personne désireuse d'assister, de participer, d'aider ou de montrer sur scène est la bienvenue tant qu'elle fait preuve d'engagement et d'assiduité. Cela permet à tout un chacun d'avoir une expérience théâtrale, de connaître Mohammed Dib et de faire connaître Mohammed Dib, ainsi que d'autres auteurs et dramaturges. L'atelier théâtre a toujours composé ou écrit les textes qu'il défendra sur les planches. Et c'est dans cette même démarche que commencera la création d'«Un legs qui nous parle.» La rentrée 2015-2016 de l'atelier théâtre avait la particularité de voir un renouvellement complet de ses membres. Certains avaient participé aux ateliers enfants ou jeunesse de l'association, mais la majorité n'avait qu'une vague idée sur Mohamed Dib ou sur le travail de l'atelier. Il fallait donc un projet qui puisse pallier ce manque, mais aussi un projet qui puisse les fédérer à l'action globale de l'association. Il s'offrait alors aux animateurs deux interviews de Mohamed Dib: une de 1965 à la sortie de «Qui se souvient de la mer» et l'autre de 1995 suite à la parution de «Si Diable veut.» C'est à partir de ces vidéos que le projet commence. Elles seront projetées et débattues avec les nouveaux membres et on leur demandera d'en sortir les principales thématiques abordées par le romancier algérien. Puis, il a été demandé à des binômes d'étudier un livre, de l'expliquer au groupe et d'en extraire plusieurs passages qui peuvent dialoguer avec les thématiques visées. Un café littéraire a été organisé le 30 avril 2016 qui a permis aux jeunes membres de l'atelier de partager leur vision des oeuvres avec un large public. De cette première étape a découlé une importante matière qui a été harmonisée et transformée en une pièce de théâtre. D'autres oeuvres ont été étudiées mais n'ont pas trouvé leur place dans la trame finale: «Si Diable veut, «Les terrasses d'Orsol» et «Le sommeil d'Eve.» L'engagement en sein de notre association est bénévole, et les membres de l'atelier de théâtre sont tous amateurs. Mais tous ont suivi une formation interne, complétée par des stages et échanges. En plus des exercices hebdomadaires sur les techniques du comédien, le conteur Kamel Zouaoui, la metteure en scène Hedda Djaber et la comédienne Meriem Medjkane ont animé des ateliers de formation, durant la préparation de la pièce. Et un échange avec des associations de Beni Abbès a été organisé fin mars 2016. La pièce a été jouée la première fois le 22 octobre 2016, à l'auditorium du Palais de la culture de Tlemcen, devant plus de 900 personnes, lors du colloque entourant la remise du 5ème Prix littéraire Mohamed Dib. Cette première représentation a été saluée par le public qui l'a reçue avec un réel enthousiasme et surtout par les jeunes spectateurs, nous confortant dans notre démarche de vulgarisation de l'oeuvre dibienne. «Le projet «Un legs qui nous parle», plus qu'une pièce de théâtre, est la concrétisation d'une démarche, d'un engagement. Celui de défendre un patrimoine littéraire, mais aussi d'offrir un espace de création et d'expression à une jeunesse qui ne cherche qu'à construire et à se construire, et qui a tant à donner. La réussite du projet se reflète dans les yeux des spectateurs et surtout dans l'affluence record de nouveaux jeunes adhérents qu'a connu «la Grande Maison» après la première représentation» a conclu le communiqué. Une pièce à voir donc!

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