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DJAMEL ALLAM, CHANTEUR, À L'EXPRESSION

"Mon nouvel album sortira en octobre"

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Ma maladie ne m'a jamais empêché de travailler et de rêverMa maladie ne m'a jamais empêché de travailler et de rêver

C'était un homme fatigué certes, mais digne et ambitieux qui nous a reçus, avant-hier chez lui, la veille de son retour en France pour une nouvelle séance de chimiothérapie. Au nom du directeur fondateur du quotidien L'Expression, M.Ahmed Fattani et l'ensemble de l'effectif, nous lui avons rendu visite. Celui qu'on a donné, il y a quelques jours pour mort, nous a ouvert sa porte pour nous parler longuement de sa maladie, sa prise en charge, ses projets et surtout son prochain retour sur scène. Lui, c'est Djamel Allam, un mélodiste hors pair, dont l'état de santé s'est dégradé ces derniers mois. Il se soigne bien et se porte de mieux en mieux aidé en cela par une forte vague de soutien provenant de ses fans, mais aussi des autorités, de ses amis artistes. De quoi affronter facilement une maladie du pancréas.

L'Expression: Comment va notre artiste?
Djamel Allam:
D'abord je suis très content de votre visite et plus particulièrement de la part d'un de mes meilleurs amis, Si Fattani. Ça va, moralement ça va. Au début je ne voulais pas que ça se sache. J'ai un cancer du pancréas qui n'est pas facile à soigner. J'ai fait de la chimiothérapie. Je suis à ma troisième séance. Je dois retourner pour des analyses en France. Mon médecin traitant s'est montré satisfait m'informant que mon cas s'est stabilisé. Donc, on va poursuivre notre chimiothérapie par des séances qui durent trois jours et chaque séance prend trois heures. Comme j'ai vécu 40 ans en France, j'ai ma carte vitale donc je ne paie rien. Ici, je ne pouvais pas rester parce que c'est difficile de trouver les médicaments et les spécialistes pour le traitement de la pathologie. Je n'ai jamais perdu espoir, la mort est la fin de tout être humain, si cette maladie doit m'emporter. C'est mon destin, mais pour l'heure le moral est au beau fixe et j'ai beaucoup d'espoir de m'en sortir.

La nouvelle de votre hospitalisation a suscité un grand élan de solidarité, comment avez-vous apprécié ce soutien?
C'est là que je me rends compte de ma personnalité. J'ai laissé à plusieurs générations plus de 11 albums. Donc, je suis récompensé par mon travail, qui a toujours été un travail très recherché et sérieux, en plus, j'ai travaillé avec de grandes personnalités Boujemia Merzak, Safi Boutela et d'autres grands musiciens de renommée. En plus, j'ai beaucoup voyagé et là ou je voyageais je m'inspirais de l'atmosphère et de mon entourage. Il ne faut pas s'enfermer dans sa bulle car le savoir c'est la curiosité, et il ne faut pas trop parler, mais il faut écouter. Mes rencontres avec Kateb Yacine, Djamel Amrani et plusieurs autres personnes extraordinaires m'ont beaucoup appris sur la culture, le cinéma et la peinture et j'ai essayé de les utiliser le mieux possible dans mon travail. Une chose est sûre, personne ne connaît tout, c'est très important d'avoir un esprit ouvert pour continuer à apprendre plus et plus.

Les pouvoirs publics vous ont rendu visite, comment avez-vous perçu ce geste?
Le wali m'a rendu visite trois fois. Ce wali, que je trouve jeune et sympathique, a discuté de tout, la culture et la politique, il a appris à m'apprécier comme j'ai appris à l'apprécier. Quant à Azzedine Mihoubi, le ministre de la Culture, je l'appelle Azzedine car ce n'était pas une visite politique, mais une visite d'amitié parce qu'on se connaît depuis très longtemps, même à Paris il m'appelle pour prendre de mes nouvelles. J'avais les larmes aux yeux parce qu'il est venu spécialement pour moi. Et maintenant il est ministre de la Culture, tant mieux! Bah, ils m'ont proposé plusieurs fois des postes comme la direction de la Maison de la culture, mais j'ai refusé parce que je voulais toujours être libre. Ma maladie ne m'a jamais empêché de travailler et de rêver.

Vous n'avez donc pas cessé de travailler?
Oui, je suis en train de préparer un nouveau produit assez spécial. Dans ce nouvel album je reprends les poèmes de Kateb Yacine et de plusieurs autres auteurs que je vais dire avec un fond musical de ma composition. C'est une manière de rappeler nos grands auteurs à cette nouvelle génération qui a tendance à les oublier. Azzedine (ministre de la Culture) m'a informé de l'intention de son département de racheter le produit qui sortira au mois d'octobre prochain. J'espère être en forme pour être présent à la foire du livre, car le CD audio sera accompagné d'un manuscrit rédigé en langue française pour permettre aux auditeurs de lire en même temps qu'ils m'écoutent dire ces poèmes.

Vous avez fait une série de trois chimio, est-ce que vous sentez qu'il est nécessaire que les pouvoirs publics interviennent pour vous aider?
C'est difficile à expliquer parce qu'il y a plusieurs personnes anonymes, qui ont la même maladie et ils ont besoin d'aide, ce n'est pas parce que je suis connu qu'ils doivent m'aider, mais comme j'ai des besoins je ne refuserai aucune aide, sinon je ne demande rien. Je suis un citoyen comme tout le monde et il y a plusieurs personnes qui n'ont pas les moyens de se soigner, mais moi j'arrive pour l'instant à tout prendre en charge moi-même

Quel est le message que vous voulez transmettre particulièrement à vos fans dans ces moments?
C'est étonnant le nombre de coups de fil que je reçois d'un peu partout dans le monde, du Canada et de tous les pays. Et ça m'a encouragé pour tenir le coup et combattre la maladie. Il y a quelque temps, les réseaux sociaux ont propagé la nouvelle de ma mort, et là beaucoup de personnes ont manifesté des gestes de solidarité. Je dis à tous mes fans que je me soigne bien, je suis bien et bientôt je vais animer un spectacle en France et prochainement je vais sortir mon nouvel album.

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