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AVANT-PREMIÈRE À LA SALLE IBN ZEYDOUN

El-Hanachia à l'épreuve de la fiction...

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Scène du filmScène du film

Beaucoup de monde à l'avant-première du film Hanachia du cinéaste Boualem Aïssaoui, la semaine dernière. De nombreux cinéphiles, mais aussi de simples citoyens venus sans doute par amour du bon cinéma, dans une vraie salle obscure...

Il y avait aussi des ministres, celui de la Culture en l'occurrence, et c'est bien normal, mais aussi madame Benghabrit, la patronne de l'Education nationale,la ministre la plus populaire que l'Algérie ait jamais comptée dans ses gouvernements depuis l'indépendance. Etrangement, sa présence nous a rappelé feu Mustapha Lacheraf,un intellectuel que les islamistes auraient sûrement voué aux gémonies, s'ils avaient pu anticiper sa venue au ministère de l'Education nationale. Un département déjà guetté par le péril obscurantiste. Hélas pour quelque temps seulement, car, tapis dans les bas-fonds du «cosmopolitisme spécifique», les islamo-baâthistes l'attendaient au tournant. Une chose est en revanche certaine, madame Benghabrit nous a semblé contente de se trouver dans la salle de cinéma Ibn-Zeydoun de Makam-Ech-Chahid ce soir-là. Une femme simple dont le caractère trempé dans la résistance intellectuelle nous démontre chaque jour un peu plus qu'elle conduit sa mission, pardon, son sacerdoce de façon inébranlable tellement elle y croit, avec en plus l'intelligence et l'abnégation que l'Education nationale requiert du premier de ses éducateurs. Bref, madame Benghabrit était là, nous étions bougrement contents de la savoir parmi nous. Mais revenons à ce qui devait nous tenir lieu de pôle d'attraction ce soir-là, à savoir le film consacré à la sixième épouse du bey de Constantine aux environs de 1827-28: Hanachia! Une sixième épouse? El bey Ahmed devait être un homme sacrément vigoureux pour partager son énergie avec tant de femmes. En fait, dans ces régimes d'antan, collectionner autant d'épouses ne répondait pas forcément à un excès de virilité, il s'agissait d'un paramètre inclus dans la haute politique. Et c'est bien vrai, car en monarque omniscient de sa région, comme d'autres avant lui, le bey de Constantine scellait ses alliances avec les grandes tribus qu'il vassalisait, en épousant à l'occasion la fille du chef de clan qu'il convainquait de devenir son allié. Hanachia a-t-elle incarné l'exception à la règle? pas forcément! Car là encore, un péril était annoncé et le bey, comme à son habitude, s'était mis à élaborer des plans pour rallier à lui les tribus réticentes en les noyant d'objurgations, à entrer dans son jeu ou, celles qui ne lui étaient pas tout à fait acquises, à choisir leur parti. Les tribus des H'nenchas faisaient justement partie de cette quête tous azimuts. Sujet récurrent dans les moeurs ottomanes, pour apprivoiser des tribus qui refusent de se soumettre, on leur faisait miroiter des compromis. Dans le cas contraire, on les écrasait.C'est justement autour de cette problématique que Boualem Aïssaoui a fait graviter son film qui, pour mémoire, a été réalisé dans le cadre de la ville de «Constantine, capitale de la culture arabe». Personnellement, en me rendant à l'avant-première de Hanachia ou d'El-Hanachia, je ne m'attendais pas à voir se dérouler sur l'écran de la salle Ibn Zeïdoun, un péplum comme ceux dont l'Italien Dino de Laurentis s'était fait la spécialité à une époque de sa carrière ou à une mégaproduction d'un Cecil B.de Mille vantant le courage d'un David sur le Goliath palestinien ou de Billy Wilder, l'autre Khazar d'Europe centrale, converti à l'industrie cinématographique par le reportage de guerre. Ne disposant pas des mêmes budgets, Boualem Aïssaoui aura finalement réussi à satisfaire, fut-ce a minima, aux conditions exigées par les organisateurs de l'année dédiée à «la culture arabe» dans l'ancienne capitale de Massinissa. A priori, le film El Hanachia se voulait intimiste, mais sa spécificité n'allait pas manquer de nous replonger dans les profondeurs de l'histoire. Simplement, des séquences de la présence ottomane au Maghreb central, et en Algérie en particulier, ont manqué à l'appel. Comme par exemple le fait qu'El bey Ahmed était un Kouloughli de la quatrième génération et, à ce titre, était resté attaché à l'Empire des Osmanlis, oubliant du coup qu'au début du XIXe siècle, les janissaires de la Régence d'Alger qu'il connaissait pour les avoir côtoyés, avaient été expulsés de la capitale, des centaines de ces «turcs inaboutis» comme lui, les Kouloughlis, dont les deys refusaient de reconnaître l'appartenance génétique à l'Empire d'Istanbul. Kouloughli, Ahmed bey faisait par conséquent partie de ces grandes familles «algériennes» que les envahisseurs de tout poil, aimaient caresser dans le sens du poil pour les avoir à leur dévotion. Une règle datant de l'époque où dans notre grand pays, la population était devenue au fil des siècles polyglotte tant les envahisseurs venus de l'Est, redoublaient de zèle et de férocité pour nous apprivoiser. Ahmed bey n'a pas fait exception à la règle; lui aussi a buté contre le mur d'hostilité de l'autochtone qui, pendant deux mille ans, s'était toujours révolté contre l'envahisseur étranger. Simplement, à la différence de ses prédécesseurs, Ahmed bey était un opiniâtre. Usant alternativement de la carotte et du bâton dans ses rapports avec les tribus qu'il avait la charge «d'administrer» pour la levée d'impôts, il était parvenu à se concilier certaines d'entre elles pour le meilleur et sans doute aussi pour le pire, en établissant avec elles des rapports de suzeraineté moins rigides qu'avec le reste de la population. Mais seul comptait à ses yeux le serment d'allégeance qui le rattachait à la Sublime Porte malgré le péril que commencèrent à lui seriner ses agents qui, stipendiés, travaillaient à le renseigner en entretenant des réseaux parmi les marins mouillant dans les ports de Annaba ou dans l'échelle d'El-Kala, une parmi celles abandonnées par Souleymane le Magnifique au profit de François 1er au XVIe siècle. Délicate et aimante à première vue, la belle Hanachia avait d'abord séduit la mère de Ahmed bey par son éducation et la facilité qu'elle avait d'exprimer ses sentiments par la poésie. Mais elle n'était pas que cela. Eduquée par sa famille à ne jamais tourner le dos à l'adversité, elle avait appris à manier l'épée pour affronter l'ennemi. Plus d'une fois elle s'en était tirée à bon compte grâce à son courage. Caracolant à cheval comme ces jeunes femmes du Moyen âge qui ne reculaient jamais devant le danger, elle aura finalement servi de faire-valoir dans les tractations que menait Ahmed bey pour se concilier les tribus des H'nenchas sans lesquels le péril que lui avaient annoncé ses augures à partir de 1827, l'aurait balayé lui et sa cour, sans lui laisser le temps de se redéployer. Ce que le film ne nous dit pas non plus, c'est que bien avant que les envahisseurs de Badinguet, le roi Charles X, n'atteignent les environs de Constantine, Ahmed bey avait accepté de recevoir un intermédiaire qu'il avait connu pendant son séjour à Alger, le conseiller du dey Hussein en personne: Hamdane Khodja. Un Kouloughli comme lui, venu à Constantine en vue de l'amener à résipiscence et éviter ainsi le massacre d'une population qui n'avait rien à voir avec le conflit qui s'annonçait. Grandes joutes et discussions interminables autour de somptueux repas, mais le bey de Constantine ne plie pas. Certains écrits ont même rapporté plus tard que s'étant octroyé le titre de pacha, comme le portaient les premiers ottomans envoyés à Alger pour gouverner la Régence au nom de la Sublime Porte, Ahmed bey lui avoua qu'il continuera le combat envers et contre tous pour les mêmes raisons. Or, depuis Istanbul à la même période, des ordres avaient été donnés au bey de Tunis pour accueillir les janissaires de Constantine fuyant la ville des Ponts et ses environs. Une preuve qui nous rappelle qu'au moment où les boulets de canon français allaient pleuvoir sur Constantine, l'accord conclu entre François Ier et Souleymane le Magnifique au XVIe siècle vivait sa dernière manche. Et, pour en revenir au film de Boualem Aïssaoui, il aurait sûrement gagné en prestige s'il avait réduit les scènes de faste alors qu'au même moment une menace réelle planait sur Cirta, la ville de Massinissa...

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