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DALOU, BÉDÉISTE ALGÉRIENNE, À L'EXPRESSION

"ce livre c'est aussi une khalouta"

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Nous l'avons rencontrée au pavillon des éditions Dalimen où elle a dédicacé, par une belle journée ensoleillée, sa nouvelle BD éditée cette fois en solo, Kheletha tesfa. Une bande dessinée assez sympa, légère dans la forme, mais traitant souvent de sujets graves sur un ton d'humour sarcastique bien intelligent. Elle, c'est Dalou, son nom d'artiste. Elle nous en parle..


L'Expression: Pourriez-vous vous présenter d'abord?
Dalou: Je fais un doctorat en génie mécanique. Cela n'a rien à voir avec le dessin; c'est mon premier album bd en solo. Antérieurement à ce jour j'avais participé à des collectifs avec les éditions Dalimen. Il y a eu Monstres, Waratha et d'autres.

Pour 2017 vous publiez pour la première fois votre premier album en solo, intitulé Kheletha tesfa. Un mot là -dessus?
C'est une bd qui raconte les anecdotes de la vie d'une jeune étudiante algérienne. Ce sont des histoires d'amour, ça parle d'études, de mode, en passant par les réseaux sociaux, tout ce qui anime la vie d'une jeune étudiante. J'ai décidé de faire cette bd. Je voulais quelque part partager mes petites histoires avec les gens parce que je me suis dit qu'il fallait mieux en rire qu'en pleurer. Par exemple quand on se fait agresser dans la rue, les jeunes filles aujourd'hui ne peuvent pas marcher tranquillement dans la rue sans qu'elles ne soient accostées par les meilleures des façons. j'ai décidé de traiter cela avec dérision dans le sens où j'ai inversé les rôles. Et si c'était un homme qui passait et que les filles agressaient l'homme, quelle sera sa réaction? C'est ce genre de sujets que j'ai traité mais ça reste léger. J'évoque aussi les émissions télé. Comment on réagit face aux réseaux sociaux etc. Cette bd s'adresse aux jeunes. Le grand public va être constitué des jeunes de 13 ans jusqu'aux jeunes adultes. J'imagine que cela va parler aussi à d'autres personnes, puisqu'on est tous concernés par ces histoires-là. La bd est à 1000 DA. Il y a 120 pages en couleurs.

Pourquoi ce style de dessin assez puéril dans certains personnages?
C'est vrai que par moment c'est un dessin assez enfantin, parce que je cherchais un style où je pouvais dessiner rapidement et faire passer l'histoire,; et si je passais beaucoup de temps à dessiner forcément je me serai lassée du récit. Après, par moment, on peut trouver des dessins plus élaborés qui sont dans un autre style que je pratique. Les couleurs restent tout de même un peu enfantines. Certains profils ont l'apparence d'enfants, mais quelque part c'est pour dédramatiser, pour que cela soit un peu neutre comme personnage, que les gens puissent s'identifier à cette personne-là sans forcément se dire ah! non, cela ne me concerne pas! C'est un peu le principe de Tintin aussi. Il a été dessiné d'une manière assez simple pour que les gens puissent s'identifier à lui. Parfois c'est un peu plus poussé au niveau du dessin. Tout dépend des récits.

Un mot, ce titre bien singulier de la bd?
Ca vient d'une phrase qu'on dit assez souvent quand tout va mal. On se dit kheletha tesfa, autrement ça ne peut pas être pire que ça. Forcément, il n'y aura que du meilleur après. Et justement, ce livre c'est aussi une «khalouta», un mélange de plusieurs thématiques.On peut piocher dans n'importe quelle page au milieu et ce sera un récit à part entière.Pas besoin de suivre un ordre. Ce n'est pas une histoire linéaire. Absolument pas. Ce sont des récits indépendants les uns des autres avec des thématiques qui sont mélangées dedans.

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