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MOHAMED CHALLOUF, RÉALISATEUR TUNISIEN, À L'EXPRESSION

"Après 50 ans d'attente Tunis aura sa cinémathèque"

Par
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Réalisateur notamment de Tahar Chériaa, A l'ombre du baobab, mais aussi directeur artistique l'an dernier du Cinquantenaire des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), Mohamed Challouf a été l'un des invités du Colloque international d'Alger qui s'est tenu les 14 et 15 octobre à la Bibliothèque nationale d'El Hamma autour de «la mémoire des films, préserver le patrimoine cinématographique». Il nous parle ici en exclusivité de ses projets et de l'état de la cinématographie en Tunisie.

L'Expression: Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Mohamed Challouf: Je viens d'être nommé par le ministre de la Culture, conseiller artistique et responsable des relations extérieures de la cinémathèque tunisienne avec mon ami le réalisateur Hicham Benamar qui est le directeur de la cinémathèque. Cette dernière nous l'avons attendue depuis 50 ans. Elle va finalement ouvrir ses portes dans le cadre de la Cité de la culture à Tunis, le 20 mars prochain. C'est une cinémathèque qui va essayer d'être dans les normes que demande la Fiaf, la Fédération internationale des archives des films. Ça ne va pas être seulement une cinémathèque de programmation de films ou de cinéma d'auteur, mais c'est une cinémathèque qui va s'occuper de la préservation, de la restauration et de la conservation du patrimoine cinématographique tunisien et cinématographique tout court parce que le rôle d'une cinémathèque c'est avant tout de sauver le cinéma et d'ailleurs mon intervention intitulé «Ma mémoire, ta mémoire, la mémoire du monde» va dans ce sens. C'est ce que j'ai dit l'année dernière au congrès de la Fiaf. Si nos archives vont mal ce sont leurs archives qui vont mal. C'est-à-dire que nos archives n'appartiennent pas seulement à nous, ça appartient à l'humanité. Elles appartiennent à tout le monde, si elles sont mal conservées et qu'elles ne résistent pas au passage du temps, c'est toute l'humanité qui va perdre des archives. La cinémathèque tunisienne a comme stratégie de trouver des collaborations. On en a déjà trouvées après le colloque qu'on a organisé l'année dernière et qu'on avait appelé «Mémoire cinématographique en péril»...

Justement, qu'en est-il aujourd'hui après ce colloque dont vous avez été l'instigateur l'an dernier aux JCC? Quelle a été la suite des actions concrètement? Y-a t-il eu du nouveau?
Ce colloque à Alger est une deuxième occasion pour continuer cet échange, ce dialogue, ces échanges avec des partenaires de la rive nord de la Méditerranée qui ont beaucoup plus d'expérience, des moyens aussi pour préserver, je citerai la présence notamment de la cinémathèque de Bologne qui est une cinémathèque leader dans le monde entier à travers son laboratoire pour la restauration des films parce qu'elle travaille avec des fondations dont celle de Scorsese. Elle restaure des centaines de films depuis qu'elle a été inaugurée et la cinémathèque de Lisbonne qui continue à avoir même un laboratoire de tirage de copie en 35 mm et 16 mm en noir et blanc et en couleur. Ce sont des centres d'archives qui ont beaucoup d'expertise et qui ont la possibilité dans les premiers pas de la cinémathèque tunisienne par exemple et ou de la situation actuelle algérienne de donner un coup de main et nous aider à retrouver un statut de cinémathèque de promotion du cinéma et de conservation de cinéma. C'est très important dans nos pays, il n y a pas beaucoup de salles de cinéma ni d'appareil de projection. Il n' y a plus beaucoup de salles par rapport à ce qu'on avait avant en Tunisie. Il reste quelques salles à Tunis, une dans ma ville natale Sousse, une à Sfax, une à Bizerte. Il reste une dizaine ou une quinzaine de salles de cinéma en Tunisie. Ce n'est pas la même chose que dans les années 1970 ou 1980. Et un autre problème se pose aujourd'hui, ces salles ne sont plus équipées aujourd'hui par des appareils en 35 mm ou en 16 mm, mais par le DCP, le numérique etc. Si on ne restaure pas et on numérise pas notre patrimoine, c'est un patrimoine mort. Il n'y aura plus de moyens de présenter des films au public. Le rôle de la cinémathèque n'est pas seulement de conserver, mais aussi de proposer des collections au public. Si elle n'arrive pas à le faire dans ses salles officielles et à l intérieur du pays ou à l'extérieur de la Tunisie ce n'est pas bien. Un des rôles de la cinémathèque c'est aussi de promouvoir le cinéma tunisien à l'étranger. Il ne faut plus laisser ce rôle aux délégations diplomatiques car elles ne savent pas gérer. Elles ne savent pas négocier avec les cinémathèques ni mettre ensemble une manifestation cinématographie parce qu'il faut des professionnels, des experts. C'est pour cela que c'est très important que cette cinémathèque tunisienne existe depuis 50 ans.

La Tunisie est un des pionniers en matière de cinéma avec son festival les JCC. Comment cela se fait-il qu'il y ait ce retard aujourd'hui?
C'est une contradiction; quelque chose qu'on n'a pas pu résoudre depuis longtemps. On se vante d'avoir le plus ancien festival de cinéma du Monde arabe et d'Afrique, à savoir les Journées cinématographiques de Carthage mais on n'a pas de cinémathèque. Ça va ouvrir bientôt. Se vanter de cela était une malédiction à vaincre et surpasser. Avec le travail qu'on est en train de faire avec le ministère de la Culture et l'actuel ministre de la Culture et dans le cadre de la Cité de la culture qui va ouvrir bientôt. Il y aura l'opéra de Tunis, le Ballet national, le Musée d'art contemporain etc. On a des collections incroyables de peinture et d'oeuvres artistiques qui sont stockées dans des conditions difficiles qui ne sont pas montrées au public. Un patrimoine qui n'est pas vu est un patrimoine mort. Il faut redonner vie à nos anciens films, à nos oeuvres artistiques qui sont stockés.

Il faut penser aussi à la nouvelle génération et à son éducation à l'image non?
Un des sujets auxquels on s'est engagé dans notre future cinémathèque, c'est l'éducation à l'image justement. Il y a des expériences très avancées dans le monde. La cinémathèque de Bologne par exemple, celle de Lisbonne et celle de l'Allemagne, ils ont des projets communs, scientifiques, bien étudiés au niveau pédagogique pour l'éducation à l'image, approcher les nouvelles générations aussi, comment fonctionne le cinéma, la critique cinématographique. On veut rentrer dans ce circuit et consacrer beaucoup de temps et notre énergie pour l éducation à l'image en partenariat avec le ministère de l'Education nationale parce que si on fait rien pour les nouvelles générations on ne peut pas créer un nouveau public de cinéphiles avertis qui comprend les films, qui peut distinguer entre le mauvais cinéma, le cinéma qui endort le public et celui qui éveille pour avoir une mentalité d'échange avec le reste du monde. Pour pouvoir voir un rapport bien avec l'Autre et respecter l'Autre, il faut le connaître à travers les chefs-d'oeuvres cinématographiques ou culturels de son peuple. aujour d'hui il y a la télévision du spectacle, ce sont les jeux qui intéressent beaucoup plus les jeunes, les feuilletons, les films commerciaux qui intéressent la nouvelle génération et nous, on veut faire un travail de profondeur pour créer tout simplement les nouveaux cinéphilies du futur

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