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22 ÈME SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER: RACHID BOUDJEDRA, À L'EXPRESSION

"Il faut combattre la haine de soi et s'aimer"

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"Il faut combattre la haine de soi et s'aimer"

Le célèbre auteur de «Le FIS de la haine» qui n'a pas sa langue dans sa poche était présent au Sila avant-hier. Rachid Boudjedra a signé deux de ses nouveaux ouvrages, à savoir «La dépossession» et «Les contrebandiers de l'histoire», mais aussi la nouvelle édition algérienne de «L'escargot entêté». Les trois livres ont été édités aux éditions Frantz Fanon. D'emblée il affirme que son avocat lui a interdit de parler des choses qui fâchent, à savoir la polémique qui a enflé autour de son pamphlet et qui a amené Kamel Daoud à l'attaquer en justice après que Rachid Boudjedra avait écrit que le journaliste faisait partie à l'époque du GIA. Kamel Daoud dépose plainte et réplique. L'éditeur, rencontré hier sur place, soutient qu'il n'en sait rien. Qu'il n'est pas au courant s'il y a eu dépôt de plainte ou pas. Affable, l'homme de «La malédiction» prendra le temps de discuter avec son public entres photos et dédicaces.

L'Expression: «La dépossession» est tiré d'une histoire vraie, assez bouleversante. Un mot là-dessus.
Rachid Boudjedra:
Dans «La dépossession» Rachid Boudjedra parle de la vie de l'artiste-peintre Albert Marquet dont les oeuvres sont visibles au niveau du Musée national algérien des Beaux-Arts. C'est l'histoire d'une dépossession. L'histoire d'un très grand peintre, parmi les plus grands du monde au XXe siècle. Je connaissais son histoire. C'est une histoire vraie. Il est venu en Algérie, en 1927, pour faire le touriste comme tous les peintres qui venaient pour la beauté du Sahara et peindre les prostituées de la Casbah... Il est venu pour ça, au début, mais grâce à une femme il a découvert un pays, une civilisation. Il s'est marié avec une pied-noire communiste algérienne. Il a passé sa vie ici. il a peint toutes les mosquées d'Algérie alors qu'il n'était pas du tout croyant. Il est mort en Algérie en 1952 et sa femme en 1971. A sa mort, cette dernière a laissé la maison et un très bel atelier. Les gens seraient venus du monde entier rien que pour le voir. Cependant, un représentant du ministère de la Culture a pris tout ça en son nom et a pris les toiles. Deux ans après, il a détruit la maison.
Après il a disparu et il est parti au Canada. On ne sait même pas comment il s'appelle. Il s'agit dans ce roman de montrer que certains Français pieds-noirs ont été avec nous depuis toujours, avant même la guerre d'Algérie. Cette femme présidait une association «Femmes d'Algérie». C'était les «Fatmas», les bonnes qui se faisaient voler, violer. Elle leur a fait une association. Ce livre parle de corruption. Comment quelqu'un de corrompu, un bureaucrate vole tous ces tableaux et disparaît avec.

Qu'est-ce que vous entendez par corruption?
La corruption dans le sens général plutôt, qui sévit de toute façon partout. Même le peuple est corrompu. Moi, vous. Tout le monde l'est, y compris moi. Tout le monde l'est.
Y en a qui prennent des gros morceaux et nous les miettes. Si j'ai besoin de quelque chose j'appelle un ami haut placé. C'est une critique du système tout en étant une autocritique de nous -mêmes, en tant qu'écrivain et en tant que personne aussi.

«Les contrebandiers de l'histoire» est un petit livre qui se présente comme «un brûlot contre les falsificateurs de l'histoire», affirme-t-on. Qu'est-ce qui vous a poussé à l'écrire?
Tout d'abord, je tiens à préciser que je n'ai égratigné personne. Il ne faut pas écouter ce que disent les gens. Depuis quelques temps, il y a un courant en Algérie autodestructeur qui a la haine de soi. La haine de soi est un concept de Fanon qui a aussi le concept du complexe du colonisé. Beaucoup de gens disent des choses fausses. Pas seulement ceux qui écrivent, les journalistes, les artistes, ou les cinéastes. C'est aussi un courant qui est dans le peuple. C'est de dire nous sommes nuls. Qu'on le dise, cela ne me dérange pas. Mais quand on prend l'Histoire algérienne et on la falsifie, c'est autre chose. Je suis parti d'un constat. Un écrivain a écrit un roman considérant que l'ALN a été une armée nazie. Jamais! Au contraire. Ce livre est passé. Il a été acheté ici et vendu. Je réponds dans ce livre à un certain nombre de questions, dans des films, de livres qui m'ont paru faux et dans lesquels l'Histoire algérienne a été complètement salie et détournée. Il faut combattre la haine de soi quelle qu'elle soit. Oui, je considère ceci comme un viol de l'Histoire. Le terme n'est pas très fort. Moi je connais mon histoire algérienne, la mienne et du monde. Je suis compétent dans la matière. Et je connais la littérature algérienne, la mienne et du monde. Eux ils ne connaissent rien. Ces gens-là dont j'ai parlé, si je leur parlais d'Albert Marqué, personne ne saurait dire qui il est. Il suffit simplement de corriger. On dit j'ai critiqué un certain nombre d'écrivains, mais j'ai critiqué aussi l'Etat algérien qui a mal enseigné aux enfants, dans l'école algérienne, et à la faculté, l'Histoire algérienne. Ils ont voulu l'arranger, l'édulcorer. Alors que l'histoire comme la nôtre est une histoire de contradictions. En tant qu'homme de culture je préconise l'honnêteté, la vérité, l'intégrité.
Il s'agit de montrer l'histoire telle qu'elle est avec ses failles et ses bonnes choses. Ses choses positives et négatives. Je suis le seul à avoir écrit sur l'assassinat de Abane Ramdane. A l'intérieur de la guerre de libération il y avait des luttes. C'est normal. Cela se passe ainsi dans toutes les guerres de libération. Il faut être clair entre nous-mêmes et surtout ne pas nous haïr. Pourquoi se haïr? Il faut s'aimer les uns les autres. Moi je dis que celui qui a le complexe du colonisé, de la haine de soi, a aussi le complexe de la haine des autres. Il faut combattre la haine de soi. Et s'aimer.

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