Prévisions pour le 14 Decembre 2018

 Adrar Min 7 °C Max 20 °C
32
 Laghouat Min 5 °C Max 10 °C
12
 Batna Min 1 °C Max 8 °C
39
 Biskra Min 6 °C Max 13 °C
12
 Tamanrasset Min 6 °C Max 18 °C
28
 Tlemcen Min 3 °C Max 8 °C
30
 Alger Min 7 °C Max 15 °C
12
 Saïda Min 3 °C Max 8 °C
11
 Annaba Min 10 °C Max 14 °C
12
 Mascara Min 5 °C Max 12 °C
30
 Ouargla Min 11 °C Max 17 °C
23
 Oran Min 11 °C Max 16 °C
30
 Illizi Min 9 °C Max 21 °C
32
 Tindouf Min 12 °C Max 22 °C
32
 Khenchela Min 2 °C Max 9 °C
11
 Mila Min 6 °C Max 11 °C
11
 Ghardaïa Min 8 °C Max 14 °C
23
Accueil |Culture |

22ÈME SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER: TIERNO MONONAMEBO, AUTEUR GUINÉEN INVITÉ DU SILA 2017, À L'EXPRESSION

"Le pays le plus proche de la France c'est l'Algérie"

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Dès son arrivée à Alger, l'homme qui était attendu deux jours plutôt, avait un programme chargé dimanche. Dès son arrivée, direction le stand de l'Institut français pour parler de son oeuvre littéraire.
Un petit tour de ventes-dédicaces et le revoilà dans le cadre de l'«estrade» qui lui était dédiée pour répondre aux questions du public. Mais avant, affable, le Grand Prix littéraire d'Afrique noire, ayant déjà été nominé dans la liste du Goncourt pour son livre «Le choix polonais» a répondu à nos questions.
Il a à son actif, notamment trois romans aux Editions Apic dont «Le roi de Kahel» et «Peuls».
«Bled» est son dernier, mais hélas n'est pas encore disponible au stand du Sila, néanmoins, son histoire intrigante nous a interpellés. Et pour cause! de quoi s'agit-il?
Le prix Renaudot 2008 vous répond.

L'Expression: Vous avez un nouveau roman qui sort aux Editions Apic. Pourriez-vous nous en parler?
Tierno Mononamebo:
C'est mon troisième roman qui sort chez Apic. Il s'appelle «Bled». Il a pour cadre l'Algérie. C'est le pays où j'ai vécu il y a bien longtemps, dans les années 1980. C'est l'histoire d'une jeune Algérienne pendant les années 1980 qui vit avec son père et sa mère dans une bourgade algérienne que j'ai appelée Aïn Guesma. C'est un nom fictif que j'ai inventé. Aïn Guesma c'est un petit patelin à Tiaret. Mais dans mon esprit, c'est une ville fictive d'Algérie. Le père a fait la révolution algérienne, a participé à la guerre d'indépendance. Il vit normalement comme tout le monde. De temps en temps il va à la mosquée. Il va surtout aux bars. Et un beau jour un cheikh va l'initier à l'islamisme. Il va donc imposer à sa fille les règles de vie islamiste. Le voile d'abord, pas de radio, pas de télé, interdiction de sortir. Il la fait sortir du lycée et comme par hasard cette fille qui s'emmerde, finit par rencontrer un homme et comme par hasard un Français pied-noir, né lui-même à Aïn Guesma et elle tombe enceinte. Elle est chassée du clan et fuit poursuivie par la tribu en quelque sorte. Tout au long du roman elle fuit. Elle part avec son fils et réussit à sauver sa vie. L'homme rentre en France. Au cours de son périple elle va être séquestrée par un proxénète dans une maison close. Elle va tuer cet homme et se retrouve en prison condamnée à perpétuité et dans cette prison elle va faire la connaissance d'un visiteur de prison qui va l'aimer, qui va réussir à la sortir de prison et tous les deux vont s'échapper vers le Sahara pour recommencer une nouvelle vie.

Quelle imagination débordante vous avez là.. Comment vous est venue l'idée de ce livre? C'est parti d'un fait divers lu?
Pas vraiment. Mais Quand j'étais là dans les années 1980 j'avais l'intention un jour d'écrire sur l'Algérie. Je pensais raconter mon séjour à moi. C'est une fiction que j'ai inventée. Je ne me suis pas inspiré d'un fait divers ou peut être si. Lorsque je suis arrivé à Batna au début des années 1980 j'ai lu dans El Moudjahid une histoire qui m'avait terrifié. L'histoire d'un monsieur qui venait d'être disculpé par le tribunal pour avoir égorgé sa femme et sa fille parce que cette dernière était arrivée non vierge au mariage. Le tribunal l'a innocenté car il sauvait l'honneur de la famille.

L'histoire nous parle c'est sûr mais pour vous pourquoi avoir pris une Algérienne et un Français pied-noir pour dire quoi? Ce n'est pas anodin.
Non, ce n'est pas anodin. Je voulais évoquer ces relations très complexes et ambiguës qui lient la France à l'Algérie que je ressens moi aussi bien évidemment. J'ai vu les pieds-noirs revenir en Algérie, à Tiaret et à Batna, des gens qui étaient nés là-bas et leur accueil. Maintenant ils sont en France et sont devenus extrême droite et sont tellement excessifs, mais quand ils viennent en Algérie, leur réaction est tout à fait autre. Ils s'embrassent. Tout le monde connaît chacun. Les liens sont très forts. Je pense que le pays le plus proche de la France c'est l'Algérie. Mais c'est une relation très compliquée. Bien sûr qu'il y a encore cet arrière-goût amer, ce ressentiment aujourd'hui. C'est là où il faut savoir gérer.
Les liens sont très forts en même temps que les différences sont là. Il y a les différends historiques. La colonisation très mal vécue par l'Algérie. Et la guerre d'indépendance qui était violente. Tout cela fait que cette relation demeure passionnelle, mais elle n'est pas évidente à gérer. Il y a une espèce d'amour / haine entre les deux pays qui sévit. C'est ça, c'est psychanalytique.

Un mot sur vous. Vous êtes guinéen, mais vous vivez toujours là-bas?
J'ai vécu en France pendant plus de 40 ans avant. J'y suis retourné il y a 4, 5 ans, mais je fais les allers/retours.

Comment se porte la littérature guinéenne aujourd'hui?
A l'extérieur elle se porte pas mal. À l'intérieur elle est encore balbutiante. Pendant longtemps, seul le président guinéen était autorisé à écrire, à savoir Ahmed Sékou Touré. Maintenant il y a de nouveaux manuscrits. De nouvelles maisons d'édition qui apparaissent. C'est en train de bouger.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha