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Femmes d'Alger dans leur appartement traduit en arabe

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Femmes d'Alger dans leur appartement traduit en arabe

Madame Djalila Djenan Imalayen, fille de Assia Djebar, a présidé une importante rencontre vendredi au niveau du stand France du Sila où elle a annoncé la création prochaine d'une fondation du nom de sa mère pour préserver son riche patrimoine culturel.

C'est le lancement d'un travail littéraire collectif. Il s'agit d'une publication du recueil de nouvelles Femmes d'Alger dans leur appartement de Assia Djebar, traduit en langue arabe. Il est le fruit d'une coopération entre le Centre national du livre algérien et le Centre national du livre français. Ce livre en langue arabe est né suite à un cycle de formation pour jeunes traducteurs littéraires qui a duré dix mois. Une formation de dix traducteurs littéraires encadrés par M. Bouzida, enseignant de littérature comparée à l'université d'Alger, traducteur, mais aussi directeur d'un labo de traduction. Il a ainsi encadré les 10 sessions de traduction et coordonné la traduction de l'oeuvre. Une sorte d'ateliers qui se sont déroulés une fois par mois. Dix traducteurs choisis sur des critères sévères parmi une cinquantaine de traducteurs, d'autant plus que l'une des conditions pour la candidature était d'avoir édité au moins un livre pour participer à ce programme. Présenté en avant-première au Sila, aux éditions Hibr, cet hommage exceptionnel à Assia Djebar, romancière, essayiste, cinéaste et membre de l'Académie française et l'Académie royale de Belgique a réuni M.Yahiaoui le nouveau directeur national du livre, Madame Djalila Djenan Imalayen, professeure et fille de l'écrivaine Assia Djebar.
M. Mohamed Sari président de la commission de traduction du Centre national du livre algérien, lequel a suivi la mise en oeuvre de la formation organisée par l'ambassade de France et enfin M. Mhand, directeur de la maison d'édition Hibr. Avant de parler de cette formidable aventure, Madame Djalila Djenan Imalayen a tenu à remercier tous les acteurs qui ont contribué à cette belle entreprise «pour tisser la trame de ce projet ambitieux», fera-t-elle remarquer. Parlant de ce projet de traduction, elle dira avoir été convaincue par la formation des traducteurs soulignant: «Car comme nous le savons tous, qui de mieux qu'Assia Djebar aurait compris cette nécessité d'apprendre toujours et encore, elle dont le père instituteur, mon grand-père, Dieu ait son âme, l'amenait à l'école avant l'âge de scolarisation. C'est donc tout naturellement que je considère que l'éducation, la transmission de la connaissance et la formation ont toujours été les grandes préoccupations d'Assia Djebar.». De cette «aventure positivement audacieuse et ambitieuse» elle saluera aussi «le minutieux travail de fourmi entrepris sur ses nouvelles en respectant au mieux l'esprit de l'oeuvre». Et de préciser: «Cela n'a pas été facile, mais comme disait ma mère, plusieurs esprits peuvent soulever des montagnes.» Et de relever: «Je suis doublement contente car la traduction a toujours été le souhait de ma mère. Elle avait ardemment désiré que ses oeuvres soient traduites en arabe et en berbère, ses langues maternelles. Aujourd'hui c'est chose faite. Elle nous regarde et se réjouit j'en suis certaine.» Et d'annoncer: «J'active à mettre en place une Fondation Assia Djebar pour enregistrer ce patrimoine très riche, cinématographique, littéraire d'Assia Djebar». Et de renchérir: «Je le dis pour preuve, dès son accession à l'Académie française en 2005, elle avait émis le voeu auprès des autorités compétentes algériennes de céder ses droits d'auteur pour la traduction de toute son oeuvre en arabe. Sa demande est restée lettre morte. Cette requête voit le jour le premier novembre. Quelle fabuleuse coïncidence, voire même de résilience. D'autant qu'elle se réalise grâce à la synergie de toutes les compétences franco-algériennes agissantes de concert comme une seule voix pour la réalisation de ce magnifique projet de traduction. Le voeu de ma mère est exaucé. J'espère que cette oeuvre sera la première d'une longue série qui verra le jour ici chez elle, chez nous, en arabe, en berbère afin que tous nos compatriotes de ce pays, plurilingues, puissent accéder à toute l'oeuvre d'Assia Djebar. J'ai émis aussi le souhait que ce livre soit à la portée de toutes les bourses.». Finissant son discours de remerciements, l'hôte du stand France lira un extrait du fameux discours de l'auteure de Loin de Médine, énoncé lors de son admission à l'Académie française. A propos du choix du recueil Femmes d'Alger dans leur appartement M.Mohamed Sari a estimé pour sa part que «pour respecter la convention entre les deux centres et initier ces ateliers de formation de traducteurs on avait discuté sur le choix du texte. Chaque traducteur devait travailler sur une partie du texte. Il était quasiment impossible de choisir un roman car ce dernier, en général, possède un style homogène. La traduction aurait pu être défaillante d'un texte à un autre c'est pour cela qu'on a choisi un recueil de nouvelles pour que chaque étudiant puisse avoir un texte et surtout respecter dans la cohérence stylistique.».

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