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22ÈME SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER : AHMIM ARAB, ÉCRIVAIN ALGÉRIEN, À L'EXPRESSION

"La démocratie appelle la modernité"

Par
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Un livre qui évoque les exactions du printemps berbère sur fond de critique sociale de l'Algérie.

L'Expression: M. Ahmim Arab vous avez un livre qui sort aux éditions Dalimen qui s'appelle La face cachée de la lune. Pourriez-vous nous en parler?
Ahmim Arab: C'est un roman qui a été publié au dernier Sila. Je traite de la décennie post-indépendance, celle des années 1970, appelée la décennie de la désillusion comme dirait Jacques Berque. Mon personnage est un Algérien lambda qui a vécu selon les trois valeurs refuges: la famille, le travail et la religion et puis il tombe dans un monde qu'il ignorait totalement. On est venu dans une usine où il travaille pour un meeting pour une élection. C'était à l'époque du parti unique. Ils ont rassemblé les ouvriers dans l'usine où est donné un long discours de langue de bois. Ils étaient quatre ou cinq personnes, des orateurs qui répétaient les mêmes choses et ça a fatigué un peu l'oratoire, les gens. Il y en a un qui a commencé à rire et ça a déclenché un brouhaha dans la salle au grand dam des orateurs et c'est lui qui était visé parce qu'on pensait que c'était lui le perturbateur. D'ailleurs, au départ, le titre du roman était la plaisanterie. Mais il est déjà pris. Milan Kundera était là depuis un moment. L'homme tombe dans une espèce d'engrenage qui l'a entraîné jusqu'à la prison parce qu'on est venu le chercher. En fait, le monsieur a été mis en prison car on a pris son geste pour de la provocation alors que c'était au départ une plaisanterie.

Pourquoi l'avoir mis dans une prison?
C'est fait exprès, c'est pour le mettre en contact avec un microcosme d'Algériens qui sont là chacun pour une cause. La face cachée de la lune, ça renvoie justement à la face cachée de l'Algérie. Car ce monsieur va être en contact avec l'underground du pays. Chacune de ces personnes va raconter son histoire. Il y rencontre le petit voleur à la sauvette, le proxénète, l'islamiste qui a jeté de l'acide sur le visage d'une jeune fille, mais au milieu de tout cela il y a Idir qui est là pour des raisons d'opinion politique.

Pourquoi cette envie de décrire ce milieu carcéral?
Je voulais que les gens prennent conscience de l'existence de ce monde-là. On peut aller en prison, avoir des ennuis parce qu'on a des opinions différentes c'est pour montrer l'absence de liberté et de démocratie. Je parle de la décennie des années 1970. Maintenant si mon livre a paru c'est parce que les choses ont changé. On peut écrire de façon libre. J'ai aussi écrit ce livre en partant de mon autobiographie, mon enfance, l'école, l'émigration, l'époque un peu dure du point de vue social, avec ces approvisionnements, le Souk El Fellah etc.

Un mot sur ce personnage central qui s'est fait emprisonner pour ses idées politiques?
C'est un clin d'oeil aux événements du printemps 1980. Parce qu'il y a des gens qui ont fait de la prison à cette époque, beaucoup qui sont connus aujourd'hui et sont devenus des personnalités. Ils se faisaient emprisonner car ils avaient un combat identitaire, en même temps ils luttaient pour la démocratie. Il ne faut pas oublier cette époque-là. Idir, mon personnage est un enseignant. Il n'est pas d'accord sur un programme d'histoire. Parlant de l'occupation turque, ceux -là ont occupé l'Algérie pendant 350 ans et ils n'ont pas construit une seule école.. Ce n'est pas parce qu'ils sont musulmans qu'on doit fermer les yeux sur ça. Il y a eu des problèmes pour ça. Sa raison de vivre est de parler et de lutter pour la démocratie. Ouvrir les yeux aux gens qui n'ont pas une certaine vision politique et faire prendre conscience d'une Algérie plurielle et poser le problème de la démocratie dans notre pays. Vivre selon les valeurs refuge, c'est l'apanage des sociétés traditionnelles, mais il n'y a que la démocratie qui fait la modernité d'une société. Si on veut rentrer dans l'ère de la modernité il faut instaurer la démocratie. C'est son corollaire. Ça marche ensemble.

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