GAÏS OU LA RENAISSANCE DE MALIKA FECIH

Enfance abandonnée...

Enfance abandonnée...

«Ghaïs veut dire végétation qui repousse après une pluie abondante (...).Mes parents ne pouvaient me donner un meilleur prénom. Ils ont simplifié l'orthographe de mon prénom pour que ma vie soit plus facile à écrire», souligne le narrateur.

Un petit livre de 94 pages est Gaïs ou la renaissance, roman publié aux éditions Dalimen. Divisé en sept chapitres, il est l'histoire d'une enfance abandonnée, de la quête absolue de l'amour filial, mais aussi de la résilience. «Ghais veut dire végétation qui repousse après une pluie abondante, renaissance..Mes parentes ne pouvaient me donner un meilleur prénom. Ils ont simplifié l'orthographe de mon prénom pour que ma vie soit plus facile à écrire», souligne le narrateur à la dernière page de ce roman qui suinte la tristesse et la mélancolie, non sans un relent d'espoir pour ces enfants abandonnés. L'histoire commence par l'arrivée à Marseille de ce jeune homme, appelé Gais, dont on comprendra à la fin qu'il est devenu père à 30 ans non après être passé par un long tunnel de solitude et d'incompréhension, après que sa mère l'a abandonné. Se retrouvant à l'orphelinat, le jeune enfant a été alors placé dans une famille d'accueil, «une bonne nouvelle» d'avoir enfin de vrais parents, mais tristement accueilli pensant qu'il a encore quitté les enfants, devenus ses frères et Fanny, sa gentille maman de l'orphelinat qui s'était bien occupé de lui. De Paris il prend l'avion à destination de Marseille, cette ville dont les senteurs et les dédales de ses quartiers lui font étrangement penser à des souvenirs lointains. Il est dans une boutique d'herboriste. Attiré par les parfums doux qu'exhalent ces plantes. Là il fera connaissance du propriétaire du magasin qui se mettra à lui raconter l'histoire de la célèbre famille Martinez à Oran, ayant tout perdu après l'indépendance après avoir fait fortune à Oran. Tout est parti de Marseille en fait. Le grand-père était parti s'installer à Oran et fera fortune dans le commerce du vin en cultivant de nombreux hectares de vigne. Il était accompagné de son ami Konogan. A la mort de ce dernier, son fils refusant de faire des études fait pour sa part fortune dans l'immobilier en achetant un hôtel lui donnant le nom du feu meilleur ami de son père en guise d'hommage. Mais la guerre éclate et le père ayant un fils, Jean, refuse de partir et laisser ce riche domaine. Après que sa femme fut partie en France, son mari est découvert asphyxié au milieu des décombres des vignes qui ont pris feu. Le garçon, qui n'avait que 15 ans à cette époque-là, part en France, la mort dans l'âme. Il gardera toujours sa rancoeur envers les Algériens, à tel point que quand il tomba amoureux d'une fille de harki il refusa de garder son bébé et lui donner son nom. Naturellement, cette histoire fera mouche dans l'esprit de Ghais faisant boucler la boucle de ce petit roman dont les mots si doux et si attendrissants d'un enfant de deux ans, raisonnent encore dans les interstices de ce roman. Coco deviendra plus tard Gais. Un homme accompli aujourd'hui après avoir retrouvé son autre part de lui-même chez Ines, une autre personne ayant été abandonnée et tôt élevée dans une famille d'adoption. Ecrit avec des mots simples sur un ton bien émouvant, le texte de Gais ou la renaissance est l'oeuvre de Malika Fecih. Née en 1966 à Argenteuil, elle est ingénieure en informatique. Gais ou la renaissance est son deuxième roman. L'histoire se déroule sur les deux rives de la Méditerranée, dans ses deux pays de coeur, l'Algérie et la France.