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VISA FOR MUSIC 2017

Quel apport aux artistes africains?

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L'Afrique en musique est en liesseL'Afrique en musique est en liesse

D'emblée on peut constater que les artistes et professionnels de la musique africaine sont en force au niveau du marché qui s'étale sur trois étages au théâtre Mohammed V.

Quelle visibilité donne Visa for Music à la musique africaine et quelles offres de service propose ce salon pour une meilleure exportation et interaction entre les artistes du continent? D'emblée on peut constater que les artistes et professionnels de la musique africaine sont en force ici. Ils sont partout au niveau du marché qui s'étale sur trois étages au théâtre Mohammed V. Un vrai labyrinthe où l'on propose son catalogue, on fait des affaires, des speed meetings à la chaîne et enfin des mini concerts en live, sans oublier les show-case. Le marché ne désemplit pas. Le salon est à l'image de celui du livre d'Alger. Les artistes, producteurs, agents, directeurs de festivals etc. sont là pour établir des contacts et pourquoi pas signer des contrats, un peu comme au marché du film à Cannes notamment, finalement... Plus, si affinités il y a.

Les show-case
L'Afrique en musique est en liesse. Nous avons pu relever quelques échantillons de ces artistes venus se produire au Maroc et quelques promoteurs culturels présents pour faire la promotion de leurs artistes et (ou) festivals. Nous avons pu discuter avec eux en vue de sonder leur intérêt pour Visa for Music et ce qu'ils pensent réellement de ce grand rendez-vous annuel de la musique d'Afrique et du Moyen-Orient. Affable et souriant, nous faisons connaissance en premier lieu avec Chembifon Dibue Muna, médiateur culturel camerounais. Il représente le groupe Inni qui est un quartette composé de deux musiciens du Cameroun, un musicien marocain et un musicien espagnol. «Nous avons pensé ce groupe dans le sens où le Maroc tend la main à l'Afrique subsaharienne. C'est un groupe africain. Il a déjà joué l'an dernier dans Visa for Music et il a fait une tournée en Algérie soutenue par le ministère algérien de la Culture. C'était Abdou du groupe Djmawi Africa qui nous avait tout facilité. Le concert était organisé sous l'égide de l'Onda. Tout était pris en charge. On ne s'était soucié de rien. Après l'Algérie, on avait prolongé la tournée au Maroc. Et on avait vu que le Maroc est un grand marché. C'est un salon qui rassemble. Il permet aux promoteurs comme nous de rencontrer d'autres promoteurs d'autres pays. Le plus souvent le problème en Afrique est la circulation des artistes. Ce salon nous donne l'opportunité de présenter le groupe et à travers les show-case de présenter les talents que les professionnels de la musique voient en direct. Ça nous donne l'occasion de rencontrer des gens de la presse et des médias que l'on ne rencontre pas tous les jours... Ce contact humain est important.» Et d'ajouter: «S'agissant des droits d'auteur au Cameroun, le cas camerounais est très grave, car il n'y a même pas de statut de l'artiste. La cellule de droits d'auteur n'existe pas. On a deux systèmes au Cameroun qui sont en conflit. Cela est dû aux deux colonisateurs qui ont sévi au pays. A chaque fois, on changeait le système, une fois c'était le système anglo-saxon et après le système francophone. On avait une cellule qui s'occupait de tous les droits: des musiciens, plasticiens, etc. Après, nous avons eu une société des droits d'auteur qui était divisée. Et cela n'a pas marché. Aujourd'hui tout le monde a des dettes et est en conflit avec d'autres personnes. Aussi, nos structures n'étaient pas bien formées au logiciel qu'utilisait la Sacem et tant qu'on ne savait pas comment ça marchait, on ne pouvait pas faire d'audit. Même les musiques camerounaises qui sont diffusées à l'extérieur, on ne sait pas où et comment récupérer leurs droits. Donc, il n'existe pas de statut de droits d'auteur au Cameroun. Aussi, la majorité des artistes verse dans l'informel. Je fais un spectacle, je me fais payer sur le cachet même. C'est-à-dire que si j'organise un spectacle dans une salle je demande à ce qu'on me donne l'argent du cachet en me versant un acompte supplémentaire pour les droits des artistes car la société des droits d'auteur n'existe pas et ne me versera jamais cet argent. Si on ne nous donne pas cet argent on bloque le spectacle. Car il existe un syndicat des artistes. C'est ce dernier qui prélève cet argent. C'est comme des droits de diffusion. On leur demande de nous rajouter 10 ou 5% sur le cachet.» Abdousalam Zourkalaïni est pour sa part coordinateur de projet de l'association Afrikayna qui oeuvre pour le rapprochement des peuples d'Afrique à travers l'art et la culture. «On est sur plusieurs axes, mais notre axe de prédilection ce sont les bourses de mobilité à travers ce projet Africa Art Lines qui permet aux artistes africains et notamment marocains de pouvoir bénéficier de billets d'avion et voyager dans n'importe quel pays d'Afrique. Ou alors dans le sens contraire, des artistes africains de pouvoir venir au Maroc. On est basé à Casablanca. C'est une association marocaine.

Africa Art Lines existe depuis deux ans
L'artiste qui veut venir notamment à Visa for Music peut nous contacter, nous envoyer son dossier, nous expliquer le but de son projet. On le transmettra à un jury qui nous dira si oui ou non ce projet mérite d'avoir un billet d'avion. Ou bien les billets d'avion demandés. Africa Art Lines existe depuis deux ans, mais l'association depuis presque six ans». Et de relever: «Rien que pour ce premier trimestre nous avons reçu une bonne trentaine de projets. 92 billets d'avion ont été offerts depuis le début de l'année. On travaille sur l'appel à candidature. On vient de lancer le dernier appel il y a environ neuf jours et le deadline est pour fin décembre. C'est pour tous les projets qui auront lieu entre janvier et mars 2018. L'essentiel est que cela soit en Afrique, mais toujours en rapport avec le Maroc. Car nous travaillons avec des fonds marocains. On est partenaire avec Visa for Music. On les aide pour ramener le maximum de professionnels du domaine.» Nazha Samali représente, quant à elle, Afromi (African organisation of music industriy). C'est une organisation de musique africaine industrielle basée au Maroc. Le rôle de cette organisation est d'éduquer et de sensibiliser les artistes quant à la distribution digitale dans la plate- forme Izawan.com. Les artistes peuvent créer leur compte sur cette plateforme et poster le son de leurs albums avec sa couverture. Ils remplissent toutes les données qui s'y rapportent. Ils peuvent choisir dans quels pays cela pourrait être distribué en Afrique, en Europe et choisir n'importe quel store de façon que le produit soit vendu en ligne. En matière de droits d'auteur, si l'album est déjà distribué cela veut dire qu'il a un matricule. Ce dernier accompagne toujours l'album et l'aide à se protéger contre le piratage en ligne. Grace à un code spécifique, le matricule est automatiquement lié aux stores qui hébergent cette musique, les musiques peuvent être protégées ainsi. Une bien bonne idée à laquelle les artistes africains présents à Visa for Music devraient y adhérer entièrement. Enfin, Fahad Bastot des îles Comores est le chanteur du groupe Africa United. Il a été lauréat du concours génération Mawazine 2010. Le groupe est formé par des musiciens des Comores, du Maroc, du Congo et de la Côte d'Ivoire. Il a fait plusieurs festivals dont Mawazine où il a fait la première partie de Gnawa diffusion en 2013. Le chanteur indique: «On a joué au festival Massa en Côte d'Ivoire, de là, on a fait la rencontre de Brahim Mezned et on a eu la chance de venir jouer l'an dernier à Visa for Music. L'utilité de ce salon est de rencontrer différents artistes, managers et producteurs, pour qu'on puisse échanger et avoir des contacts pour le futur. Cela nous a été bénéfique car l'année passée quand on a joué à Visa for Music cela nous a permis d'avoir une tournée en Suisse et celle-ci nous a permis d'avoir d'autres dates en Suisse où l'on va jouer à Montreux jazz festival l'année prochaine». Et de confier: «Je suis installé au Maroc depuis 2010. On a eu la chance de pouvoir s'intégrer et d'avoir un contrat de 5 ans avec Maroc culture. Ce sont eux qui ont produit notre album, fait nos clips et fait qu'on a pu jouer dans tous ces grands festivals. Si on était resté aux Comores cela aurait été difficile, vu qu'il n'y a pas de structure qui soutienne les artistes, il n'y a pas de festivals, pas de maisons de disque. C'est difficile pour un artiste aux Comores de s'exporter. Il n'y a même pas cette notion de droits d'auteur et de loi qui protègent les artistes jusqu'à présent.»

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