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LOTFI ATTAR, LEADER DU GROUPE RAÏNAI RAÏ, EN CLÔTURE DE VISA FOR MUSIC

"Nous sommes à l'origine du mot raï"

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Le groupe a assuré comme un chef la soirée de clôture samedi dernier. Le célèbre groupe algérien originaire de Sidi Bel Abbès, qui s'est reconstitué pour l'occasion, a mis le feu au théâtre Mohammed V de Rabat pour le finish de Visa For Music. Avec son style mêlant le raï traditionnel, le rock et le gnaoui, le groupe a trouvé un public largement conquis dès les premières notes. Egrenant les tubes tels Ana zahri ouine, Taila, Lala Fatima et Zina qui clôturera le concert en apothéose, le groupe s'est donné à cent pour cent laissant voir un Lotfi Attar se déchaînant sur scène tel un Jimi Hendrix donnant la réplique à la guitare à un chanteur en furie (Kada) qui n'hésite pas à se jeter par terre en transe, en totale symbiose avec la musique et en communion avec le public, tel un artiste des années rock and roll. Affable, c'est dans les coulisses du théâtre que Lotfi Attar, accompagné de sa femme, son manager et Kada, nous recevra pour répondre à nos questions...

L'Expression: Vos impressions à chaud après ce concert?
Lotfi Attar: C'est que Raïna Raï n'a pas pris de ride. Parce que quand on voit un public qui est toujours présent, eh bien, on se pose des questions et on se dit que cela n'a pas changé finalement. Depuis le début, ça a été toujours ce public-là, même en Algérie nous avons le même public. Mais au Maroc il est beaucoup plus connaisseur, parce qu'on a perdu certaines habitudes de la bonne musique en Algérie. Sans vouloir polémiquer sur mon point de vue artistique. Le chant qu'il y a chez nous ce n'est plus du chant, c'est juste une musique. Ça fait plaisir de voir tout ce public marocain en tout cas et nous, ça nous fait plaisir de répondre à cette attente. Chapeau pour le public marocain. Mais j'ai vu parmi eux des Algériens. C'est ça le Maghreb. J'étais très content de m'être produit ici en tout cas.

Parlez-nous un peu de cette reformation du groupe.
Nous sommes les trois anciens du groupe, il y a Kada le chanteur, Hachemi à la batterie, Mimoun à la percussion, Dendane Chikh au saxophone, c'est le cousin à Dahmane qui est décédé. Il y a aussi Nabil le bassiste et Hassani au clavier.

Comment expliquez-vous que votre musique, après toutes ces années reste vivante et vos morceaux indémodables?
Parce que Raïna Raï c'est une révolution. Quand on a commencé à entrer au studio pour enregistrer, nous n'avions pas fait de calculs ni rien du tout. On s'est dit qu'on allait établir un programme, on va faire huit chansons en 1983. On n'a rien compté. On a fait un travail parce qu'il fallait le faire. La jeunesse en avait besoin à l'époque. On n'écoutait que du chaâbi, le wahrani, l'andalou. C'était un souffle nouveau que je peux comparer sans me tromper au déclenchement d'une révolution musicale en Algérie, qui a entraîné les événements de 1988 aussi.

Vous devez savoir que votre chanson Ya Zina est dans le film En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui? Racontez-nous cette expérience.
Oui, bien sûr! Karim Moussaoui c'est un pote. Il m'a appelé, m'a demandé ce qu'il voulait faire et si cela m intéressait, j'ai répondu qu'il n'y a pas de problème, tu auras la chance d'avoir les musiciens originaux de Raïna Raï. Ça s'est passé comme ça. L'ancien claviériste était malade, mais on a quand même pris avec nous, Tarik Chikhi, Kada et moi-même. Je n'ai pas encore vu le film. Je n'ai pas eu le temps. On m'a dit que la séquence c'était un des moments les plus culminants dans le film.

Pourquoi n'avez-vous pas encore sorti un nouvel album depuis tout ce temps?
Au studio je possède une cinquantaine de morceaux. Ils ont été enregistrés en 2008-2009. J'attends un producteur. Ce n'est pas facile...

Justement, pour venir à Visa for Music avez-vous eu des contacts en ce sens?
Je suis arrivé hier. En même temps, moi je ne peux pas m'occuper de ça. Il y a Toufik Chaouche qui est mon manager qui s'en occupe. Je ne peux pas être au four et au moulin.

Que pensez-vous de la nouvelle scène et génération et comptez-vous notamment transmettre votre expérience par exemple?
Depuis 1983 quand on voit ce qu'on a fait en tant que Raïnai Raï, mais aussi avec le groupe Amarna que j'avais monté avec entre autres feu Djilali c'était tout un travail qui était fait pour la génération de ce temps-là. Normalement, ce sont des supports pour les jeunes artistes d'aujourd'hui, comme nous, nous avons appris à l'époque. Pour être clair, nous, nous n'avons pas eu cette chance qu'ont les jeunes aujourd'hui. Il faut le dire. Quand j'étais jeune, moi j'apprenais la musique grâce au vinyle. Je reprenais les Beatles, les Stones, Jimi Hendrix, Santana... J'étais livré à moi-même. J'apprenais à moi-même. Nous avons créé Raïna Raï. Nous avons pris conscience de notre identité algérienne. Nous avons notre propre musique qu'il fallait exporter et rendre internationale. Je peux considérer cela comme un apport pour la nouvelle génération pour qu'elle puisse continuer..

Écoutez-vous les jeunes artistes d'aujourd'hui? Si oui, lesquels?
Je ne vous cache pas que je n'écoute personne. J'entends les choses, mais sans plus.

Que pensez-vous de cette polémique qui entoure actuellement la musique raï? Le Maroc aurait l'intention de s'approprier la musique raï. Il aurait déposé un dossier en ce sens auprès de l'Unesco. Quelle est votre position là-dessus?
J'étais commissaire national du festival du raï l'année dernière. J'ai entre parenthèses démissionné en raison du budget... Quatre millions de dinars ne suffisent pas. L'année dernière nous avions eu un million cent et c'était peu. On a fini endettés. Je me suis retiré cette fois-ci. Le slogan d'ailleurs lors de l'édition précédente était «Touche pas au raï!». C'est une réponse pour eux. Je pense qu'ils se trompent sur ça. Leur chaâbi c'est de l'algérien? Non! on ne peut pas dire ça. C'est la même chose pour le raï. On ne peut pas dire que le raï est marocain. Ils ont beaucoup de styles musicaux. C'est tout de même Raïna Raï qui est à l'origine. Le mot raï n'existait pas à l'époque avant 1982 comme une identité musicale. Il figurait dans des phrases, lors de discussions entre musiciens ou amis et où je leur demandais leur avis sur telle ou telle question. Le raï est venu avec Raïna Raï. C'est nous qui sommes à l'origine de ce terme encore une fois. A Barbès, à l'époque, les gens savaient que Bob Marley chantait le reggae, il existait le rock, le blues et aux producteurs il fallait qu'on leur donne un terme et c'était le raï. On ramenait des cassettes et on les vendait là-bas.

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