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ABDOU EL KSOURI, MUSICIEN ALGÉRIEN ET RESPONSABLE DE «SOUS-SOL», À L'EXPRESSION

"Visa for Music est un rendez-vous à ne pas manquer..."

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Guitariste et leader du groupe Djmawi Africa, Abdou était présent cette année encore à Visa for Music (22 au 25 novembre). Particulièrement au marché de la musique qui s'est tenu au théâtre Mohammed V et ce, avec sa structure ou agence artistique Sous-sol. De sa présence à Rabat il nous parle ici des raisons de son enthousiasme de revenir chaque année et prendre part à ce rendez-vous annuel dédié aux musiques de l'Afrique et du Moyen-Orient dont il souligne la grande portée...

L'Expression:Vous avez été au Maroc dans le cadre de Visa for Music en tant que représentant de la structure Le sous-sol, quel a été l'apport de Visa for Music pour vous?
Abdou El Ksouri: En fait, c'est ma 3e participation à Visa for Music. La première avait été avec le groupe. On avait eu un show-case avec les membres du groupe. Ensuite, l'année d'après, nous avions créé le Sous-sol en 2016 et on a automatiquement postulé pour avoir un stand à Visa for Music et pareil pour cette année. Les retombées artistiques pour le groupe ont été super parce que nous avions fait Visa for Music en 2015, l'année qui a suivi a été très riche en événements parce qu'on a fait plus de quatre concerts à l'international. 2015 a été l'année où nous avons fait trois salons. Le kolatier au Cameroun, Visa for Music au Maroc et Babel Med Music de Marseille, mais beaucoup de concerts ont été bookés, à partir de Visa for Music. L'idée du sous-sol s'est élargie, au début c'était un studio de répétition et puis c'est devenu vraiment une structure artistique qui porte aussi des projets d'artistes en booking et en développement. L'année dernière à Visa for Music nous avons eu le show case de Love N'Live, le groupe camerounais dont on s'occupe. Ça a été un vrai événement parce que le microcosme de la musique en Afrique a vu pour la première fois une structure africaine ou de l'Afrique du Nord qui s'occupe d'un projet en développement qui est au Cameroun. Ça été une première. C'est devenu pour nous très important les échanges Sud/Sud entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Chose qui a été faite par le groupe au tout début. Nous avons fait ça avec Djmawi Africa il y a dix ans, dès la création du groupe, parce qu'on s'appelle aussi Africa et on a toujours revendiqué cette appartenance à l'Afrique, artistiquement, musicalement, mais aussi culturellement. Ce que nous avons fait il y a dix ans pour les échanges Sud/Sud, est en train de se matérialiser maintenant d'une manière très concrète.

Et en tant que promoteur culturel cette fois-ci...
Oui. En tant que promoteur culturel effectivement. Comme j'ai toujours managé mon groupe, l'idée de la création de la structure «Sous-sol» n'est qu'une transposition finalement de ce qu'on a fait avec le management de Djamwi Africa vers uns structure plus organisée pour faire bénéficier d'autres artistes. On a dernièrement récupéré Karim Ziad dans le catalogue du Sous-sol. C'est vraiment une fierté pour nous. Pour l'instant, on travaille en Algérie et en Afrique. Peut-être que ça sera ensuite à l'international avec lui. Pour revenir à Visa for Music, ce que je disais, c'est qu'en Afrique de façon générale et au Maghreb en particulier on manque vraiment d'organisation. Dans le domaine musical on ne peut plus faire chacun son projet dans son coin. On est obligé d'être solidaire. Ce que Visa for Music a créé c'est vraiment un vrai rendez-vous de la musique africaine et du Moyen-Orient. Parce qu'on ne va pas souvent aux marchés du Moyen-Orient. Si je prends l'exemple de Djmawi Africa, le plus loin possible des pays auxquels on s'est rendu dans cette région reste l'Egypte. On a fait quand même trois tournées en Egypte en dix ans. La dernière c'était en 2016. Ce qui est en train de créer Visa for Music c'est très important parce que au-delà des show-case et au-delà du marché, il y a de vraies rencontres et de vraies réflexions sur des thèmes qui sont importants pour les artistes africains et maghrébins.

On croit savoir justement que parmi les contacts positifs que vous avez eus, a été le directeur de Sony Music. Un mot là-dessus...
Je ne savais pas que Sony Music était représenté en Afrique.
Le P-DG de Sony Afrique de l'Ouest était présent à Visa for Music. Quand il y a de gros labels comme ça qui s'installent en Afrique ce n'est que bénéfique pour nous. J'ai bien discuté avec lui. A la question qu'en est-il de Sony au Maghreb? apparemment c'est géré encore par la France. Je lui ai répondu que je ne savais même pas qu'on pouvait discuter avec Sony de certains projets. Il paraîtrait qu'il est en train d'essayer de récupérer la partie Maghreb. Tout cela est très intéressant parce que avoir des labels comme Sony ce sont des majors qui ont du poids. Ça donne une très belle perspective et une profondeur au futur de la musique maghrébine, africaine et algérienne en particulier. Mais il n'y avait pas que lui. Nous avons rencontré plein de directeurs de festivals qui étaient présents, africains mais aussi européens. Je pense que la musique africaine est en train de s' organiser. Idem pour les acteurs culturels africains dans ce domaine. Et ce n'est que bénéfique pour nous. Donc Visa for Music est un rendez-vous qu'il ne faut plus manquer. Le Sous-sol a été la seule structure artistique algérienne présente. On aimerait bien en avoir plus. Parce que c'est en côtoyant des gens qui ont eu de l'expérience dans ce sens qu'on arrivera à organiser notre propre industrie musicale, dans notre propre pays.

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