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FARID AOUAMER, MUSICIEN ET COMPOSITEUR, À L'EXPRESSION

"J'ai toujours aimé composer pour les films"

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Compositeur de musique, chef d'orchestre, concepteur de spectacle et producteur d'albums, il est par ailleurs le premier à avoir fait en sorte de mettre en noir et blanc la musique algérienne afin de sauvegarder notre patrimoine musical. En effet, grâce à son travail qui s'est étalé sur une dizaine d'années aujourd'hui, mille chansons algériennes de l'ancien et l'actuel répertoire ont été transcrites et formalisées en partitions. Outre ses différentes activités tel dans Alhan oua chabab qui célèbre ses 10 ans, Farid Aouamer s'est lancé ces dernières années dans la compostion de musique de films, chose qu'il a toujours voulu faire, nous a-t-il confié. Dans cet entretien il revient sur son statut en tant que membre du jury fiction lors du dernier Festival du film engagé qui s'est terminé vendredi.

L'Expression: Dernièrement vous avez endossé le costume de membre du jury au Festival du film engagé. Comment avez-vous reçu cette proposition quand on vous l'a faite?
Farid Aouamer:
Quand la direction m'a appelé pour me proposer de faire partie du jury fiction je l'ai pris d'emblée comme un cadeau parce que, évidemment, j'ai toujours aimé le cinéma. En tant que musicien aussi j'ai collaboré à pas mal de projets dans le cinéma et dans l'image, notamment des films télés, séries etc.
Pour moi, c'était une opportunité extraordinaire de me retrouver au coeur d' un festival que j'aime bien en plus, même s'il n'a pas énormément de moyens, on le déplore tous et j'en profite pour interpeller d'ailleurs qui de droit parce que c'est un festival important dans la mesure où il est engagé et l'engagement en 2017 c'est quelque chose qui remet l'humain au centre de l'équation, je pense donc que c'est un festival utile.
De me retrouver au centre d'un festival de cinéma dans l'absolu, pour moi c'est quelque chose de fantastique car le monde du cinéma c'est celui que j'aime le plus et en plus, un cinéma utile, pour moi c'était les deux choses qui font que je me sente participer à quelque chose qui a du sens.

D'autant plus que ces dernières années vous vous consacrez à la musique de film...
Ça a toujours été ma passion. Je dis souvent que si je remonte très loin dans ma mémoire je pense que je fais de la musique pour faire de la musique de film.
Ces dernières années, en réalité, en parallèle de mes activités actuelles pour lesquelles les gens me connaissent plus, en l'occurrence la direction d'orchestre et puis même avant cela, la production musicale dans le sens production d'albums etc. il y a eu toujours en parallèle ce travail-là pour l'image.
En 2003 j'ai eu l'opportunité en France de faire ma première musique pour un long métrage français, un petit film romantique qui m'a permis de faire une certaine musique très axée Broadway et le jazz des années 1960. Ensuite, il y a eu d'autres collaborations...

Il y a aussi le film tunisien Les palmiers blessés de Abdelatif Benameur dont vous avez composé la musique l'on se souvient...
Effectivement, j'ai travaillé aussi avec Ameur Bahloul sur Kindil qui, à l'origine, devait être un téléfilm qui a ensuite, été requalifié de long métrage. Le plus récemment, en long métrage cinéma, ça a été avec Ahmed Rachedi sur le film Krim Belkacem. J'ai eu donc quatre projets pour le cinéma.

Et aujourd'hui je crois savoir que vous comptez aussi travailler sur un film marocain.
Je travaille avec un réalisateur très intéressant, marocain, qui s'appelle Chawki Laoufir, qui pour moi est un des futurs grands réalisateurs maghrébins. Il est en devenir. Il possède énormément de technique. C'est quelqu'un qui a beaucoup de connaissances assez impressionnantes en cinéma. Il enseigne le cinéma à Paris et il travaille beaucoup pour la télé marocaine. Il est en préparation de son long métrage, mais c'est vraiment quelqu'un qui fera date dans l'avenir. C'est en tout cas une des plus belles rencontres que j'ai faites. C'est quelqu'un d'extraordinaire. Un fin technicien, très cultivé et un musicien de surcroît. Je collabore avec lui. Nous avons fait pas mal d'exercices ensemble. A ce jour nous avons fait deux téléfilms et deus séries.

Qu'avez-vous pensé de la sélection filmique cette année au Fica?
J'ai senti deux niveaux. Celui où on est dans le cinéma quel qu'il soit, en devenir ou plus ou moins confirmé avec la maîtrise qui va avec et le reste on n'était pas vraiment dans le cinéma. Par exemple, le film burkinabé La forêt de Niolo relevait plus du téléfilm. On a regretté que le film soit en français. Il aurait gagné à être dans une langue originale sous-titrée. En même temps, les acteurs sont de différents pays africains donc c'est compliqué un peu. Après, comme l'ont dit beaucoup de gens à la sortie de la projection du film sur Abdelhamid Benzine on ne peut rester de marbre devant cette histoire extraordinaire. Toutefois, tout au long du film je me suis demandé où était le réalisateur. C'était quoi son propos? Je n'ai pas vu son parti pris. Or, il me semble que le cinéma c'est le discours d'un réalisateur sur un fait donné, même si c'est subjectif. Ça ne me gêne pas. Je veux connaître son regard, qu'est ce qu'il pense, comment il voit les choses. La façon de filmer je l'ai trouvée un peu caricaturale, je pense qu'il y avait assez de matière dramatique et historique pour ne pas avoir à forcer le trait sur les gentils et les méchants. Je dis cela du haut de ma petite expérience, car je ne suis ni historien ni cinéaste. Je ne sais pas qui a dit pendant ce festival que le cinéma était trop important pour le laisser aux mains des seuls cinéastes... Je trouve cela très juste. C'est bien. Parce que ça permet d'enrichir le cinéma peut-être. Par des avis qui sembleraient moins légitimes, mais du coup plus intéressants, avec plus de recul...

Qu'avez-vous pensé du film En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui?
Sa présence dans le Festival du film engagé m'a posé un problème. Dans un premier temps, je n'avais pas compris en quoi ce film était engagé. Et pourtant... Après, il fait partie de ces films qui ne se révèlent pas tout de suite. Quand on ne connaît pas l'histoire du film et dans quelles conditions, il a été fait, quand tu reçois cela de l'extérieur ça fait un peu mosaïque. On sent immédiatement en tout cas qu'on a affaire à un cinéaste en face. Qui connaît le cinéma, avec des petits clins d'oeil à droite et à gauche. Ce que j'ai le plus apprécié dans le film c'est qu'en toute évidence c'est quelqu'un qui a démonté la structure normale d'un film. On est dans un montage spécifique. Comment raconter une histoire autrement. Je trouvais sur ce point une virtuosité assez intéressante. Après, effectivement, moi, quand j'aborde une oeuvre d'art que ce soit un film, une musique, une pièce de théâtre ou un roman, j'ai tendance à chercher l'unité de l'oeuvre. En réfléchissant bien après, il y a autant de films que de spectateurs c'est-à-dire chacun voit son film et moi j'ai réussi à me trouver un fil conducteur. Ce film-là, on pourrait peut-être le qualifier de féministe de mon point de vue car pour moi c'est l'histoire de trois femmes qui prennent des décisions alors que les hommes sont incapables de les prendre. Ça peut être vu comme ça. Avec un petit bémol pour la dernière histoire où le médecin campé par Hassan Kechache prend quand même sa responsabilité. Là où moi j'ai un peu de mal, car on ne comprend pas pourquoi. Est-ce de la culpabilité? Pourquoi va-t-il vers cet enfant-là, surtout après son mariage, ça on ne le comprend pas. Ce que le réalisateur me donne à comprendre dans le film j'essaye de l'assembler et là j'ai du mal à comprendre. Mais, mis à part ça, je me suis par exemple posé la question de pourquoi l'agression dans la première partie du film? L'agression a mis l'homme, d'apparence forte dans une positon de faiblesse, de peur. Pour moi, en fait c'est un film sur la peur et la responsabilité. Après, il faut le lire entre les lignes. Mais c'est ça le cinéma.

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