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MOHANED YAKOUBI, RÉALISATEUR PALESTINIEN, À L'EXPRESSION

"Du rôle de l'image dans la lutte d'un peuple..."

Par
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Son film documentaire Off frame, la révolution jusqu'à la victoire a été distingué d'une mention spéciale du jury lors de la huitième édition du Festival international du film engagé qui s'est tenu récemment à Alger du 2 au 9 décembre dernier. Un Prix remis le lendemain de l'annonce de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Trump. Une information qui, au regard du réalisateur, pourtant n'est pas si importante. Explications.

L'Expression: Tout d'abord un mot sur cette manne incroyable d'archives qui constitue votre film...
Mohamed Yakoubi:
Ces archives qui forment cet ensemble de photos, de banque de données en images sont éparpillées un peu partout dans le monde. Ce que j'ai fait est que je suis parti à la recherche de ces fragments de mémoires dans différents pays. On les a retrouvés en partie en Australie, en France, Italie, Berlin, Londres, Tunisie, en Amérique latine etc. Ça a duré presque sept ans pour réunir tous ces films qui sont perdus, mais qui appartiennent à notre mémoire et à notre territoire.

Il se dit que certains de ces films et ces photos d'archives sont rares, comment avez-vous donc procédé pour les récupérer?
En toute franchise, pendant ma quête j'ai rencontré de nombreuses personnes qui m'ont expliqué comment le système de distribution se faisait avant. J'ai découvert que chaque film qui était réalisé autour de la cause palestinienne sortait en une cinquantaine d'exemplaires. On les envoyait aux unions des étudiants, aux festivals, à travers le monde. Entre 1974 et 1976 certains de ces films ont été projetés à Paris. Je suis parti au festival et j'ai parlé à leur administration. Et ils m'ont orienté vers la cinémathèque française, la même chose à Berlin et en Italie. Il était important de comprendre la structure de fabrication de ces films pour connaître qui subventionnait ces films. Ces films ont été produits le plus souvent par des partis politiques d'Europe, de l'Allemagne de l'Est, de la part de Parti communiste italien ou français, à Cuba... je me rendais donc dans ces pays et frappait à leur porte en leur posant la question. J'ai pu récupérer les mails de certaines personnes et pu obtenu leur contact via Internet. Il y a eu quelqu'un du Danemark qui avait réalisé un panel de films sur la cause palestinienne. je lui ai écris, identifié son adresse. Je suis parti le voir. Il m'attendait devant la porte en tenant dans sa main le film en question.

Quelle a été l'étape la plus difficile dans votre quête de cette matière cinématographique?
Sincèrement, j'ai été étonné de ne pas trouver de difficultés. La difficulté résidait dans le fait de trouver les adresses des gens et de savoir où se trouvent les choses. Quand je frappais à la porte des gens, tout le monde était disponible et attentif. Ils nous disaient: «Vous êtes palestinien et vos archives sont chez nous. On attend que quelqu'un vienne les récupérer.» C'est ce qui m'a le plus surpris. Du côté des autorités palestiniennes, hélas! Je constate un laisser aller et une totale négligence de cette mémoire historique comme si la signature d'accord de paix incite à se débarrasser de cette mémoire armée.

Quel a été le fil conducteur dans l'écriture de votre film?
La ligne temporelle du film est classique, je parle de l'holocauste, d'immigration juive vers la Palestine, puis 1948, 1967 et le lancement de la guerre palestinienne. Le film en même temps n'est pas historique. Je ne raconte pas les événements de la guerre en Palestine. Je parle de l'importance de l'image d'un peuple effacé. Et partant de l'importance d'une arme comme la caméra. J'entends par là combien l'image palestinienne tels le poster, les photos, les films étaient un outil pour combattre et lutter contre cet effacement.

Comment avez-vous réagi suite à l'annonce par Trump que Jérusalem est la capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade des USA à Jérusalem.
L'annonce n'est pas surprenante. Parce que Jérusalem est colonisée. Pour Israël, elle représente leur capitale et ils se comportent ainsi depuis toujours. Je vis à Ramallah, qui se situe à 16 km de Jérusalem et cela fait plus de 20 ans que je ne peux y accéder. C'est juste une petit détournement supplémentaire pour orienter le regard du monde vers un second sujet, mais en réalité la colonisation est toujours d'actualité. C'est le rôle de la colonisation de façon essentiel qui est de laisser les colonisés qui sont chez nous vivre dans l'expectative et nous mettre devant le fait accompli de par des actions qui nous marginalisent encore une fois de façon à oublier le plus important et notre histoire. Car ce n'est pas une histoire de terre, c'est plutôt une affaire d'homme et de société qui continue à tomber dans la déliquescence.
De ce conflit il nous faut se concentrer sur notre mémoire et notre identité qui est en soi une façon de lutter Bien que Jérusalem est un symbole de l'identité palestinienne, El Qods pour le palestinien est tout aussi importante que Haïfa, que El Khalil, Ghaza... je comprends que pour vous, vous la voyez comme le centre ou la capitale, mais pour nous, moi personnellement je viens de Majdel qui se trouve dans le sud de Yafa, par conséquent, Majdel est plus importante que Jérusalem et j'aimerai y retourner. Jérusalem possède ses gens qui y habitent. Chacun tente de lutter là où il est, c'est pourquoi je considère que le sujet est plus grand que Jérusalem et du lieu même. Cette reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël ne rajoute rien à la réalité. Au final, je n'arrive encore pas à retourner à Majdel et pourtant, je le souhaite de tout mon coeur.
D'où la nécessité pour la société de dénoncer les faits et la constitution d'une identité de combat commune très forte, voilà ce qui importe le plus chez nous aujourd'hui. La préservation de cette identité là.

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