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IL A PUBLIÉ «ENTRE DIPLOMATIE ET GOUVERNANCE» AUX ÉDITIONS HOUMA:MUSTAPHA BENAMAR, À L'EXPRESSION

"Mes souvenirs de diplomate..."

Par
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Entre diplomatie et gouvernance, le coeur des représentants de l'Algérie à l'étranger a toujours balancé. Non sans état d'âme, tant l'équilibre en la matière était aux antipodes de la sinécure. Mustapha Benamar nous en restitue, dans le livre qu'il vient de signer pour le compte des Editions Houma, quelques facettes à tout le moins très significatives parce que riches en enseignements.
Des moments parfois lourds de sens, serions-nous tentés d'écrire, qui renseignent notablement sur le savoir-faire imaginé à chaque fois par les représentants de notre pays à l'effet d'atténuer les contrecoups d'initiatives engendrées le plus souvent par les approximations et les improvisations, sempiternellement appelés qu'ils sont à faire face à moult situations.
Ce n'est pas par le seul fait du hasard si Mustapha Benamar a atterri au ministère de l'Education nationale. Fin pédagogue, il l'est assurément, puisqu'il emprunte le plus souvent le chemin de la clarté et de la persuasion pour faire passer son message.
Un message où le «moi» incarné donne l'impression de se dissoudre pour laisser place à un «moi» collectif qui symbolise en la matière cette Algérie nous tenant à coeur.
Pour l'auteur de «Entre diplomatie&gouvernance», il ne subsiste aucun doute en la matière, l'acte politique en lui-même ne peut s'assumer que collectivement.
Même s'il faut y laisser quelques plumes à l'instigation d'une kyrielle de contradictions secondaires au sein du système en place. Pour cela, «Entre diplomatie&gouvernance» nous gratifie de quelques édifiantes révélations qui ne sont pas sans renseigner sur la nature du pouvoir en place.
Des lieux de mémoire et des noms, s'il est permis de faire un clin d'oeil à Mostefa Lacheraf, sont évoqués avec une multitude de pistes comme pour ce qui est du lâche assassinat de Mohammed Khemisti.
Le livre demeure, cependant, sans prétention aucune.
Il se décline, avertit son auteur, comme une sorte de journal où sont consignées des notes portant sur des événements et des missions effectuées tout au long d'une carrière diplomatique ou à la tête de plusieurs départements ministériels.


Ismet Abdelhafid: Pourquoi ce lien dans le titre de votre livre Entre diplomatie et gouvernance?
Mustapha Benamar:
Eh bien! parce qu'il s'agit de souvenirs personnels et professionnels vécus alternativement aux Affaires étrangères et au gouvernement durant des années entre 1962 et 1992.

Je vois que le point de départ de votre relation commence avec la première année de l'indépendance de notre pays après que vous ayez intégré les Affaires étrangères...Quid alors de ce qui avait précédé, c'est-à-dire des années de lutte de Libération nationale?
Je me suis déjà, il y a quelques années acquitté du devoir de raconter les années de Révolution une fois avoir pris avec d'autres lycéens le maquis en Wilaya IV, aussitôt le mouvement de grève des étudiants déclenché en septembre 1956. Ces souvenirs-là je les avais déjà racontés dans un ouvrage publié, il y a quelques années chez le même éditeur et intitulé «C'étaient eux les héros» et dans lequel sont racontées les années de 1956 à 1962.

Le livre, que vous venez tout juste de publier, constitue donc une continuité?
Comme vous vous en êtes rendu compte dès ses premières pages, l'action de nos Affaires étrangères et aussi la nôtre s'étaient elles-mêmes inscrites dans cette continuité et ce dès notre indépendance avec un soutien plein et entier aux peuples en lutte pour leur émancipation. En tant que cadres, puis de hauts fonctionnaires de l'Etat algérien, nous nous étions totalement et naturellement engagés dans l'action engagée par notre pays et destinée à hâter la décolonisation, notamment à travers le continent africain.

J'ai noté que vous avez été affecté à notre ambassade à Rabat l'année 1963 et immédiatement confronté au différend frontalier algéro-marocain...
En effet et alors que du côté algérien nous espérions sincèrement entamer et entreprendre la construction du Maghreb avec nos frères marocains, Hassan II avait été encouragé par ses relais étrangers à défier l'Algérie et à tenter de lui arracher des territoires revendiqués par Allal El Fassi au titre de prétendus «liens historiques que je qualifierais pour ma part «d'hystériques» plutôt. On sait malheureusement, et depuis bien longtemps, que les Alaouites, tout comme leurs prédécesseurs les Mérinides n'ont eu de cesse de vouloir et de tenter d'agrandir leurs territoires au détriment de ceux de leurs voisins sauf lorsqu'ils sont espagnols...

Quelle issue voyez-vous pour la question du Sahara occidental?
Cette question est à poser plutôt et surtout aux Marocains qui se sont fourvoyés dans cette aventure. Ceux qui, à l'époque, les avaient encouragés à violer les frontières de l'Algérie sont pratiquement les mêmes qui les ont poussés par la suite à envahir et occuper le Sahara occidental. Outre leurs visées économiques dans ce territoire et son littoral, ces mêmes milieux voulaient, par la même occasion, créer un abcès et empoisonner les rapports de voisinage entre Rabat et Alger. Les Marocains se répandent encore aujourd'hui dans les capitales occidentales et dans les enceintes internationales pour dire que l'Algérie nourrit des convoitises sur ce territoire du Sahara. L'on sait pourtant en Afrique, en Europe et aux Nations unies que notre pays n'a aucune ambition territoriale d'aucune sorte et qu'il se limite à soutenir le droit des Sahraouis à s'exprimer par référendum sur leur avenir.

Vous avez surtout travaillé dans des pays subsahariens aussi bien lorsque vous étiez aux Affaires étrangères qu'au gouvernement pour effectuer des missions ponctuelles et pour accroître les échanges entre notre pays et les Etats africains et arabes. Qu'en avez-vous retenu?
D'abord que coopération et relations avec ces pays étaient somme toute naturelles et nécessaires pour renforcer nos liens avec nos frères africains et arabes. Le fait que cela se soit fait en priorité avec ceux-là ne nous a pas empêchés de développer aussi des relations utiles et fructueuses pour nous que pour des partenaires européens et asiatiques.

Bien qu'entre diplomatie et gouvernance la ligne de démarcation ne soit pas particulièrement précise, votre touche de diplomate donne l'impression d'être dominante. Vous suggérez plus que vous n'assénez.
Un problème de distanciation peut-être?
Le clin d'oeil que vous avez fait à Mostefa Lacheraf est bien à propos. Dumoins pour ce qui est de la référence aux hommes qui ont façonné ce pays. Dans mon livre «C'étaient eux les héros», j'avais rapporté des événements vécus ou observés personnellement en relation avec la lutte de libération nationale et plus précisément entre 1956 et 1962.
C'était en fait un vibrant hommage en priorité à ceux que j'avais connus ou non et qui sont tombés au champ d'honneur. Je m'étais promis depuis lors d'en faire de même pour relater cette fois-ci d'autres événements relatifs ceux-là à la période post-indépendance entre 1962 et 1992.

Mais pourquoi avoir pris autant de recul?
Le fait d'avoir tardé à publier mes livres ne s'explique que par le souci de respecter les règles liées à l'obligation de réserve qui s'impose aux fonctionnaires et responsables de l'Etat.

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