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IL A PRÉSENTÉ, HIER, À ORAN SON DERNIER ROMAN

Hamid Grine raconte la rescapée de Bentalha

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Hamid Grine à la rencontre de ses lecteursHamid Grine à la rencontre de ses lecteurs

L'écrivain est avant tout le porte-parole de ceux qui n'ont pas de parole, c'est la devise principale de l'auteur, Hamid Grine.

Il n'est rien de difficile ni de draconien pour l'ex-ministre de la Communication, Hamid Grine, quand il met son bagou loquace au service de la littérature et la création littéraire. Il agence ses feuilles comme dans une succession de libellés qu'il édite régulièrement en préfixant chaque phrase dans une agora cadencée par la richesse de la langue, le vocabulaire et la syntaxe l'empreignant, mais surtout l'allégorie coulant à flots, parcourant les sillons de la constitution du texte, sans risque de noyer le lecteur dans la lassitude et le farniente. Chaque chapitre donne envie quant à harceler encore plus ce livre qui invite à passer à un autre chapitre pour le lire et le relire sans satiété. C'est dire que Hamid Grine a frôlé le point juste dans son coup en mettant en place sa pléthore et un surplus du bon sens et de la raison quand il enchaîne ses idées qui se conjuguent à un modernisme pluriel, loin des idéaux littérairement carnassiers ni encore moins subversifs. Il fait tout simplement dans la création littéraire loin de toute idée abjecte ni subjective ni encore moins infecte. Ecrire et créer sont deux lourdes responsabilités à assumer.

Une femme qui veut vivre
D'ailleurs, il ne renonce pas. Il vient de récidiver un autre coup en présentant hier, à Oran, son nouveau roman qu'il a intitulé Clandestine. La vente dédicace a été abritée par la Librairie Arts et Cultures. Pour l'auteur, toute chose a son temps, en dissociant notamment ses activités régulières et ses créations littéraires. L'écrivain est avant tout le porte-parole de ceux qui n'ont pas de parole. Il s'agit là de la devise principale prise en compte par l'auteur qui résume le fond de son oeuvre, en le reposant essentiellement sur l'histoire multidimensionnelle de la rescapée de Bentalha. Et comment donc? C'est un roman dans lequel l'auteur met en exergue la hargne d'une jeune femme qui veut vivre après avoir réussi à avoir la vie sauve des suites des massacres de Bentalha. Et que peut donc faire une si jeune femme sur laquelle sont tombés tous les malheurs et qui l'ont ébranlée dans son for intérieur et dans sa vie quotidienne? Hamid Grine s'ingénie dans son allégorie tant symbolique en mettant au point une véritable histoire sociale dans laquelle la jeune femme, Hayet, en est le principal personnage. Celle-ci n'a rien trouvé de mieux à faire que d'exercer le très dur métier de mécanicien, alors qu'une telle profession revient très souvent aux hommes. Hamid Grine ne feint pas dans l'élégance de ses paraphes en signant chacune des phrases par des allégories hautement significatives et toutes symboliques. D'ailleurs, le sort a, dans le récit, voulu que la femme soit déterminée à exercer vaille que vaille une telle profession si pénible. Seulement sa poitrine lui est à la fois gênante, mais surtout encombrante, la femme-mécanicien, plus que décidée d'en découdre avec cette formation qui est, là, naturellement la sienne, en souffre le martyre. En quête d'une solution salutaire, la femme mécanicien prend son destin en main et va à la recherche d'un moyen pouvant lui venir à bout de son mal. Comme première halte, elle rencontre un dermatologue qui a fait un grand vide autour de lui en ne suivant en rien l'actualité nationale. La femme, sereine dans sa démarche, sollicite le dermatologue lui demandant de la libérer de sa poitrine. Le dermatologue agit et réagit en lui demandant: est-ce que vous ne vous acceptez pas en tant que femme? La femme lui fait part de ses aveux en lui expliquant que «bien au contraire». «Mais je suis une rescapée de Bentalha», lui a-t-elle affirmé, avant d'ajouter tout en lui expliquant son mal avec force détails. C'est donc la révélation. La jeune, ne se cachant pas derrière un quelconque subterfuge, a été toute franche dans ses dires en s'adressant au dermatologue. «Je travaille comme mécanicien homme, mais je souffre car j'ai la poitrine compressée par des bandes», a-t-elle rétorqué, tout en lui faisant part de son ambition qui lui est chère. «Je voudrai donc que vous m'enleviez la poitrine pour que je puisse travailler normalement sans souffrir», s'est-elle prononcée d'un ton très résolu. Il a suffi que la femme lâche une phrase que le médecin, autiste, s'éveille et sorte de son long isolement et de son silence en prenant conscience des réalités qu'il a, sciemment ou non choisi, de ne plus entendre en vaquant uniquement et seulement à son travail du petit matin jusqu'à une heure tardive du soir. Ce médecin, vivant dans sa bulle à Alger, rentre chez lui pour se brancher sur les chaînes françaises, sa femme Laurence vit en France en compagnie de sa fille Sarah. Ce rythme de vie à la fois exceptionnel et particulier fait que le médecin ignore toute la réalité de son entourage dont, notamment la tragédie algérienne et les assassinats. Cette irruption de la femme-mécanicien a servi de motif de premier ordre qui a poussé le dermatologue à se renfermer davantage et fermer son esprit à tel point qu'il ne tend son oreille pour ne rien entendre. Il est allé jusqu'à distiller à ses amis les parlottes négatives ainsi que l'histoire de cette irruption de la rescapée de Bentalha, l'ayant mis dans les maux et des douleurs de ses concitoyens. C'est à partir de là, justement qu'une autre page d'une autre histoire commence. Car la fille n'a pas tout révélé, son histoire est aussi longue à raconter. Pour Hamid Grine, Clandestine, n'est pas un livre sur le terrorisme ou qui raconte uniquement la vie de la femme, personnage principal. C'est un roman sur l'Algérie et la femme. C'est un roman sur le courage des Algériens en général et des femmes algériennes en particulier, qui n'ont pas courbé l'échine durant la décennie noire et grâce à leur combat, l'Algérie s'est relevée encore plus forte que jamais. Pour Hamid Grine, son roman est à plus d'un titre imaginaire, c'est-à-dire allégorique et créatif. «Il n'y a que Hayet, le personnage principal qui existe et qui a vécu l'horreur du massacre de Bentalha».

Moments d'échanges
Tout le reste est le fruit de son imagination. Le dernier livre de Hamid Grine, qui a été achevé en 2014, devait être publié le mois de la même année. De par ses fonctions de ministre en mai 2014, le roman n'est sorti qu'après la fin de ses fonctions, le mois de novembre de cette année. En plus des lecteurs, de nombreux érudits de la littérature de la wilaya d'Oran sont venus à la vente-dédicace de la dernière oeuvre de l'ex-ministre de la Communication. Ce fut un moment d'échanges et de troc des idées culturelles d'une extrême intensité sans «terminal», tellement l'auteur est plus que dévoué et attentif à ses lecteurs. L'auteur a été gratifié par la présence d'un public fin connaisseur de la littérature, d'où qu'elle provienne. Pour sa part, il n'a pas été avare en se relâchant tout en lâchant une avalanche d'aveux sur ses goûts littéraires et sa hargne boulimique en la matière, en consacrant toutes ses aptitudes pour la littérature, tout en raffolant des oeuvres des grands maîtres la littérature classique dont Balzac etc.

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