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3E ÉDITION DU GRAND PRIX ASSIA DJEBAR DU ROMAN

Feu Noureddine Saâdi lauréat du roman en langue française

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Les lauréats en langue arabe et amazighe aux côtés de Naget Khadda, présidente du jury et annonçant le Grand Prix Assia Djebar du roman en langue française à feu Noureddine SaâdiLes lauréats en langue arabe et amazighe aux côtés de Naget Khadda, présidente du jury et annonçant le Grand Prix Assia Djebar du roman en langue française à feu Noureddine Saâdi

«Naget Khadda a bien fait de préciser que la décision a été arrêtée bien avant l'annonce du décès de Noureddine Saâdi. De plus, notre choix a été motivé exclusivement par la qualité de l'oeuvre et Boulevard de l'abîme qui est de loin de meilleure facture de tout ce que nous avons lu, et il constitue pour son auteur le livre de la maturité», a révélé le membre du jury Abdelmajid Merdaci.

Le Centre international des conférences Abdelatif Rahal a abrité jeudi soir la cérémonie de remise des prix de la 3eme édition du Grand Prix Asssia Djebar du roman, placé sous l'égide des ministères de la Communication et de la Culture. Aussi, étaient présents à cette rencontre le ministre de la Communication Djamel Kaouane, le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, des membres du gouvernement ainsi que plusieurs artistes.
Cette manifestation a pour objectif de découvrir de nouveaux talents, de maintenir le lien entre les générations et de rendre hommage aux auteurs déjà consacrés et qui construisent inlassablement leurs oeuvres. Les titres en lice au nombre de 71 se déclinent en plusieurs genres (romans historiques, récits poétiques, sagas, témoignages...) Ils sont diversifiés et riches par leurs thématiques. Ils expriment la pluralité qui existe dans la société algérienne, que ce soit en arabe, en tamazight ou en français. Pour remettre ces prix un jury est constitué chaque année. Celui de 2017 a été constitué par Naget Khadda en termes de présidente comme à chaque fois aux côtés de laquelle siégeaient comme membres du jury Amina Bekkat, Brahim Sahraoui, Abdelmajid Merdaci, Abdelkader Bouzida, Hamid Bouhbib et enfin Achour Fenni. Le jury composé d'universitaires et critiques littéraires expérimentés dans sa démarche, à travers les titres qui sont en compétition (24 en arabe, 5 en tamazight et 42 en français) tient compte, dans ses appréciations, continuellement de l'esprit Assia Djebar, pour perpétuer une tradition et encourager ce qu'il y a d'orignal et de profond dans la culture algérienne. Dans son discours de bienvenue Larbi Bounoune représentant du président-directeur général de l'Anep a insisté sur le rôle de l'Etat dans la promotion de la littérature algérienne. En se félicitant de la création de ce prix, il tiendra à souligner que tous ces livres qui ont pris part à ce concours méritent d'être lus dans le cadre de l'émulation et le travail de l'imagination qu'ils doivent au talent d'Assia Djebar. Il saluera aussi le travail des éditeurs qui font une tâche remarquable dans ce sens. Pour sa part, Hamidou Messaoudi président-directeur général de l'Enag et commissaire du Sila a fait savoir que même si elle ne recevra pas le prix Nobel de littérature, c'est son propre pays qui compte bien lui rendre en son absence par cet hommage pour l'ensemble de sa grande oeuvre. Aussi, a-t-il annoncé que l'Algérie vient d'obtenir les droits d'auteur de la part de la France pour la traduction de trois de ses oeuvres, lesquelles seront traduites en lagune arabe et vers la langue amazighe grâce au concours du Haut Conseil à l'amazighité, avant d'être réédités en langue française. Ces trois oeuvres sont Le blanc de l'Algérie, La femme sépulture et L'amour et la fantasia. Il fera la promesse que ces ouvrages seront disponibles sur le marché en 2018. Aussi, il révélera que la société Enag a acquis 50% des livres de Kateb Yacine lesquels seront traduits en langues arabe et amazighe. Aussi les prix ont été enfin dévoilés devant la nombreuse assistance bien attentive. Le Grand Prix Assia Djebar du roman en langue arabe a été attribué à La pluie écrit sa destinée de Merzak Bagtach (Editions Anep). Le Grand Prix Assia Djebar du roman en langue amazighe quant à lui est revenu à D wagi i d assirem-iw (C'est ça mon espoir) de Mustapha Zaârouri (Editions Amel) et enfin le Grand Prix Assia Djebar du roman en langue française a été décerné à Le boulevard de l'abîme (Editions Barzakh) à feu Noureddine Saâdi, décédé il y a quelques jours. Prenant la parole le lauréat en langue arabe saluera la mémoire de l'auteur de La nuit des Origines. Il dira l'avoir bien connu à l'époque où lui était journaliste dans les années 1970 alors qu'Assia Djebar réalisait son film La nouba des femmes du Mont Chenoua. Dans son allocution Naget Khadda qui s'est félicitée de cet événement ne manquera pas d'apporter quelques recommandations dont la nécessité pour les éditeurs de posséder des correcteurs pour éviter certaines fautes d'orthographe et de syntaxe qu'elle aura relevées dans certains ouvrages. Avouant que cette année, les auteurs proposés sont d'un âge avancé, elle exhortera les jeunes à écrire encore. En aparté, elle souhaitera à nouveau de voir «la nouvelle génération plus nombreuses à écrire et à s'exprimer. Or, cette jeunesse est encore minoritaire dans la production malgré le fait que parmi ces jeunes il y avait de vraies pépites. Dans cette fournée que nous avons eu à étudier, il y avait une très grande liberté d'expression. La critique sociale était constatée dans l'ensemble de la production. Il y avait une thématique dominante qui était la revendication féministe. Aussi bien dans la plume des hommes que celle des femmes. L'autre thématique dominante était celle de l'histoire. Le critère majeur de sélection c'est la qualité de la langue et la maîtrise de la structure romanesque car la liberté d'expression leur est acquise. Dans les oeuvres en langue amazighe, la maîtrise de la structure romanesque n'était pas encore au point parce qu'il y avait une tentation de transcrire des contes oraux que plutôt créer un univers personnel. Pour sa part, Merdaci, le membre du jury et néanmoins journaliste et écrivain nous indiquera: «C'est la première fois que je participe au sein de ce jury. Ce que j'ai trouvé d'intéressant comme expérience c'est d'abord de rencontrer les collègues et discuter avec beaucoup de compétence et de liberté. Je trouve que la promotion de la littérature amazighe est essentielle. Il faut se mobiliser autour de cette idée-là. Ce que je pourrai faire comme critique c'est que parfois on recevait des textes sans aucune indication sur la nature du texte. le problème que pose l'attribution de ce genre de prix c'est quel sens donner à un prix littéraire, celui du roman en Algérie? Pour moi c'est la promotion d'une littérature algérienne dans toutes les langues nationales enracinées dans la société algérienne qui soient autonomes par rapport aux zones d'influence et périphériques autrement dit l'édition française pour ne pas la nommer de manière claire. Si le prix Assia Djebar contribue à ça, c'est une excellente chose et il faut le défendre et le faire connaître car il n'a pas la visibilité qu'il mérite depuis sa création» A propos de l'attribution à feu Noureddine Saâdi le Grand Prix Assia Djebar en langue française, notre interlocuteur fera remarquer à l'instar de Naget Khadda qui déploiera en larmes le riche parcours de cet auteur qui s'est éteint récemment, insistera lui aussi sur le fait que l'attribution de ce prix ne prend en aucun cas considération du parcours de l'auteur cité plus haut et que cela n'a eu aucune incidence dans le choix du nom du tributaire de ce prix. Il explique: «Nous avons débattu sur la qualité des ouvrages et exclusivement sur cette qualité. Madame la présidente a bien fait de préciser que la décision a été arrêtée bien avant l'annonce du décès de Noureddine Saâdi. Même si on en a été affecté. Cela n'a pas influé et Naget Khadda a bien précisé qu'aucune considération personnelle n'est rentrée en ligne de compte. Vous me direz, je suis de Constantine comme lui, effectivement il était aussi un vieil ami, un compagnon de lycée, mais ce n'est pas sur cette base-là, qu'on s'est prononcé, mais sur le fait que son livre Boulevard de l'abîme est celui qui est de tous les livres de meilleure facture et en plus de cela, il sanctionne une maturité dans l'écriture de l'auteur. Quand on a parcouru ses premières oeuvres je trouve que Boulevard de l'abîme est marqué vraiment du saut de la maturité. On a affaire à un auteur sûr de son art.». Il est bon de souligner enfin que Azzedine Mihoubi ministre de la Culture a fait savoir lors de cette cérémonie qu'il est en train de réfléchir actuellement sur le fait de donner à ce prix Assia Djebar une dimension encore plus importante et ce, de caractère international. On verra bien.

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