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BRAHIM SACI, ÉCRIVAIN ET POÈTE, À L'EXPRESSION

"Ecrire, c'est chercher un réconfort"

Par
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Il revient avec un deuxième recueil de poésieIl revient avec un deuxième recueil de poésie

Après un premier recueil de poésie, vivement remarqué chez les amoureux des mots bien ficelés, Fleurs aux épines, Brahim Saci revient avec un deuxième recueil, La Chute, combler l'absence, des textes profonds, empreints d'une sagesse et d'une exquise spiritualité. Dans cet entretien, il s'attarde sur la genèse de ce nouveau livre; il nous fait également partager son monde d'artiste exigeant.


L'Expression: Une année après la sortie de votre premier recueil de poésie, Fleurs aux épines, vous récidivez avec un autre titre plus volumineux, La Chute, combler l'absence, pouvez-vous nous dire comment avez-vous écrit ces nouveaux poèmes?
Brahim Saci:
Effectivement, une année après la sortie de mon premier recueil, Fleurs aux épines, le deuxième, La Chute, combler l'absence, vient de sortir à Paris aux éditions du Net. J'avoue qu'au départ je ne pensais pas que j'écrirai un deuxième recueil; mais l'inspiration a été au rendez-vous, c'est comme si quelque chose me poussait à donner une suite au premier recueil, comme s'il fallait donner un frère à mon premier livre, un frère qui vient approfondir les quêtes du premier recueil. Et ce deuxième recueil est beaucoup plus volumineux que le premier, il est aussi assez différent, dans la mesure où il contient des poèmes qui racontent des épisodes de ma vie, des lieux qui m'ont habité, qui m'ont permis d'être ce que je suis. Trois endroits sont souvent décrits dans ce second recueil: la Normandie, Paris et la Kabylie; il y a également une virée en Occitanie, une région où repose le grand chanteur kabyle, Slimane Azem. Toujours dans ce recueil, il y a également une tentative d'aller sur les chemins de la sagesse et de la spiritualité.

Vos poèmes sont souvent porteurs d'une forme de musicalité, est- ce que c'est votre parcours de chanteur qui refait ainsi surface dans ce livre?
C'est possible, mais la poésie, toute la poésie est une musique qui nous vient du fond de notre âme, presque inconsciemment, presque naturellement. C'est vrai qu'il y a des facteurs qui déclenchent cette musique. Ces airs sont en rapport avec cette poésie qui tente de dire le temps qui passe, qui tente de se rappeler les amours disparus. Pendant des années, je n'ai écrit que des poèmes en langue kabyle, certains je les ai chantés à travers mes albums de chansons, puis, un ami, l'écrivain Youcef Zirem, m'a incité à écrire quelques poèmes en langue française et là, tout m'est revenu, mes poèmes de jadis en langue française quand je n'étais encore qu'un enfant ont refait surface. La poésie de langue française m'avait permis de tenir le coup à mon arrivée à Paris à l'âge de 10 ans, j'avais quitté mon village, les miens, le soleil de ma belle Kabylie, c'était difficile à admettre. Oui, c'est en partie, cette poésie de langue française qui m'avait pris dans ses bras et m'avait consolé de ma séparation d'avec la Kabylie. Bien des années plus tard, cette poésie de langue française m'avait aussi consolé de toutes ces blessures de la vie qui se dressent inévitablement sur notre chemin.

Il est beaucoup question d'un amour qui se termine mal dans ce deuxième recueil, comment faire pour dépasser tant de blessures?
Écrire c'est souvent chercher un réconfort face à la douleur qui nous emprisonne, qui ne veut pas s'en aller. La poésie est un outil pour oublier la trahison, le mensonge, le malentendu, la fin du bonheur. Ce n'est qu'à la fin du bonheur qu'on se réveille un peu, qu'on se pose les vraies questions; là, on essaie de dépasser l'absurdité de notre condition de mortels. Dans La Chute, combler l'absence, je suis revenu sur un vécu lumineux pour interroger les jours qui sont venus l'assombrir. Le miracle de la poésie est dans ces traces que forment les mots, des traces qui vont parler ensuite à d'autres qui ont probablement vécu les mêmes tourments. La poésie nous apprend, au final, que nous pouvons toujours dépasser les blessures, qu'il faut toujours regarder vers le meilleur qui arrive, qui est toujours possible. Dans la vie, l'expérience des anciens nous apprend qu'il y a toujours de la lumière qui vient nous bercer après les jours noirs, après l'obscurité du malheur. C'est aussi ce que j'ai tenté de dire à travers ce deuxième recueil de poésie.

Il y a aussi beaucoup de spiritualité dans ce deuxième recueil, comment avez-vous procédé pour aboutir à ces mots qui apaisent, qui font voyager?
La spiritualité ne me quitte jamais, elle m'accompagne chaque jour dans cette belle ville de Paris où les gens sont souvent pressés. La spiritualité est mon oxygène au quotidien, un besoin vital. Cette spiritualité ignore les dogmes, elle est à la hauteur des choses simples, à la hauteur de ceux qui savent que nous ne sommes que des passagers sur cette terre. La spiritualité qu'il y a dans La Chute, combler l'absence, est presque naturelle, même si les épreuves de la vie sont venues la fortifier, lui donner un corps à travers mes poèmes. Plus le temps avance, plus on sent un désir de transmettre un peu de cette spiritualité qui peut aider les uns et les autres à se retrouver. Il y a souvent de la magie dans la poésie: quelques mots peuvent semer de l'harmonie dans les âmes les plus tristes, quelques mots peuvent nous guider sur le difficile chemin de la sagesse.

Vos livres ne sont pas disponibles en Algérie, comment vivez-vous cela?
Oui, mes livres ne sont pas disponibles en Algérie mais j'espère qu'un jour, ils seront édités dans mon pays natal. On verra bien, si l'occasion se présente, si cela va devenir possible. Il y a beaucoup de poèmes dans La Chute, combler l'absence, qui parlent aussi de l'Algérie; des poèmes qui veulent un changement positif dans notre pays malgré les temps difficiles, malgré toutes les insuffisances d'hier et d'aujourd'hui. La poésie fait partie de cette belle mécanique qu'est la culture. La culture est une mécanique qui fait évoluer les pays. Un pays qui donne de l'importance à la culture, à l'instruction, à l'éducation, au savoir, à la science est un pays qui avance, c'est un pays qui ne perd pas ses repères, un pays qui n'a pas peur de l'avenir. Il y a tant de chantiers à entreprendre en Algérie: dans tous les domaines, il faut bâtir sur des bases solides, il faut aller sur les chemins de la vérité pour le bien de toute la population, pas seulement pour le bien d'une fraction de la société. Pour moi, la poésie sert également à dire qu'il ne faut pas ignorer les plus démunis. Je me sers de la poésie pour dire que la justice, la démocratie, la liberté d'expression sont indispensables dans une société qui ne veut pas stagner. Une société qui ne prend pas en considération les aspirations réelles de tous ses membres est condamnée à faire du sur place; elle est condamnée à la régression.

Avez-vous d'autres projets et travaillez-vous sur quelque chose d'autre en ce moment?
Des projets, j'en ai beaucoup, mais il faudra bien les concrétiser, ce n'est pas toujours facile. Dernièrement, j'ai chanté une nouvelle chanson, inédite, au conservatoire de musique du VIIIe arrondissement de Paris, le public a beaucoup apprécié cette nouvelle création. C'est la troisième année que je chante dans ce beau et grand conservatoire de Paris, à chaque fois, j'ai interprété une nouvelle chanson. Au final, j'ai déjà plusieurs chansons inédites que je pourrais mettre dans un nouvel album, mais je ne me presse pas, je laisse le temps faire les choses, j'attends le moment idéal pour les immortaliser dans un nouvel album. Après la sortie de mon deuxième recueil de poésie, je n'ai pas arrêté d'écrire: dès qu'il y a une ambiance qui s'y prête, l'inspiration vient me rejoindre et là, je prends mon stylo et griffonne des mots sur des bouts de papier. Je ne sais pas encore s'il y aura un troisième recueil; je laisse cela au hasard de la vie, à cette course des astres qui restera pour nous toujours une énigme. Moi je continue à écrire, à méditer, à élaborer de nouvelles mélodies en pensant chaque jour à la Kabylie, à l'Algérie, à l'Afrique du Nord. Paris me permet d'avoir du recul sur ce qui se passe dans le monde, cette ville sait me donner cette sérénité nécessaire à chaque jour pour apprécier la beauté de la vie.

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