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SOUAD ASLA SORT SON ALBUM LEMMA

Féminin-pluriel en fête!

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Souad Asla et sa formationSouad Asla et sa formation

La belle chanteuse donnera ce soir un concert réservé aux professionnels de la musique et à la presse avant d'aller à la rencontre tant attendue de son public demain, à la salle Ibn Zeydoun de Riad El Feth.

Symbole de rassemblement féminin comme autant d'une multitude de genres et de styles qui prévalent à Béchar, Lemma, est le titre du nouvel album de Souad Asla édité chez Ostowana Editions, qui vient de sortir sur le marché après moult efforts, de tracasseries et surtout de sacrifices de la part de la chanteuse qui s'est entourée à cette occasion, de 11 femmes choristes de la région de la Saoura (Béchar).
Un beau cadeau musical qui sera offert ce soir, et joué devant les professionnels de la musique et des médias, avant d'aller à la rencontre de son public demain soir, à la salle Ibn Zeydoun. Pour en parler, Souad Asla a animé un point de presse, mercredi dernier, au niveau de la salle Frantz Fanon de Riad El Feth. Elle était accompagnée de Rabia Boughazi, présidente d'une association à Béchar pour la sauvegarde du patrimoine Béchar. Pour parler de la genèse de cet album, Souad Asla fera remarquer que les filles qui chantent avec elles, elle les avait tout d'abord remarquées lors des activités de l'association, qui organise pas mal de représentations musicales. «L'idée m'est venue après mes multiples voyages à Béchar et notamment à Taghit où, tous les vendredis, les femmes faisaient de la «hadra». À chaque voyage, je constatais que le groupe diminuait.
Les jeunes filles n'assistaient pas à la cérémonie. Quand j'ai posé la question, on m'a répondu que les filles n'aimaient pas ce genre de musique. Elles la trouvaient ringarde. Je me suis dit que si toutes les chanteuses disparaissaient, le patrimoine risquait également d'être effacé à tout jamais. C'est là que j'ai décidé de monter un spectacle avec ces femmes. Elles ont refusé, car la cérémonie se faisait en intimité. J'ai rencontré ensuite Rabéa Boughazi. Je lui ai parlé de mon projet. Elle a décidé de me soutenir et me suivre. On a discuté et c'est à partir de là que j'ai commencé à faire mon casting. La moitié des femmes faisait partie de l'association et l'autre moitié je la connais depuis mon enfance comme Hasna El Bécharia, Zahoua Mabrouka. Elles sont presque de la famille. Quand j'ai fini le casting on a fait quatre ou cinq résidences. On s'est enfermées pendant une semaine à Taghit. C'est là ou j'ai commencé à trier le choix et les styles musicaux. Tous les styles ne sont pas représentés malheureusement dans cet album. Il en existe tellement. On trouve dans cet album tout de même El ferda, Djebaryat, Zefani, El hadra et le diwan, el haydous...». Si pour Souad Asla, le spectacle reste toujours perfectible son objectif premier depuis le début était de sortir un album, voire même un coffret pour préserver cette musique. D'où le fait que 26 morceaux aient été enregistrés en studio, même si l'album n'en possède que 16 titres.
«parce que ces chansons n'ont jamais été enregistrées auparavant. C'est une façon de les répertorier aussi pour qu'elles ne se perdent pas».
La suite? C'est à une tournée nationale que Souad Asla pense afin de faire découvrir son album au niveau national, bien que plusieurs dates de concerts l'attendent en France, y compris des ateliers de musique qu'elle encadre et monte elle-même pour faire démocratiser et vulgariser encore plus cette musique du Sud algérien dans le monde. Evoquant le travail entrepris en studio avec les chanteuses de Béchar, Souad Asla avoue que cela n'était pas si évident au début. «On a enregistré chez Padidou; on avait huit heures de studio pendant une dizaine de jours.
Les trois premiers jours ce n'était pas facile. Il fallait familiariser ces femmes au studio, micros, le son, les mettre à l'aise. Au lieu de se mettre debout, on s'est mises par terre. On a créé l'ambiance de la maison dans le studio. Ce qui est très émouvant, est que la première fois quand el hadja Zaza a mis le casque et a commencé à chanter, elle a été surprise en entendant sa voix. Même impressionnée. C'était beaucoup d'émotion et de fatigue. Je tiens vraiment à remercier ces femmes parce que ce sont de vraies battantes. Elles étaient loin de leur famille, elles m'ont suivie et elles ont assumé. Au début, on étaient parties sur 10 morceaux. On en a enregistré 26. Il a fallu deux jours d'adaptation puis c'était parti.» Et de confier un peu plus loin: «Pour les réunir il fallait convaincre les maris, etc, pour qu'elles puissent m'accompagner et voyager. Il fallait que je sois la garante aussi pour les filles.
A Béchar, il y a beaucoup de réticence. C'est une population très conservatrice. Pour la petite confidence, cela fait presque 17 ans que je suis dans la musique, j'ai mis beaucoup de temps avant de venir chanter en Algérie. Par peur de la réaction de ma famille. Il a fallu du temps pour me soigner et m'imposer. Ces femmes m'ont beaucoup aidée. Si ces femmes qui habitent à Béchar ont eu le courage de me suivre, moi je n'ai pas le droit d'avoir cette peur-là, elles m'ont libérée et on va se libérer toutes ensemble.».
A propos du contenu de cet album qui s'ouvre par une composition personnelle Lemti, Souad Asla confie avoir fait écouter quelques morceaux à ses soeurs et cousines. Des morceaux pour certaines, teintés de nostalgie. «Elles se sont mises à pleurer.
A se remémorer plein de choses. Elles m'ont raconté des histoires de familles, ce que ces chansons évoquaient pour elles. Ce sont des chansons connues à Béchar. Venir chanter à Béchar, pourquoi pas...? Ça viendra petit à petit. Il ne faut pas brusquer les choses...».
S'agissant encore des chansons de cet album, Souad Asla dira que le choix a été souvent égoïste de sa part. «Il y a des chansons que j'ai mises dans cet album, car elles comptaient beaucoup à mes yeux. Elles me font penser à mes parents. Je les ai introduites pour mon propre plaisir...» Evoquant les difficultés à faire cet album, Souad Asla n'omettra pas de saluer l'aide précieuse de Maya Ben qui l'a soutenue, que ce soit moralement ou matériellement mais aussi Badi Sahraoui toujours prêt à s'envoler pour Béchar afin de réaliser des clips.
A propos de la musique, Rabia Boughazi notera le fait d' avoir cassé un tabou en jouant d' El Ferda exactement comme les hommes avec la caisse à percussion. Et de signaler «El djabariyat est une chaîne de famille qui perpétue la musique de mère en fille. On espère assurer une pérennité à cette musique». Présent à ce point de presse, l'artiste El Moustache qui a signé la pochette de cet album, se dira honoré d'avoir contribué à ce projet. Parlant de conception de la pochette de l'album, il avouera avoir «voulu donner un côté attractif et flashy à cette pochette. Comme c'est une musique traditionnelle, on s'attend à des couleurs terre, mais on a laissé le côté chaleureux et africain à travers quelques codes visuels comme le tapis et les motifs africains». Et Souad Asla d'ajouter: «Je ne voulais pas représenter l'album avec le désert ou le chameau.» Contente du professionnalisme de ses chanteuses, Souad Asla espère que cet album ne sera que le début d'autres aventures pour elles, car dit -elle «elles ont toutes une très belle voix. J'espère qu'elles feront leurs propres albums et je ferai tout pour les aider. Mais hélas, on en est très loin. On se sent isolées. J'aimerai bien les propulser. Il y a plein d'autres artistes comme elles à Béchar.» Pour Rabia Boughazi «le Sud c'est le contraire du Nord. On est plus conservateurs beaucoup plus du patrimoine.
L'art est partout. Il faut qu'on nous donne plus de considération.»Abondant dans le même sens, Souad Asla qui finit par lancer un coup de gueule pour un meilleur soutien de la part des autorités, a décidé de lancer un appel afin qu'on puisse l'aider davantage à «répertorier toutes ces musiques. Car à force de tout gérer par nous-mêmes, à un moment donné, on oublie qu'on est artiste...On demande de pouvoir répertorier tous ces morceaux. C'est un travail de longue haleine, certes. Mais on est là. On est disponible. On ne demande pas des milliards. C'est notre devoir. On demande juste que ces femmes puissent vivre aussi dignement de leur travail», a-t- elle conclu.

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