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MIZO EXPOSE «UNDER THE RUG»

Tapis dans l'ombre...

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Tapis dans l'ombre...

Avec subtilité et sans trop de pathos, le plasticien nous présente un monde où l'aspect onirique se conjugue avec une certaine fascination pour le sulfureux subtilement proposé dans cette expo qui se tient jusqu'au 7 mars.

L'espace Issue sis au 89 rue Didouche Mourad abrite actuellement et ce jusqu'au 7 mars l'exposition d'arts plastiques de l'artiste Mizo qui passe cette fois à une nouvelle étape dans sa carrière car ne se présentant plus comme photographe, mais artiste plasticien. Intitulée «Under the Rug», la 15e expo en solo de Mizo est déclinée en technique mixte car on peut y discerner pèle-mêle de la photo, de la peinture et du graphisme notamment. Le médium n'est pas tant le plus important quand on regarde bien puisque aussi audacieuse qu'est la thématique, il faut justement oser regarder l'oeuvre en face autant qu'on peut se regarder face à un miroir et déceler tous nos différents travers et partant, les divers facéties et tabous que recèlent notre société ici ou ailleurs. Aussi, au-delà de la première impression que peut provoquer en nous le tapis, comme objet de méditation et de prière, donc relevant du sacré, il revêt un 3e degré de lecture. Il se veut également signe de richesse extérieure pour des familles fortunées. Mais pas que! Ce tapis qui enveloppe toutes ces créatures féminines qui trônent au milieu des oeuvres de Mizo, procède à une signification bien cachée. A décrypter en filigrane. D'autant que Mizo ne s'est pas contenté de dépeindre une réalité crue, mais a su insidieusement la suggérer de façon nuancée, sulfureuse pourtant par endroit, afin de révéler les à-côtés sombres ou les perversions dont jouissent certains faisant éclater au grand jour nos contradictions et bouffonneries. Dans une société qui jongle entre tradition et modernité, influence orientale et occidentale, tant bien que mal, Mizo vous le dira en saupoudrant tout ceci par des petits signaux à détecter ici et là sur l'espace de ses «tableaux». L'expo de Mizo, qui se veut non pas une citrique, mais du moins un état des lieux plastique éclairé, donne justement à percevoir ce que d'aucuns refusent de voir ou d'admettre. Au nom d'une religion peut-être ou d'une idéologie? Nous ne le savons pas très bien. De notre rapport à l'Autre, à l'homme, la notion du genre, de cette complexité tenue qui existe entre la délicatesse des êtres dits fragiles et d'autres dits «virils», Mizo vous en fera baver à force de brouiller les pistes. Qu'à cela ne tienne! Par petites touches et en parsemant ses oeuvres de moult petits éléments, l'artiste brosse le portrait d'un univers édulcoré, ambigu. Charnel. Ainsi dévoile-t-il peu à peu l'interdit attirant ou ce qui semble être officiellement avancé en tant que tel.
Les mannequins femmes qui surplombent ses oeuvres sont toutes emmitouflées sous de lourds tapis.
Un apparat comme prétexte de sublimation ayant comme dessein de souligner les dessus cachés de nos existences. Ici, vous remarquerez une femme camouflée dans un tapis et enroulée autour d'un mot ou message hautement significatif qui rappelle les objets en porcelaine par exemple, à savoir «fragile». Là-bas, vous y distinguerez une femme au cou et aux bras tailladés tenant dans ses mains des poupées masculines. La femme domine toujours le cadre. L'homme quant à lui revêt ici une taille de moindre importance puisque il est représenté soit par une poupée avec laquelle joue la femme, mais encore par ce jeu de jambes poilues qui apparaissent sous le manteau de tapis d'une autre femme. Celle-ci pour info est parfois rehaussée d'oreilles de mini mouse ou encore de lapin. Le rouge à lèvres déborde souvent de la bouche. Monde onirique aussi bien fascinant qu'érotique, Mizo ose s'attaquer au monde de l'apparence, lui qui travaille justement dans le monde de la photo de mode et son pendant, la séduction! Sous un nouvel aspect plutôt plastique, l'artiste qui s'essaye à l'expérimentation esthétique, allie élégamment ce mélange formel à son envie de montrer non pas un monde lisse mais bien au contraire, racé et extravagant. Il insuffle ainsi à ses oeuvres une dynamique vitale de par l'aura non académique qui s'en dégage, celle d'un politiquement incorrect qu'il dresse sous nos yeux scrutateurs, avec force détails sans que cela ne tombe dans le vulgaire ou le pathos. Mizo en éclaireur des consciences peut-être, nous ramène à notre condition d'étrangeté, à nos énigmatiques paradoxes et nos charmants égarements de façon bien surprenante. Il est joliment habile cet artiste pour ne pas tomber dans la provocation facile, si bien que même les petites filles adorent ses oeuvres. C'est dire que même les Français à l'époque ne comprenaient pas encore le sens caché de la célèbre chanson de France Gal, Les sucettes à l'anis. Mais autres temps, autres moeurs et voilà qu'en grandissant on se met au dévergondage. A l'ombre de la Terre et de nos semblables, reste que l'homme est un être bourré de contradictions et de malédictions tragiques qu'on ne saurait absoudre d'un trait. D'aucuns affirment que Dieu nous a fait à son image. Alors pourquoi s'en offusquer? Il est bon ton de se rappeler que «fragiles nous le sommes...» comme le chante Sting. D'un symbolisme à un autre, l'oeuvre de Mizo laisse en tout cas le champ grand ouvert à l'imagination et vous invite à laisser cours à votre esprit débridé. L'art n'est-il pas l'expression même de la liberté? A vous de trancher. D'autant que cette expo déclinée en une douzaine de visuels est accompagnée d'une vidéo d'art qui rappelle combien sommes- nous désuets, mais que la vie mérite d'être vécue ardemment même si les piques de l'artiste s'agissant de certaines extravagances humaines sont bien là. C'est le cas avec la chirurgie esthétique représentée par tous ces morceaux de tapis brillants raccordés par des épingles à nourrice...La vidéo est à apprécier dans l'autre antre de ce sympathique appartement pas comme les autres. En effet, ne se présentant pas comme une galerie d'art ordinaire, Issue 98 est «un espace libre et indépendant» qui reçoit moult artistes auxquels croit la maîtresse des lieux Hania Zazoua. «Je n'adhère pas forcément picturalement à tout, mais ce qui m'intéresse chez ces artistes est la cohérence. Outre les expos, nous organisons aussi des ateliers pour enfants et la particularité de ceci est que nos jeunes apprentis puissent baigner dans un cadre artistique...».

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